Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2405990
vendredi 5 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2405990 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 mai 2024, M. B A, représenté par Me Fauveau Ivanovic, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, après l'avoir admis à l'aide juridictionnelle provisoire :
1°) de suspendre l'exécution de la décision en date du 4 mars 2024 portant refus des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou de réexaminer sa situation personnelle et ses droits ;
3°) de condamner l'Office français de l'immigration et de l'intégration à payer à son conseil la somme de 1500 euros par application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, celle-ci renonçant dans ce cas à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle.
Il indique que, de nationalité nigérienne, il est arrivé en France en mai 2023 muni d'un visa et devait retourner au Niger le 7 août 2023, qu'en raison du coup d'Etat du 26 juillet 2023, cela lui a été possible car il était proche de l'ancien gouvernement, qu'il a donc déposer une demande d'asile le 22 septembre 2023, que les condition matérielles d'accueil lui ont été refusées en raison du retard pris pour déposer sa demande d'asile, que l'exécution de cette décision a été suspendue par une ordonnance du présent tribunal du 5 janvier 2024 qui a enjoint au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de réexaminer sa demande, qu'il a reçu une nouvelle décision de refus le 17 janvier 2024 et que son recours préalable a été rejeté le 4 mars 2024.
Il soutient que la condition d'urgence est satisfaite car il n'a plus aucune ressource, et, sur le doute sérieux, que la décision en cause est insuffisamment motivée car elle reprend les termes de la décision de novembre 2023 dont l'exécution a été suspendue, qu'elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation car elle n'a pas pris en compte les raisons pour lesquelles il a déposé sa demande en retard, ainsi que d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 mai 2024, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu
- la décision contestée,
- les autres pièces du dossier.
Vu
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 modifié pris pour son application ;
- l'ordonnance du juge des référés du présent tribunal du 5 janvier 2024 (requête n° 2313665) ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Après avoir, au cours de l'audience du 5 juin 2024, tenue en présence de
Madame Dusautois, greffière d'audience, présenté son rapport et entendu les observations de
Me Fauveau-Ivanovic, représentant M. A, requérant, absent, qui rappelle qu'il n'est pas responsable du coup d'Etat qui a eu lieu au Niger en juillet 2023, qu'il devait rentrer en août 2023, qu'il n'a pas prendre son vol car l'espace aérien était fermé, que sa communauté est ciblée par les nouvelles autorités et que l'Office devait apprécier s'il faisait valoir un motif légitime justifiant qu'il dépose sa demande d'asile au-delà du délai de quatre-vingt-dix jours.
Le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dûment convoqué, n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1 M. B A, ressortissant nigérien né en 1964 à Tchin Tabaraden (Région de Tahoua) entré en France le 30 mai 2023 muni d'un visa de court séjour délivré par les autorités consulaires françaises à Niamey, n'a pas été en mesure de repartir dans son pays comme initialement prévue le 7 août 2023 en raison du coup d'Etat survenu le 26 juillet 2023. Il s'est présenté le 22 septembre 2023 au guichet unique des demandeurs d'asile de la préfecture du Val-de-Marne et une attestation en procédure accélérée lui a été remise, sa demande étant considérée comme tardive. Les conditions matérielles d'accueil lui ont été refusées pour ce motif ce même jour. Il a formé une requête préalable le 5 octobre 2023 qui a été expressément rejeté me 16 novembre 2023. Il a contesté ce refus devant le présent tribunal le 20 décembre 2023 par une requête assortie d'une demande de suspension sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative à laquelle il a été fait droit par une ordonnance du 5 janvier 2024 qui a enjoint au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de réexaminer sa situation dans une délai de huit jours. Il a été à nouveau reçu par l'Office le 8 janvier 2024, qui a pris le lendemain une nouvelle décision de refuis des conditions matérielles d'accueil. Une nouvelle requête sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative a été rejetée par le juge des référés du présent tribunal par une ordonnance du 5 mars 2024, pour défaut de doute sérieux sur la légalité de cette décision. Le recours préalable obligatoire contre la décision du 9 janvier 2024 a été formé le 25 janvier 2024, reçu par l'Office français de l'immigration et de l'intégration le 29 janvier 2024, et a été expressément rejeté le 4 mars 2024 par une décision notifiée le 18 mars 2024. Par une requête enregistrée le
16 mai 2024, il a demandé au tribunal l'annulation de cette décision et sollicite du juge des référés, par une requête du même jour, la suspension de son exécution.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2 Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3 Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 : " () L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre le requérant, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la demande présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
4 Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : "Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision".
Sur l'urgence :
5 Il résulte des dispositions précitées que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
6 En l'espèce, M. A, âgé de 60 ans, ne dispose plus d'aucune ressource et ne dispose que d'un hébergement précaire. Dès lors, la décision du 4 mars 2024 portant refus d'octroi des conditions matérielles d'accueil porte une atteinte suffisamment grave et immédiate à la situation du requérant, caractérisant l'urgence de sa requête présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Sur le doute sérieux sur la légalité de la décision en litige :
7 Aux termes de l'article L. 11 du code de justice administrative : " Les jugements sont exécutoires ". Aux termes de l'article L. 511-1 du même code : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais. ". Aux termes de l'article R. 522-13 du même code :
" L'ordonnance prend effet à partir du jour où la partie qui doit s'y conformer en reçoit notification () ".
8 D'une part, le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 précité, ne peut, sans excéder son office, ordonner une mesure qui aurait des effets en tous points identiques à ceux qui résulteraient de l'exécution par l'autorité administrative d'un jugement annulant la décision administrative contestée.
