Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2403769

lundi 13 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2403769
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 mars 2024, complétée les 23, 24 et 25 avril 2024, M. A C, représenté par Me Béchieau, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, après l'avoir admis à l'aide juridictionnelle provisoire :

1°) de suspendre la décision implicite de rejet prise par la préfète du Val-de-Marne à son encontre et lui refusant la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " étudiant " ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer sa situation et de le munir, dans l'attente, d'une autorisation provisoire de séjour, et ce dans un délai de quinze à compter de la notification du jugement à intervenir avec astreinte de 100 euros par jour de retard en application des dispositions des articles L. 911-1 et L. 911-3 du code de justice administrative ;

3°) de condamner l'Etat (préfète du Val-de-Marne) à payer à son conseil la somme de

1 500 euros par application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, celle-ci renonçant dans ce cas à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle.

Il indique que, de nationalité malienne, il est entré en France le 22 juin 2019, à l'âge de 15 ans, qu'il est pris en charge par son père et hébergé par son oncle, qu'il a obtenu un certificat d'aptitude professionnelle en juillet 2023, qu'il a sollicité le 9 mars 2023 de la préfète du

Val-de-Marne son admission exceptionnelle au séjour ou la délivrance d'un titre de séjour comme étudiant, qu'il a eu un récépissé valable jusqu'au 31 août 2023, qu'il ne lui a pas été possible de renouveler sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France car il devait transmettre préalablement des documents à la préfecture du Val-de-Marne, ce qu'il a fait le 31 août 2023, qu'il n'a eu ensuite aucune réponse de sorte qu'une décision implicite de rejet est née dont il a demandé la communication des motifs le 19 mars 2024 par une lettre restée sans réponse.

Il soutient que la condition d'urgence est satisfaite car il est entré en France à l'âge de quinze ans et admis à déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour, et a travaillé, et, sur le doute sérieux, que la décision en cause est entachée d'un défaut de motivation car il n'a pas été répondu à sa demande de communication des motifs du rejet de sa demande, qu'elle méconnait les dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales car il est en France depuis cinq ans, il a été scolarisé et a suivi une formation professionnelle et il est aussi en droit de bénéficier d'un titre de séjour en qualité d'étudiant car il est inscrit en classe de première professionnelle et qu'elle est aussi entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 24 avril 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique et le décret

n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 modifié pris pour son application ;

- le code de justice administrative.

Par une requête enregistrée le 28 mars 2024 sous le n° 2403767, M. C a demandé l'annulation de la décision contestée.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Après avoir, au cours de l'audience du 25 avril 2024, tenue en présence de

Mme Dusautois, greffière d'audience, présenté son rapport et entendu les observations de

Me Paya substituant Me Béchieau, représentant M. C, requérant, présent, qui indique qu'il a fait partie d'un groupe de jeunes appuyés par l'association " RESF " pour déposer leur dossier en préfecture de Créteil, qu'il lui a été demandé de renvoyer son diplôme à Créteil et non à Nogent-sur-Marne, qu'il doit effectuer un stage au mois de juin prochain, qui maintient que la condition d'urgence est satisfaite, que la décision est illégale car il n' a pas été répondu à la demande de communication des motifs et que la décision méconnait les dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que celles de l'article L. 425-1 du même code, car il poursuit ses études.

La préfète du Val-de-Marne, dûment convoquée, n'était ni présente ni représentée.

