Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2405701

mercredi 29 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2405701
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 mai 2024, Mme C B épouse A, représentée par Me Diarra, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de mettre à sa disposition une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de titre sur son compte ANEF, à compter de la notification de l'ordonnance à venir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition tenant à l'urgence est remplie dès lors que son dossier, déposé le

9 janvier 2024, est toujours en phase de " dépôt " sur son compte ANEF, alors que son titre de séjour est arrivé à expiration le 9 mai et qu'elle n'a reçu aucun document justificatif de la régularité de son séjour, malgré des relances ;

- elle travaille sur un projet de sécurisation de la RATP en lien avec les jeux olympiques et ne pourra pas accéder à la plateforme de travail sans document de séjour valide ;

- elle remplit les conditions pour bénéficier d'un titre de séjour en qualité de conjointe de Français ;

- la mesure sollicitée est utile, en l'absence de toute autre voie contentieuse, et ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Letort, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

" En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

3. D'autre part, aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Selon l'article R. 432-2 de ce code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de

quatre mois. / Par dérogation au premier alinéa, ce délai est de quatre-vingt-dix jours lorsque l'étranger sollicite la délivrance d'un titre de séjour mentionné aux articles R. 421-23, R. 421-43, R. 421-47, R. 421-54, R. 421-54, R. 421-60, R. 422-5, R. 422-12, R. 426-14 et

R. 426-17 ".

4. Mme B épouse A, ressortissante marocaine née le 3 février 1987 à Yacoub El Mansour (Maroc), entrée en France sous couvert d'un visa mention " Passeport talent famille accompagnante ", a bénéficié le 10 mai 2023 de la délivrance d'une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale ", dont elle a demandé le renouvellement le 9 janvier 2024. Mme B épouse A demande qu'il soit enjoint à la préfète du

Val-de-Marne de mettre à sa disposition sur ANEF une attestation de prolongation de l'instruction de cette demande.

5. Toutefois, dès lors que la demande de renouvellement présentée par la requérante a été déposée le 9 janvier 2024, et quand bien même cette demande apparaît sous le statut " dépôt " sur ANEF, il ressort des dispositions précitées des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'à la date de la présente ordonnance, la préfète du Val-de-Marne doit être regardée comme ayant pris une décision implicite de rejet de la demande de la requérante, née de son silence gardé pendant

quatre mois. Il appartient à Mme B épouse A, si elle s'y croit fondée, de contester la légalité de ce refus implicite par une requête en référé présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par Mme B épouse A doit être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par Mme B épouse A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B épouse A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.

La juge des référés,

Signé : C. Letort

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,