Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2405541

lundi 13 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2405541
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 mai 2024, M. A B demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'ordre de mutation individuel du

21 mars 2024 l'affectant au groupement blindé de gendarmerie mobile de Satory (Yvelines) ;

2°) de condamner la partie adverse à verser une somme en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

3°) d'ordonner à la partie adverse de le réintégrer en sa qualité le tout sous astreinte de 100 euros par jour de retard dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir.

Il indique qu'il est gendarme depuis 1993, d'abord comme auxiliaire puis comme militaire et a atteint le grade de major en septembre 2016, et qu'il a été injustement accusé par

un gendarme adjoint féminin le 9 février 2023, qu'il a été suspendu de ses fonctions par une décision qui ne lui a pas été notifiée, et que, par une décision du 21 mars 2024, il a été muté au groupement blindé de gendarmerie mobile de Satory (Yvelines).

Il soutient qu'il a saisi la commission de recours des militaires et qu'il est fondé à former un référé suspension, que l'ordre de mutation est au 1er juillet 2024, que la condition d'urgence est satisfaite car sa nouvelle affectation l'éloigne de sa famille, et sur le doute sérieux, que la décision en cause a été prise sans qu'il ait eu accès à son dossier, que sa situation n'a pas été réglée dans les délais légaux, qu'elle est entachée d'un détournement de pouvoir et que les faits qui lui sont reprochés ne sont pas avérés.

Vu :

- la décision contestée,

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par une ordre de mutation du 21 mars 2024, le général de corps d'armée, commandant la région de gendarmerie d'Ile-de-France et la gendarmerie pour la zone de défense et de sécurité de Paris, a affecté le major A B, commandant de peloton de sécurité adjoint de l'escadron de sécurité et d'appui du groupement de gendarmerie mobile II/1 de Maisons-Alfort (Val-de-Marne) sur le poste de chef secrétaire à la section des appuis opérationnels du groupement blindé de gendarmerie mobile de Satory (Yvelines). Le major B a formé un recours administratif préalable obligatoire devant la Commission de recours des militaires le 11 avril 2024. Par une requête enregistrée le 6 mai 2024, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cette décision.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes de l'article

R. 522-8-1 du même code : " Par dérogation aux dispositions du titre V du livre III du présent code, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d'ordonnance ".

3. Aux termes de l'article R. 312-12 du code de justice administrative : " Tous les litiges d'ordre individuel, y compris notamment ceux relatifs aux questions pécuniaires, intéressant les fonctionnaires ou agents de l'Etat et des autres personnes ou collectivités publiques, ainsi que les agents ou employés de la Banque de France, relèvent du tribunal administratif dans le ressort duquel se trouve le lieu d'affectation du fonctionnaire ou agent que la décision attaquée concerne. () "., et aux termes de l'article R. 221-3 du même code : " Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : / () Melun :

Seine-et-Marne, Val-de-Marne ; / () Versailles : Essonne, Yvelines ; () ".

4. La décision attaquée procédant à la mutation de l'intéressé à Satory (Yvelines), elle n'est donc pas de la compétence territoriale du tribunal administratif de Melun mais de celui de Versailles en application des dispositions de l'article R. 312-12 du code de justice administrative, quand bien même la décision contestée n'aurait pas encore produit ses effets. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative,

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre des armées.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre des armées, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,