Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2405773

mercredi 15 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2405773
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 mai 2024, Mme C A et M. B A, représentés par Me Olejniczak, demandent au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté de mise en sécurité du 9 janvier 2024 par lequel le maire de Fontenay-sous-Bois leur a prescrit de mandater un homme de l'art dans un délai d'un mois afin de procéder à l'expertise de l'impact qu'aurait eu les travaux exécutés dans l'appartement dont ils sont propriétaires au premier étage de l'immeuble situé dans cette commune au 237 avenue de la République sur l'appartement se trouvant au deuxième étage du même immeuble, ainsi que de la décision du 14 mars 2024 rejetant leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Fontenay-sous-Bois la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " En vertu des dispositions de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience publique lorsque la demande dont il est saisi ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de cette demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension de l'exécution d'une décision administrative lorsque l'exécution de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts que celui-ci entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension de l'exécution d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

3. M. et Mme A sont, depuis le 14 septembre 2023, propriétaires à Fontenay-sous-Bois, au premier étage de l'immeuble situé 237 avenue de la République, d'un logement dans lequel ils ont fait exécuter des travaux de rénovation. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté de mise en sécurité du 9 janvier 2024 par lequel le maire de Fontenay-sous-Bois leur a prescrit de mandater un homme de l'art dans un délai d'un mois afin de procéder à l'expertise de l'impact que ces travaux auraient eu sur un appartement se trouvant au deuxième étage du même immeuble, ainsi que de la décision du 14 mars 2024 rejetant leur recours gracieux, ils font valoir qu'ils subissent un préjudice financier, dès lors, d'une part, qu'ils ne peuvent louer leur bien comme ils l'avaient prévu lorsqu'ils l'ont acquis alors qu'ils doivent chaque mois verser la somme de 773,49 euros au titre du remboursement d'un emprunt immobilier et de 106 euros au titre d'autres charges, d'autre part, qu'ils ont été informés, par une lettre datée du 24 avril 2024, qu'ils étaient redevables d'une astreinte en application de l'article L. 511-15 du code de la construction et de l'habitation du fait de l'inexécution de la mesure prescrite par l'arrêté de mise en sécurité en litige dans le délai imparti. Toutefois, ils n'apportent aucun élément de nature à établir que leurs ressources seraient insuffisantes pour régler les charges dont ils font état, ainsi que le montant, non encore fixé, de l'astreinte mentionnée ci-dessus. Par suite, la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut, en l'état de l'instruction, être regardée comme remplie.

4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. et Mme A, y compris les conclusions de ceux-ci relatives aux frais liés au litige, suivant la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er :La requête de M. et Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A et M. B A.

Fait à Melun, le 15 mai 2024.

Le juge des référés,

Signé : P. ZANELLA

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,