Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2405344
mardi 7 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2405344 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 avril 2024, M. C E et Madame D B, représentés par Me Laroche, demandent au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution des décisions du 25 mars 2024 et du 18 avril 2024 de refus du service interacadémique des examens et concours des académies de Paris, Créteil et Versailles d'accorder à leur fille, A E, un tiers-temps supplémentaire pour les épreuves écrites du baccalauréat de l'année scolaire 2023-2024 ;
2°) d'enjoindre au service interacadémique des examens et concours des académies de Paris, Créteil et Versailles de réexaminer la demande d'aménagement de leur fille dans un délai de 3 jours calendaires et de lui accorder un tiers-temps supplémentaire pour les épreuves écrites du baccalauréat de l'année scolaire 2023-2024, sous astreinte de 200 euros par jour de retard pris pour agir à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du service interacadémique des examens et concours des académies de Paris, Créteil et Versailles la somme de 5.000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils indiquent que leur fille a été diagnostiquée atteinte d'une polyarthrite juvénile et d'un lupus systémique, qu'elle a bénéficié d'un tiers-temps supplémentaire depuis la classe de 4ème, qu'elle a bénéficié d'aménagements pour les épreuves du brevet des collèges, et a conclu avec son lycée un plan d'accompagnement personnalisé et d'un tiers temps supplémentaire pour toutes les épreuves de contrôle continu, qu'ils ont demandé à ce que qu'elle en bénéficie à nouveau pour les épreuves terminales du baccalauréat et que, par une décision du 25 mars 2024, confirmée le 18 avril 2024, le service interacadémique des examens et concours des académies de Paris, Créteil et Versailles a refusé de faire droit à leur demande.
Ils soutiennent que la condition d'urgence est satisfaite en raison de la proximité des épreuves du baccalauréat, prévues à compter du 24 juin 2024, et, sur le doute sérieux, que la décision en cause est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation en raison de la maladie chronique incurable dont leur fille souffre et qui est attestée par de nombreux certificats médicaux des médecins hospitaliers qui la soignent.
Vu
- la décision contestée,
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Par une requête enregistrée le 30 avril 2024 sous le numéro 2405358, M. C E et Madame D B ont demandé l'annulation de la décision contestée.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 25 mars 2024, confirmée sur recours gracieux le 18 avril 2024, le directeur du service interacadémique des examens et concours des académies de Paris, Créteil et Versailles a autorisé la jeune A E à bénéficier, pour les épreuves du baccalauréat de l'enseignement général de la session 2024, de la " possibilité de se lever ou pause avec temps compensatoire dans la limite d'un 1/3 de temps " et de l' " utilisation de l'ordinateur ou de la tablette du candidat ", mais a refusé la demande tendant à ce qu'il lui soit accordé un tiers-temps supplémentaires pour les épreuves écrites, préparatoires et pratiques. Par une requête enregistrée le 30 avril 2024, M. C E et Madame D B, ses parents, ont demandé au tribunal l'annulation de cette décision en tant qu'elle refuse ce tiers-temps supplémentaire et sollicitent du juge des référés, par une requête du même jour, la suspension de son exécution.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. En vertu des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, le juge des référés peut prononcer la suspension d'une décision administrative à la condition notamment que l'urgence le justifie. Cette condition doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du ou des requérants ou aux intérêts qu'ils entendent défendre. Il incombe au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le ou les requérants, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la requête, enregistrée sous le numéro 2405358 et demandant l'annulation de la décision contestée, est inscrite à une audience du présent tribunal du 14 juin 2024 et que celui-ci pourra ainsi rendre sa décision avant le 24 juin 2024, date de la première épreuve du baccalauréat général de la session 2024.
5. Dans ces conditions, la condition d'urgence posée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas remplie et il y a lieu de rejeter la requête de M. E et de Madame B selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. E et de Madame B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C E et Madame D B et service interacadémique des examens et concours des académies de Paris, Créteil et Versailles.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,