Considérant ce qui suit :

1 M. C, ressortissant malien né en 2003 à Lajkanguémou (Région de Kayes), entré en France le 22 juin 2019, a été scolarisé à compter de l'année scolaire 2020-2021 au lycée professionnel " Jean Moulin " à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) en unité pédagogique pour élèves allophones nouvellement arrivés. A la rentrée 2021, il a été scolarisé au lycée professionnel " Gabriel Péri " à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) en vue d'obtenir un certificat d'aptitude professionnelle en qualité d'électricien. Il a obtenu son certificat en juillet 2023. A la rentrée 2023, il est inscrit en classe de première Bac professionnel en métiers de l'électricité dans ce même établissement. En juin 2022, par l'intermédiaire de son assistante sociale et de ses professeurs, il a saisi la préfète du Val-de-Marne d'une demande d'admission au séjour pour pouvoir intégrer un centre de formation pour apprentis. Une " attestation de dépôt d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour " lui a été délivrée le 9 mars 2023 par les services de la préfecture du Val-de-Marne, puis le 22 mai 2023, un récépissé de demande de titre de séjour valable trois mois. Il a déposé le 3 juillet 2023 sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France une " demande de renouvellement de titre de séjour " qui a été clôturée le 25 août 2023 au motif qu'il devait " envoyer vos (ses) résultats scolaires et l'inscription 2023-2024 à Créteil afin que la préfecture donne un avis favorable ou défavorable sur votre (sa) demande étudiante ". Les documents demandés ont été transmis en préfecture de Créteil le 31 août 2023. Aucune réponse n'a été apportée à la suite de cette communication. Considérant s'être vu opposer une décision implicite de rejet, il a demandé à la préfète du

Val-de-Marne, le 19 mars 2024, la communication de ces motifs. N'ayant reçu aucune réponse, par une requête enregistrée le 28 mars 2024, il a demandé au présent tribunal son annulation et sollicite du juge des référés, par une requête du même jour, la suspension de son exécution.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2 Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3 Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 : " () L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre le requérant, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

4 Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

Sur l'urgence :

5 L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

6 En l'espèce, M. C est entré en France à l'âge de quinze ans et a été scolarisé depuis cette date. Il établit également suivre une formation professionnelle destinée à lui faire acquérir un métier et être pris en charge par son père et son oncle, tous deux résidents réguliers. Il doit être considéré comme faisant valoir les circonstances exceptionnelles mentionnées au point précédent.

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige :

7 Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 3° Subordonnent l'octroi d'une autorisation à des conditions restrictives ou imposent des sujétions ; () 7° Refusent une autorisation, sauf lorsque la communication des motifs pourrait être de nature à porter atteinte à l'un des secrets ou intérêts protégés par les dispositions du a au f du 2° de l'article L. 311-5 ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

8 Aux termes également de l'article L. 232-4 du même code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".

9 Aux termes aussi de l'article L. 114-2 du même code : " Lorsqu'une demande est adressée à une administration incompétente, cette dernière la transmet à l'administration compétente et en avise l'intéressé ", et l'article L. 114-3 du même code précise : " Le délai au terme duquel est susceptible d'intervenir une décision implicite de rejet court à compter de la date de réception de la demande par l'administration initialement saisie. () ".

10 Aux termes enfin de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet " ; et de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R.* 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois ".

11 En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que, le 3 juillet 2023, M. C a déposé une demande de titre de séjour auprès de la préfète du Val-de-Marne en qualité d'étudiant. Il disposait encore à cette date d'un récépissé de demande de titre de séjour comportant une autorisation de travail valable jusqu'au 31 août 2023. A la date du 25 août 2023, il a été destinataire d'un message sur son compte ouvert sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France l'informant que " le document de séjour que vous possédez actuellement ne peut être renouvelé via la téléprocédure ", qu'elle était donc " clôturée ", et qu'il devait " envoyer vos (ses) résultats scolaires et l'inscription 2023-204 à Créteil afin que la préfecture donne un avis favorable ou défavorable sur votre (sa) demande d'étudiant ". Il a communiqué les documents demandés dès le 31 août 2023. Aucune réponse n'a été apportée par la préfecture du Val-de-Marne et c'est donc à bon droit que M. C a considéré, quatre mois plus tard, qu'une décision implicite de rejet avait été opposée à sa demande. Par un courrier du 19 mars 2024, il en a donc demandé la communication des motifs à la préfète du Val-de-Marne. Il est constant qu'aucune réponse n'a été apportée à cette demande dans le délai d'un mois ni même dans le cadre de la présente requête.

