Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2405803
jeudi 30 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2405803 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une décision du 1er février 2024 (n° 2311812), le tribunal administratif a prononcé une astreinte à l'encontre de la commune d'Égreville si le maire de cette commune ne justifiait pas avoir, dans les quinze jours suivant la notification de cette décision, exécuté le jugement n° 2202802 du tribunal du 30 décembre 2022, jusqu'à la date de cette exécution.
Par un courrier électronique du 7 mars 2024, Mme A a informé le tribunal que son employeur, le maire de la commune d'Égreville, ne lui avait toujours pas communiqué les arrêtés concernant sa carrière conformément à ces décisions.
Par une lettre du greffier du 28 mars 2024, établie sur les diligences du magistrat désigné, le maire de la commune d'Égreville a reçu communication du courrier de Mme A du
7 mars 2024 et a été informé " qu'au terme d'un délai de 7 jours, le tribunal prononcera l'astreinte prévue dans le jugement du 1er février dernier, sauf à ce que la commune justifie de l'entière exécution du jugement du 30 décembre 2022 ".
Vu :
- le code des juridictions financières ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de Mme Leboeuf, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 1er février 2024 (n°2311812), le tribunal administratif a prononcé une astreinte à l'encontre de la commune d'Égreville si le maire de cette commune ne justifiait pas avoir, dans les quinze jours suivant la notification de cette décision, exécuté le jugement n° 2202802 du tribunal du 30 décembre 2022, jusqu'à la date de cette exécution. Par la même décision, le taux de cette astreinte a été fixé à " 150 euros par jour, à compter de l'expiration du délai de quinze jours suivant la notification du présent jugement ".
Sur la liquidation de l'astreinte :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 911-7 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée ". L'article L. 911-8 du même code dispose : " La juridiction peut décider qu'une part de l'astreinte ne sera pas versée au requérant. / Cette part est affectée au budget de l'Etat ". L'article R. 921-7 précise enfin : " A compter de la date d'effet de l'astreinte prononcée () par le tribunal administratif (), le président de la juridiction ou le magistrat qu'il désigne, après avoir accompli le cas échéant de nouvelles diligences, fait part à la formation de jugement concernée de l'état d'avancement de l'exécution de la décision. La formation de jugement statue sur la liquidation de l'astreinte () ".
3. Le jugement du tribunal du 1er février 2024 (n°2311812) a été notifié à la commune d'Égreville, par lettre recommandée avec accusé de réception, le 5 février 2024. A la date du 28 mai, la commune d'Égreville n'a toujours pas communiqué au greffe du tribunal copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter le jugement du 1er février 2024. La commune d'Égreville doit par suite être regardée comme n'ayant pas, à cette date, exécuté cette décision. Il y a lieu, dès lors, de procéder à la liquidation de l'astreinte pour la période du 21 février 2024 inclus au 28 mai 2024 inclus, au taux de 150 euros par jour, soit 14 700 euros. Compte tenu des circonstances de l'espèce, il convient d'allouer à Mme A la moitié de cette somme, et l'autre moitié au budget de l'Etat.
Sur l'information du ministère public près la Cour des comptes :
4. Aux termes de l'article L. 131-14 du code des juridictions financières : " Tout justiciable [de la Cour des comptes] au sens des articles L. 131-1 et L. 131-4 [y compris les maires] est passible des sanctions prévues à la section 3 : / 1° Lorsque ses agissements entraînent la condamnation d'une personne morale de droit public () à une astreinte en raison de l'inexécution totale ou partielle ou de l'exécution tardive d'une décision de justice () ". L'article L. 142-1-1 du même code dispose : " Ont qualité pour déférer au ministère public près la Cour des comptes des faits susceptibles de constituer des infractions au sens de la section 2 du chapitre 1er du titre III du présent livre : / / Le procureur général près la Cour des comptes peut également se saisir de sa propre initiative ". Le dernier alinéa de l'article R. 921-7 du code de justice administrative dispose en outre : " Lorsqu'il est procédé à la liquidation de l'astreinte, copie du jugement () prononçant l'astreinte et de la décision qui la liquide est adressée au ministère public près la Cour des comptes ".
5. Si le tribunal ne figure pas au nombre des autorités qui ont qualité pour déférer au ministère public près la Cour des comptes des faits susceptibles de constituer des infractions au sens de la section 2 du chapitre 1er du titre III du livre Ier du code des juridictions financières, il lui appartient néanmoins, conformément aux dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 921-7 du code de justice administrative, d'adresser la copie du jugement prononçant l'astreinte et de la décision qui la liquide au ministère public près la Cour des comptes, lequel peut se saisir de sa propre initiative au vu de ces décisions.
D E C I D E :
Article 1er : La commune d'Égreville est condamnée à verser la somme de 7 350 euros à Mme A, ainsi que la même somme au budget de l'Etat.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme B A et au maire de la commune d'Égreville.
Une copie en sera adressée, avec la copie du jugement du 1er février 2024 (n°2311812) qui prononce l'astreinte, au ministère public près la Cour des comptes et au préfet de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 28 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Xavier Pottier, président-rapporteur,
Mme Jeanne Darracq-Ghitalla-Ciock, conseillère,
Mme Lina Bousnane, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2024.
Le président-rapporteur,
X. C
L'assesseure la plus ancienne,
J. Darracq-Ghitalla-Ciock
La greffière,
C. Mahieu
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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