Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2406158
jeudi 30 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2406158 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 mai 2024, M. B A, représenté par Me Saïdi, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre la décision de refus de séjour prise par le préfet de Seine-et-Marne ;
2°) d'enjoindre au préfet territorialement compètent de lui délivrer immédiatement dès la notification de l'ordonnance, à Monsieur un titre de séjour sans délai et dans l'attente de lui délivrer un récépissé avec autorisation de travail ou, à défaut, de réexaminer sa demande de titre de séjour dans un délai de deux mois à compter de l'intervention de l'ordonnance et dans l'attente de lui délivrer un récépissé avec autorisation de travail et ce immédiatement ;
3°) condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il indique que, de nationalité congolaise, il est entré en France le 28 septembre 2021 muni d'un visa de long séjour en qualité d'étudiant valable jusqu'au 21 septembre 2023, qu'il en a demandé le renouvellement le 20 septembre 2023 et que, par une décision du 23 janvier 2024, le préfet de Seine-et-Marne a refusé de faire droit à sa demande et lui fait obligation de quitter le territoire français.
Il soutient que la condition d'urgence est satisfaite car il a demandé le renouvellement de son titre de séjour, et, sur le doute sérieux, qu'il a démontré le sérieux de ses études.
Vu :
- la décision contestée,
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
Par une requête enregistrée le 16 février 2024 sous le n° 2401984, M. A a demandé l'annulation de la décision contestée.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant congolais né le 29 août 1993 à Kinkembo (Département du Pool), est entré en France le 28 septembre 2021 muni d'un visa d'étudiant valable jusqu'au 21septembre 2022. Il a été titulaire d'une carte de séjour en cette qualité valable jusqu'au 21 septembre 2023. Il en a demandé le renouvellement au préfet de Seine-et-Marne le 19 septembre 2023. Par une décision du 23 janvier 2024, sa demande a été rejetée au motif du défaut de caractère réel et sérieux de ses études et il lui a été fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours. Par une requête enregistrée le 16 février 2024, il a demandé au présent tribunal l'annulation de cette décision et sollicite du juge des référés, par sa requête enregistrée le 22 mai 2024, la suspension de son exécution en tant qu'elle lui refuse le renouvellement de son titre de séjour.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes de l'article
R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. (). ".
3. Il résulte des dispositions précitées que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit s'apprécier objectivement et globalement tenir compte notamment du fait que le requérant ne se soit pas placé lui-même dans une situation qui ne lui permette plus d'invoquer utilement - ni sérieusement - la notion d'urgence.
4. Aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a déposé sa demande de renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiant la veille de son échéance, soit en dehors de la période mentionnée par les dispositions rappelées au point précédent. Au surplus, il a sollicité la suspension de la décision portant refus de séjour plus de trois mois après avoir déposer sa requête en annulation, alors qu'il indique être déscolarisé et sans ressources depuis le 24 janvier 2024.
6. M. A ne fait valoir dans sa requête aucune explication sur ces retards successifs et sur cette absence de diligence de sa part pour voir maintenir son droit à demeurer sur le territoire français. Par suite, la condition d'urgence ne peut être considérée dans le cas d'espèce comme satisfaite, dès lors que la situation qu'il déplore résulte de son propre comportement.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet de Seine-et-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,