Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2405549
lundi 13 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2405549 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 mai 2024, M. A E et
Mme B D, représentés par Me Harir, demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de leur délivrer une attestation de prolongation d'instruction dans un délai de cinq jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
2°) de condamner l'Etat à leur verser la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que, de nationalité colombienne, ils sont entrés en France le
17 septembre 2022 munis d'un visa de long séjour portant la mention " Visiteur ", qu'ils ont déposé le 10 juillet 2023 une demande de carte de résident comme ascendant à charge d'un ressortissant français, qu'ils n'ont plus eu aucune nouvelle de leurs demandes depuis cette date, que la condition d'urgence est ainsi satisfaite car ils sont maintenus en situation précaire alors que leur visa de long séjour est expiré depuis le 10 septembre 2023, et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C et Mme D, ressortissants colombiens nés respectivement le 19 juillet 1946 à Bogota et le 23 novembre 1952 à Rivera (Département de Huila), sont entrés en France le 17 septembre 2022 munis d'un visa de long séjour portant la mention " Visiteur " délivré par les autorités consulaires françaises à Bogota et valable jusqu'au 9 septembre 2023. Ils venaient rejoindre leur fils, de nationalité française, résidant à
Charenton-le-Pont (Val-de-Marne), qui les héberge et a attesté les prendre en charge. Le
10 juillet 2023, ils ont déposé sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France une demande de carte de résident en qualité d'ascendant à charge de ressortissant français sur le fondement de l'article L. 423-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ils n'ont reçu aucune nouvelle ni aucune demande d'information complémentaire de la part de la préfecture du Val-de-Marne après ce dépôt, et après l'échéance de leur visa de long séjour. Par la présente requête, ils demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de leur délivrer une attestation de prolongation d'instruction.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de
quatre mois. () ".
4. Outre qu'il n'appartient pas au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à une autorité administrative de délivrer une attestation de prolongation d'instruction, quand bien même il serai soutenu que cette délivrance serait de plein droit, cette absence de délivrance comme de toute demande de documents complémentaires de la part de la préfète du Val-de-Marne dans le délai de quatre mois, ne peut que révéler l'existence, à la date du 11 novembre 2023, d'une décision implicite de rejet opposée par la préfète du Val-de-Marne à la demande de délivrance d'un carte de résident présentée par les requérants.
5. Eu égard à l'intervention de cette décision implicite de rejet, la demande formée par M. C et Mme D sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne revêt plus aucun caractère d'utilité et est, au surplus, de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative.
6. Dans ces conditions, la requête de M. C et Mme D ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, les intéressés demeurant fondés, s'ils l'estiment utile, de contester la légalité de cette décision implicite par un recours en excès de pouvoir devant le présent tribunal, assorti le cas échéant d'une demande en référé-suspension.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C et Mme D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée M. A E et
Mme B D et à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,