Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2406284
jeudi 30 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2406284 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 mai 2024, Mme B A, représenté par Me Lengrand, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui donner un rendez-vous pour lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction l'autorisant à travailler, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 180 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
- elle esr ressortissante bengalaise et a été reconnue réfugiée par la Cour nationale du droit d'asile ; le 23 octobre 2023 elle a déposé une demande de titre de séjour sur le site de l'ANEF et elle s'est vu délivrer une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 22 avril 2024 ; en l'absence de réponse à sa demande de titre de séjour, elle a sollicité le renouvellement de l'attestation de prolongation d'instruction le 3 mai 2024 par mail, par le biais de son assistante sociale ; cette demande est restée sans réponse ; elle a réitéré cette demande sur l'ANEF par le biais de son conseil ; le 16 mai 2024, l'ANTS lui a indiqué que le service instructeur était seul compétent pour connaître de sa demande et que les délais de mise à disposition du document demandé étaient inconnus et variables en fonction du service instructeur ;
- la condition d'urgence est remplie puisque la préfecture ne répond pas à ses sollicitations, que les dysfonctionnements de l'administration emportent des conséquence graves et immédiates sur sa situation, puisqu'elle ne dispose plus de document l'autorisant à se maintenir en France, qu'elle ne peut circuler librement, qu'elle est maintenue dans une situation d'insécurité juridique, alors même qu'elle a été reconnue réfugiée, qu'elle peut faire l'objet d'une interpellation et d'un éloignement à tout moment ;
- les mesures sollicitées sont utiles en l'absence de toute autre voie de droit permettant de renouveler son récépissé le temps de l'instruction de sa demande ;
- elles ne font obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. Il ressort des écritures et des pièces jointes à la requête que Mme A a pu effectivement présenter sa demande d'admission au séjour le 23 octobre 2023 ainsi qu'il résulte de l'attestation de prolongation d'instruction d'une demande de titre de séjour versée au dossier. En vertu des dispositions combinées des articles R. 431-12, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et à défaut de décision explicite prise dans ce délai, cette demande doit être regardée comme ayant été implicitement rejetée par la préfète du Val-de-Marne à l'issue d'un délai de quatre mois. Par suite, la demande de rendez-vous en préfecture en vue du renouvellement de cette attestation ou la délivrance d'un récépissé l'autorisant à travailler est de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision implicite de rejet. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par Mme A doivent en conséquence être rejetées, sans qu'il y ait lieu de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
3. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions que Mme A présente sur leur fondement à l'encontre de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Melun, le 30 mai 2024.
La juge des référés,
Signé : C. Ledamoisel
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,