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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2406267

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2406267

lundi 22 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2406267
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantGOEAU-BRISSONNIERE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 mai 2024, M. B A, représenté par

Me Goeau-Brissonniere, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 12 février 2024 par laquelle la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui fixer un rendez-vous pour le dépôt de sa première demande de titre de séjour ;

3°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, de le recevoir dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir pour l'enregistrement de sa demande de titre de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros à verser à son avocat au titre du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, en précisant qu'au cas où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée, cette somme devrait lui être directement versée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juin 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer ou, subsidiairement au rejet de la requête.

Vu :

-la requête n° 2406270 tendant à l'annulation de la décision dont la suspension de l'exécution est demandée ;

-les autres pièces du dossier.

Vu :

-la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

-le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Les parties ont été régulièrement informées de la date et de l'heure de l'audience publique.

Au cours de cette audience, tenue le 10 juin 2024 à 14h00 en présence de Mme Dusautois, greffière d'audience, ont été entendus :

-le rapport de M. Zanella ;

-et les observations de Me El Assaad, représentant la préfète du Val-de-Marne, qui a conclu au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin de suspension et les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et au rejet des conclusions relatives aux frais liés au litige.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.

Un mémoire en réplique, enregistré le 10 juin 2024 à 14h18, après l'appel de l'affaire à l'audience mais avant la clôture de l'instruction, et concluant aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens, a été présenté par M. A.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ".

2. En application de ces dispositions, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire de M. A à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin de suspension présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative et les conclusions accessoires aux fins d'injonction et d'astreinte :

3. Il résulte de l'instruction que, postérieurement à l'introduction de l'instance, la préfète du Val-de-Marne a convoqué M. A à un rendez-vous en préfecture fixé le 4 juin 2024 à 10h00 pour le dépôt de sa demande de premier titre de séjour. Elle doit être regardée comme ayant ainsi abrogé la décision du 12 février 2024 en litige, par laquelle elle avait initialement refusé de donner un tel rendez-vous au requérant. Si celui-ci fait valoir en réplique qu'il n'a pas été informé de cette convocation et qu'il n'a donc pas été mise en mesure de se présenter en préfecture le 4 juin 2024 à 10h00, il n'apporte, en tout état de cause, aucun élément à l'appui de cette allégation, alors qu'il résulte au contraire de l'instruction que ladite convocation lui a été adressée par courriel le 28 mai 2024 à 12h31, et ce, au moyen du même système de messagerie que celui utilisé pour lui notifier la décision en litige, soit le système de messagerie du téléservice " demarches-simplifiees.fr ". Par suite, les conclusions à fin de suspension présentées par l'intéressé au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont, de même, par conséquent, que ses conclusions accessoires aux fins d'injonction et d'astreinte, devenues sans objet.

Sur les frais liés au litige :

4. Aux termes du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à payer à l'avocat pouvant être rétribué, totalement ou partiellement, au titre de l'aide juridictionnelle, une somme qu'il détermine et qui ne saurait être inférieure à la part contributive de l'État majorée de 50 %, au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ". Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

5. M. A est admis provisoirement à l'aide juridictionnelle par la présente ordonnance. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions citées au point précédent du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. En application de ces dispositions, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 200 euros à Me Goeau-Brissonniere au titre des honoraires et frais que le requérant aurait exposés s'il n'avait pas bénéficié de l'aide juridictionnelle. Dans le cas où le bénéfice de cette aide ne serait pas définitivement accordé à l'intéressé, la somme en cause devra lui être directement versée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de suspension et les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. A.

Article 3 : L'État versera la somme de 1 200 euros à Me Goeau-Brissonniere au titre du

deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où M. A ne serait pas définitivement admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, cette somme devra lui être directement versée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au ministre de l'intérieur et des outre-mer ainsi qu'à Me Goeau-Brissonniere.

Copie en sera adressée pour information à la préfète du Val-de-Marne.

Fait à Melun, le 22 juillet 2024.

Le juge des référés,

Signé : P. ZanellaLa greffière,

Signé : O. Dusautois

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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