Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2405995
mercredi 24 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2405995 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 mai 2024, Madame A B, représentée par Me Duta, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la Caisse d'allocations familiales d'arrêter les retenues sur ses allocations sous cinq jours à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) d'ordonner la restitution des sommes retenues par la Caisse d'allocations familiales depuis le 1er décembre 2022, date de la saisine du médiateur,
2°) de mettre à la charge de la Caisse d'allocations familiales une somme de 2000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'elle doit la somme de 7.548,34 euros à la Caisse d'allocations familiales du Val-de-Marne, qu'elle a mal orienté sa contestation, qui est devenue caduque, qu'elle a alors saisi le médiateur de la Caisse le 1er décembre 2022 ainsi que le directeur le 13 novembre 2023, qu'elle n'a eu aucune réponse, qu'elle a alors formé un recours le 11 mars 2024 en contestation de ce rappel mais que la Caisse n'a pas arrêté les prélèvements, que la condition d'urgence est satisfaite car elle ne dispose plus que de 483,52 euros pour vivre, et que la mesure sollicitée est utile car les retenues ont été maintenues malgré ses recours en violation des dispositions de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu
- le code de l'action sociale et des familles,
-le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par une requête enregistrée le 11 mars 2024, Madame B a demandé au présent tribunal l'annulation d'une dette de 7.548,34 euros contractée auprès de la Caisse d'allocations familiales du Val-de-Marne en raison d'un trop-perçu d'allocations logement. Constatant que les prélèvements opérés sur les aides qu'elle perçoit par ailleurs n'avaient pas cessé, elle demande donc au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la Caisse d'allocations familiales du Val-de-Marne d'arrêter les retenues sur ses allocations et d'ordonner le remboursement des sommes retenues depuis le 1er décembre 2022, date de sa première saisine du médiateur de la Caisse d'allocations familiales.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. En contrepartie des frais de gestion qu'il engage lorsque le versement indu est le résultat d'une fraude du bénéficiaire, l'organisme payeur recouvre auprès de ce dernier une indemnité équivalant à 10 % des sommes réclamées au titre des prestations versées à tort. Cette indemnité est recouvrée dans les mêmes conditions que les indus recouvrés au titre du présent article. Toute réclamation dirigée contre une décision de récupération de l'indu, le dépôt d'une demande de remise ou de réduction de créance ainsi que les recours administratifs et contentieux, y compris en appel, contre les décisions prises sur ces réclamations et demandes ont un caractère suspensif. () ".
4. Madame B soutient que la Caisse d'allocations familiales du
Val-de-Marne devait cesser les prélèvements opérés sur ses aides sociales à la date du
5 décembre 2022, date de réception de sa réclamation auprès du médiateur de la Caisse mais que les prélèvements ont continué à être opérés, y compris après sa requête devant le présent tribunal. Dans ces conditions, cette poursuite des prélèvements ne peut s'interpréter que comme révélant une décision administrative prise en ce sens.
5. Outre qu'il n'entre pas dans les compétences du juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'enjoindre à une autorité administrative d'arrêter des retenues sur des allocations et d'ordonner la restitution des sommes retenues, la mesure sollicitée par la requérante aboutirait à faire obstacle à la décision administrative prise par la Caisse et consistant en la poursuite de ces prélèvements, quand bien même il serait soutenu que cette poursuite méconnaîtrait les dispositions rappelées au point 3.
6. Par suite, la requête de Madame B ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Madame B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame A B et à la Caisse d'allocations familiales du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,