9 D'autre part, si, eu égard à leur caractère provisoire, les décisions du juge des référés n'ont pas, au principal, l'autorité de la chose jugée, elles sont néanmoins, conformément au principe rappelé à l'article L. 11 du code de justice administrative, exécutoires et, en vertu de l'autorité qui s'attache aux décisions de justice, obligatoires. Il en résulte que lorsque le juge des référés a prononcé la suspension d'une décision administrative et qu'il n'a pas été mis fin à cette suspension - soit, par l'aboutissement d'une voie de recours, soit dans les conditions prévues à l'article L. 521-4 du code de justice administrative, soit par l'intervention d'une décision au fond - l'administration ne saurait légalement reprendre une même décision sans qu'il ait été remédié au vice que le juge des référés avait pris en considération pour prononcer la suspension. Lorsque le juge des référés a suspendu une décision de refus, il incombe à l'administration, sur injonction du juge des référés ou lorsqu'elle est saisie par le demandeur en ce sens, de procéder au réexamen de la demande ayant donné lieu à ce refus. Lorsque le juge des référés a retenu comme propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de ce refus un moyen dirigé contre les motifs de cette décision, l'autorité administrative ne saurait, eu égard à la force obligatoire de l'ordonnance de suspension, et sauf circonstances nouvelles, rejeter de nouveau la demande en se fondant sur les motifs en cause.
10 Aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : () 4° Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27. () ". Aux termes de l'article L. 531-27 du même code : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue en procédure accélérée à la demande de l'autorité administrative chargée de l'enregistrement de la demande d'asile dans les cas suivants : () ; 3° Sans motif légitime, le demandeur qui est entré irrégulièrement en France ou s'y est maintenu irrégulièrement n'a pas présenté sa demande d'asile dans le délai de quatre-vingt-dix jours à compter de son entrée en France ; () ".
11 En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la décision du 16 novembre 2023, dont l'exécution avait été suspendue par l'ordonnance susvisée du juge des référés du présent tribunal du 5 janvier 2024, avait été motivée par le fait que l'intéressé ne justifiait pas les raisons pour lesquelles il avait enregistré sa demande d'asile au-delà du délai de quatre-vingt-dix jours, en l'espèce près de quatre mois plus tard. Le juge des référés avait retenu le motif que M. A, entré en France le 30 mai 2023 sous couvert d'un visa court séjour délivré par les autorités françaises et valable du 13 mai au 13 août 2023, justifiait du billet d'avion par lequel il avait initialement envisagé de rentrer au Niger le 7 août 2023, et précisait avoir renoncé à ce retour en conséquence de la dégradation des relations entre les nouveaux tenants du pouvoir, auteurs du coup d'Etat intervenu le 26 juillet 2023 au Niger, et les rebelles Touaregs avec lesquels il affirmait avoir entretenu des liens étroits, menaçant sa sécurité en cas de retour dans son pays d'origine et qu'il était ainsi fondé à soutenir que la décision en cause était entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle et d'une erreur manifeste d'appréciation.
12 La décision contestée du 4 mars 2024, rendue à la suite de l'injonction de réexamen prononcée par le juge des référés le 5 janvier 2024, étant rédigée dans des termes identiques à celle du 16 novembre 2023, les moyens, déjà relevés par le juge des référés le 5 janvier 2024, sont toujours de nature, en l'état de l'instruction, à faire naître un doute sérieux quant à sa légalité. Dès lors, celle-ci ne pourra qu'être suspendue, ensemble la décision du 9 janvier 2024 de la directrice territoriale de Créteil de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Sur les conclusions à fin d'injonction assorties d'une astreinte :
13 Eu égard à ce qui précède, la suspension prononcée par la présente ordonnance implique nécessairement que le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration octroie, à titre provisoire, et dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé ce délai de huit jours, les conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile à M. A, dont il n'est pas établi qu'une décision sur sa demande d'asile ait été prise à la date de la présente ordonnance par le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides.
Sur les frais irrépétibles :
14 Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
15 Aux termes de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " () Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à payer à l'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, partielle ou totale, une somme qu'il détermine et qui ne saurait être inférieure à la part contributive de l'État, au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. Si l'avocat du bénéficiaire de l'aide recouvre cette somme, il renonce à percevoir la part contributive de l'État. S'il n'en recouvre qu'une partie, la fraction recouvrée vient en déduction de la part contributive de l'État. Si, à l'issue du délai de douze mois à compter du jour où la décision est passée en force de chose jugée, l'avocat n'a pas demandé le versement de tout ou partie de la part contributive de l'État, il est réputé avoir renoncé à celle-ci () ".
16 Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration une somme de 1 500 euros qui sera versée à
Me Fauveau Ivanovic, conseil de M. A, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celle-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui aura été confiée. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas attribuée à l'intéressé, cette somme lui sera versée directement.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'exécution de la décision en date du 4 mars 2024 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a rejeté le recours gracieux formé le 25 janvier 2024 contre la décision du 9 janvier 2024 par laquelle la directrice territoriale de Créteil de cet Office avait refusé à M. A le bénéfice des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile est suspendue, ensemble la décision du 9 janvier 2024.
Article 3 : Il est enjoint au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration d'octroyer, à titre provisoire, et dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé ce délai de huit jours, les conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile à M. A.
Article 4 : L'Office français de l'immigration et de l'intégration versera une somme de 1 500 euros à Me Fauveau Ivanovic, conseil de M. A, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celle-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui aura été confiée. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas attribuée à l'intéressé, cette somme lui sera versée directement.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à
Me Fauveau Ivanovic et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Le juge des référés,
Signé : M. AymardLa greffière,
Signé : O. Dusautois
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2405990