12 Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision contestée est de nature à créer un doute sérieux sur sa légalité, sans que puisse lui être objecté, comme le soutient la préfète du Val-de-Marne, qu'il n'avait pas déposé son dossier auprès du bon service, à savoir la sous-préfecture de Nogent-sur-Marne, et non la préfecture de Créteil, la première dépendant de la seconde, et cette dernière, à supposer qu'elle ait été irrégulièrement saisie, étant dans l'obligation, en application des dispositions de l'article L. 114-2 du code des relations entre le public et l'administration, de le transmettre au service compétent.

13 Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que, les deux conditions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative étant réunis, il y a lieu de prononcer la suspension de l'exécution de la décision contestée, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

14 Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais ". Si, pour le cas où l'ensemble des conditions posées par l'article L. 521-1 du code de justice administrative est rempli, le juge des référés peut suspendre l'exécution d'une décision administrative et prescrire par la même décision juridictionnelle que l'auteur de la décision prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, de telles mesures doivent, ainsi que l'impose l'article L. 511-1 du même code, présenter un " caractère provisoire ".

15 Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".

16 Si les conditions posées à l'octroi de la suspension d'une décision refusant un avantage sont remplies, il appartient donc au juge administratif d'assortir le prononcé de cette suspension de l'indication des obligations qui en découleront pour l'administration et qui pourront consister à réexaminer les droits de l'intéressé à cet avantage dans un délai déterminé ou, le cas échéant, à prendre toute mesure conservatoire utile prescrite par le juge compte tenu de l'objet du litige, du moyen retenu et de l'urgence.

17 En l'espèce, la présente ordonnance, qui ordonne la suspension de l'exécution de la décision implicite opposée par la préfète du Val-de-Marne de délivrer à M. C un titre de séjour en qualité d'étudiant, implique seulement qu'il lui soit remis en mains propres, dans un délai de dix jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une autorisation provisoire de séjour en cette qualité, avec l'autorisation de travail correspondante, valable et éventuellement renouvelée sans discontinuité, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité, sans qu'il soit besoin de fixer à ce stade une astreinte.

Sur les frais du litige :

18 Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

19 Aux termes de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " () Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à payer à l'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, partielle ou totale, une somme qu'il détermine et qui ne saurait être inférieure à la part contributive de l'État, au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. Si l'avocat du bénéficiaire de l'aide recouvre cette somme, il renonce à percevoir la part contributive de l'État. S'il n'en recouvre qu'une partie, la fraction recouvrée vient en déduction de la part contributive de l'État. Si, à l'issue du délai de douze mois à compter du jour où la décision est passée en force de chose jugée, l'avocat n'a pas demandé le versement de tout ou partie de la part contributive de l'État, il est réputé avoir renoncé à celle-ci ".

20 Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 1 500 euros à verser à Me Béchieau, conseil de M. C, à charge pour celle-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui aura été confiée. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas attribuée à l'intéressé, cette somme lui sera versée directement.

O R D O N N E :

Article 1er : L'exécution de la décision implicite par laquelle la préfète du Val-de-Marne a refusé de délivrer un titre de séjour en qualité d'étudiant à M. C est suspendue.

Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne de remettre en mains propres à M. C, dans un délai de dix jours à compter de la notification de la présente ordonnance une autorisation provisoire de séjour en qualité d'étudiant, portant autorisation de travail correspondant, valable et éventuellement renouvelée sans discontinuité, jusqu'au jugement à intervenir sur la requête en annulation présentée le 28 mars 2024.

Article 3 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, une somme de 1 500 euros à Me Béchieau, conseil de M. C, à charge pour celle-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui aura été confiée. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas attribuée à l'intéressé, cette somme lui sera versée directement.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,La greffière,

B : M. AymardB : O. Dusautois

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,