Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2405795

mercredi 15 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2405795
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 mai 2024, Mme B A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une attestation relative à la décision favorable prise sur sa demande de renouvellement de titre de séjour.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " En vertu des dispositions de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience publique lorsque la demande dont il est saisi ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de cette demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Mme A, qui est de nationalité malienne, a déposé le 3 septembre 2023, au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dénommé ANEF, une demande de renouvellement de la carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " et valable jusqu'au 26 novembre suivant dont elle était alors titulaire. Sa requête tend à ce qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne, sur le fondement des dispositions citées au point précédent de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de lui délivrer une attestation relative à la décision favorable qui aurait été prise sur cette demande.

3. Toutefois, d'une part, l'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative est subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention d'une mesure destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale dans les quarante-huit heures. Or la requérante ne justifie, en l'espèce, d'aucune circonstance de nature à caractériser une telle urgence. Elle n'établit pas, en particulier, par la production d'une lettre du 15 avril 2024 par laquelle son employeur s'est borné à lui rappeler que le document provisoire de séjour dont elle est actuellement détentrice est valable jusqu'au 22 mai 2024 et l'a invitée à entreprendre les démarches nécessaires au renouvellement de son titre de séjour ainsi qu'à lui fournir ensuite son nouveau titre de séjour en vue de la mise à jour des informations la concernant, que son contrat de travail serait susceptible d'être suspendu voire rompu à très bref délai. Elle ne justifie pas davantage que le stage de fin d'année qu'elle indique vouloir accomplir serait sur le point de commencer.

4. D'autre part, et surtout, l'intéressée ne se prévaut d'aucune liberté fondamentale et ne développe aucune argumentation pour démontrer que la préfète du Val-de-Marne aurait porté une atteinte à la fois grave et manifestement illégale à une telle liberté. Dans ces conditions, il apparaît manifeste que sa requête n'est, en l'état, pas fondée.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de Mme A suivant la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er :La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Melun, le 15 mai 2024.

Le juge des référés,

Signé : P. ZANELLA

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,