Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2406010
mardi 21 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2406010 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 et 18 mai 2024, Mme B A épouse C, représentée par Me Kissangoula, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'annuler la décision du 28 juillet 2023 par laquelle le préfet de Seine-et-Marne a rejeté la demande tendant au bénéfice du regroupement familial qui a été sollicitée en sa faveur par son époux ;
2°) d'ordonner toutes mesures qu'il estimera utiles afin de faire cesser les atteinte graves et manifestement illégales portées à sa liberté d'aller et venir, son droit à une examen individuel de sa situation personnelle, son droit à bénéficier d'un recours suspensif, son droit au respect des liens familiaux et de l'unité familiale, son droit à la protection alimentaire, sanitaire et médicale, son droit à bénéficier d'une prise en charge médicale, son droit au respect de la dignité de la personne et de son intimité et le droit de son enfant à disposer de l'ensemble des droits et protections attaché à sa situation de grande vulnérabilité ;
3°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne d'assurer le respect des droits et libertés qui viennent d'être énoncés ;
4°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Timothée Gallaud, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés présentées sur le fondement du livre V du code de justice administrative.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. L'article L. 511-1 du code de justice administrative dispose que : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais ". Aux termes de l'article L. 521-2 du même code : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". L'article R. 522-1 de ce code prévoit que : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. D'une part, le juge des référés ne peut, sans excéder sa compétence, ni prononcer l'annulation d'une décision administrative, ni ordonner une mesure qui aurait des effets en tous points identiques à ceux qui résulteraient de l'exécution par l'autorité administrative d'un jugement annulant une telle décision. Par suite, les conclusions de la requérante tendant à l'annulation de la décision par laquelle le préfet de Seine-et-Marne a rejeté la demande tendant au bénéfice du regroupement familial qui a été sollicitée en sa faveur par son époux et à ce qu'il soit enjoint au préfet de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sont, en toute hypothèse, manifestement mal fondées et doivent être rejetées.
3. D'autre part, pour établir l'existence d'une urgence particulière caractérisant la nécessité pour elle de bénéficier à très bref délai des autres mesures d'injonction dont elle demande le prononcé, la requérante se borne à se prévaloir de l'illégalité de la décision lui refusant le bénéfice du regroupement familial, de la longueur de la procédure qui a abouti à cette décision et de la répercussion que celle-ci entraîne sur sa vie privée et familiale ainsi que sur son état de santé sans apporter aucune précision ni aucune justification pertinente. Mme A épouse C ne démontre ainsi nullement, en tout état de cause, la nécessité que le juge des référés se prononce dans le délai particulièrement bref qui caractérise la procédure prévue à l'article
L. 521-2 du code de justice administrative.
4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter, selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du même code, la requête présentée par Mme A épouse C, y compris les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E:
Article 1er : La requête de Mme A épouse C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A épouse C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera transmise au préfet de Seine-et-Marne.
Fait à Melun, le 21 mai 2024.
Le juge des référés,
Signé : T. Gallaud
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme, La greffière,