Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2406285

jeudi 30 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2406285
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 mai 2024, M. B A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé ou une attestation de prolongation d'instruction durant l'examen de son dossier sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- il est entré régulièrement en France le 27 avril 2012 sous couvert d'un passeport sénégalais et d'un visa de long séjour en qualité de conjoint de français ; il est maintenant lepère d'un enfant français né en 2017 à l'éducation et l'entretien duquel il contribue depuis sa naissance ; il bénéfice d'une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " depuis 2012 ; son dernier titre de séjour a expiré le 18 septembre 2023 et, en raison de dysfonctionnement du site ANEF, il n'a pu en demander le renouvellement qu'en janvier 2024 ; il s'est alors vu délivrer une confirmation de dépôt le 10 janvier 2024 ; quatre mois se sont écoulés sans qu'il n'ait été rendu destinataire d'une attestation de prolongation d'instruction ou d'une décision ;

- la condition d'urgence est remplie dès lors que depuis la date d'expiration de son titre de séjour en septembre 2023, il n'a plus de document lui permettant de justifier de son droit au séjour ; son contrat de travail avec la société Onet a été suspendu le 19 décembre 2023 et il n'a plus de ressources ; le refus implicite de délivrance d'un récépissé porte atteinte à ses droits et le place en situation irrégulière ;

- la mesure sollicitée est utile pour faire valoir ses droits.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Il ressort des écritures de M. A que celui-ci a pu effectivement présenter sa demande de renouvellement de son titre de séjour le 10 janvier 2024 et qu'une attestation de confirmation de dépôt lui a été remis à cette date. En vertu des dispositions combinées des articles R. 431-12, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et à défaut de décision explicite prise dans ce délai, cette demande doit être regardée comme ayant été implicitement rejetée par la préfète du Val-de-Marne à l'issue d'un délai de quatre mois à compter de cette date. Par suite, la demande de délivrance d'un récépissé ou d'une attestation de prolongation d'instruction est de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision implicite de rejet. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. A doivent en conséquence être rejetées.

3. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions que M. A présente sur leur fondement à l'encontre de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Fait à Melun, le 30 mai 2024.

La juge des référés,

Signé : C. Ledamoisel

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,