Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2405285

mercredi 22 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2405285
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 avril 2024, M. B A représenté par Me Fauveau Ivanovic, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision implicite née le 29 mars 2024 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a rejeté son recours administratif préalable obligatoire en lui refusant le bénéfice des conditions matérielles

d'accueil ;

3°) d'enjoindre à cette autorité de lui accorder les conditions matérielles d'accueil dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou à défaut de réexaminer sa situation personnelle et ses droits ;

4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

Sur l'urgence :

- l'urgence est établie selon la jurisprudence du CE, même si le requérant ne présente pas une vulnérabilité impliquant des besoins particuliers. Il n'a aucun hébergement stable ni aucune ressource ; il est hébergé provisoirement par une connaissance qui ne peut subvenir à ses

besoins ; âgé de 60 ans il ne dispose d'aucune ressource et se trouvera sans hébergement ; le principe de dignité humaine est méconnu.

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier ; l'OFII n'a pas examiné les raisons pour lesquelles il n'a pas demandé l'asile immédiatement après son arrivée en France ; la décision ne fait aucune mention de l'évaluation de sa vulnérabilité ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des faits pertinents ; il a demandé l'asile après le coup d'Etat dans son pays d'origine et n'avait pas l'intention avant de le faire d'où la tardiveté de sa demande ; ses craintes sont apparues après le coup d'état compte tenu de ses liens avec l'ancien gouvernement et de son appartenance à la communauté touarègue.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mai 2024, le directeur général de l'OFII, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

Sur la décision attaquée :

- ses services lui ont notifiés une décision du 4 mars 2024 portant rejet de son recours administratif préalable obligatoire dont il a lui-même accusé réception ; la décision attaquée n'a jamais existé et la requête au fond ainsi qu'en suspension doit être rejetée ; à tout le moins, elle doit être comme dirigée contre la décision écrite de rejet du recours de l'intéressé avisé le

31 mai 2023 et non réclamé.

Sur l'urgence :

- le requérant s'est placé lui-même dans la situation d'urgence qu'il invoque ; il a présenté sa demande de manière tardive ; l'espace aérien du Niger est rouvert depuis le 6 septembre 2023 ; la compagnie Air Algérie sur laquelle il voyageait pour la partie africaine a obtenu des dérogations avant la réouverture ; il n'établit pas ses liens proches avec un ancien membre du gouvernement ; il n'explique pas la raison pour laquelle il a attendu le 20 septembre pour déposer une demande d'asile, le coup d'Etat étant intervenu le 26 juillet 2023 ; il ne justifie pas être dépourvu de tout moyen de subsistance ; il est hébergé chez des amis ; il peut faire appel à la structure de

premier accueil pour demandeurs d'asile et au 115 qu'il n'établit pas avoir sollicités en vain ; il n'est pas isolé et ne présente aucune vulnérabilité particulière ; alors qu'il a fait l'objet d'un refus des conditions matérielles d'accueil depuis huit mois, il n'apporte aucun élément nouveau au titre de l'urgence qui permette notamment de caractériser une aggravation de sa situation personnelle.

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- elle n'est pas entachée d'un vice de procédure : il a été reçu deux fois en entretien pour examen de sa vulnérabilité ; il ne présente aucune vulnérabilité particulière ; il n'est pas isolé en France ; âgé de 60 ans, il ne fait état d'aucun problème de santé particulier ; le défaut d'examen sérieux et personnel n'est donc pas établi ;

- la décision n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ; il n'a produit aucun élément expliquant la tardiveté ni justifiant ses liens avec un ancien ministre ; il n'est pas fondé à soutenir que l'OFII n'aurait pas tenu compte de sa vulnérabilité.

Par un mémoire en réplique enregistré le 15 mai 2024, M. A déclare se désister de sa requête.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2405289 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013 ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Guillou, premier conseiller honoraire, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 15 mai 2024 en présence de Mme Dusautois, greffière d'audience, M. Guillou a lu son rapport.

A l'issue de cette audience, le juge des référés a clos l'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. Par un mémoire enregistré le 15 mai 2024, M. A déclare se désister de sa

requête ; ce désistement est pur et simple ; rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement de la requête de M. A.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au directeur général de l'office français de l'immigration et de l'intégration.

Le juge des référés,

Signé : J-R GuillouLa greffière,

Signé : O. Dusautois

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2405285