Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2405345

mardi 7 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2405345
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 avril 2024, Madame C A B, représentée par Me Boy, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne de lui accorder un titre de séjour ou un récépissé l'autorisant à travailler ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que, de nationalité marocaine, elle est entré en France le 14 mars 2016, qu'elle travaille comme prothésiste dentaire en contrat à durée indéterminée, qu'elle a déposé le 27 février 2023 une demande d'admission exceptionnelle au séjour en sous-préfecture de l'Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne), qu'elle a eu un premier récépissé valable jusqu'au 6 mars 2024, lequel n'a pas été renouvelé, que la condition d'urgence est satisfaite car elle à nouveau placée en situation de précarité alors qu'elle travaille et qu'elle a le droit à voir sa situation régularisée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Madame C A B, ressortissante marocaine née le

12 novembre 1988 à Tétouan, entrée en France selon ses dires le 14 mars 2018, soutient avoir déposé en sous-préfecture de l'Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne), le 27 février 2023 une demande d'admission exceptionnelle au séjour. Elle précise qu'à la suite du dépôt de son dossier, un récépissé de demande de titre de séjour lui a été délivré valable jusqu'au 6 mars 2024 qui n'a pas été renouvelé. Par sa requête enregistrée le 30 avril 2024, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne de lui accorder un titre de séjour ou un récépissé l'autorisant à travailler.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ".

4. Outre qu'il n'appartient pas au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à une autorité administrative de délivrer un titre de séjour, quand bien même cette délivrance serait de plein droit, l'absence de renouvellement du récépissé de Madame A B au-delà du 6 mars 2024 ne peut que révéler l'existence, à cette date, d'une décision implicite de rejet opposée par la préfète du Val-de-Marne (sous-préfecture de l'Haÿ-les-Roses) à la demande d'admission exceptionnelle au séjour présentée par la requérante.

5. Eu égard à l'intervention de cette décision implicite de rejet, la demande formée par Madame B sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne revêt plus aucun caractère d'utilité et est, au surplus, de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative.

6. Dans ces conditions, la requête de Madame A B ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, l'intéressée demeurant fondée, si elle l'estime utile, de contester la légalité de cette décision implicite par un recours en excès de pouvoir devant le présent tribunal, assorti le cas échéant d'une demande en référé-suspension.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Madame A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame C A B et à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N° 2505345