Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2406299

lundi 27 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2406299
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 mai 2024, M. C A B, représenté par Me de Clerck, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article

L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) de lui délivrer son acte de naissance dans le délai de 72 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'OFPRA une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de procédure civile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du Tribunal a désigné M. Le Broussois pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. / () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. / () ".

2. L'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative est subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention dans les quarante-huit heures d'une mesure destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale.

3. En l'espèce, M. A B, ressortissant afghan né en 1992, expose qu'il fait l'objet d'une procédure d'adoption simple devant le tribunal judiciaire de Paris dans le cadre de laquelle il doit produire un acte de naissance mais que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a, par une décision du 18 mars 2024, refusé de lui délivrer ce document au motif qu'il n'était plus sous la protection juridique et administrative de cet office, le Conseil d'Etat ayant annulé la décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) qui avait annulé la décision de l'OFPRA mettant fin à la protection dont il bénéficiait. Toutefois, si le tribunal judiciaire de Paris, par jugement du 20 mars 2024, a ordonné le retrait du rôle du tribunal de la procédure d'adoption concernant M. A B, il ressort des mentions dudit jugement que celui-ci a été rendu à la demande des parties afin de leur permettre de produire le certificat de naissance de M. A B et que le retrait prononcé ne fait pas obstacle à la poursuite de l'instance après rétablissement de l'affaire par simple acte en application de l'article 383 du code de procédure civile. Dans ces conditions, et alors que le requérant, âgé de trente-deux ans, ne fait état d'aucune circonstance rendant nécessaire l'aboutissement à brève échéance de la procédure d'adoption dont il fait l'objet, aucune situation d'urgence justifiant l'intervention du juge des référés dans un délai de quarante-huit heures n'est caractérisée en l'espèce, alors même que le requérant fait par ailleurs valoir qu'il est susceptible d'être convoqué prochainement à la CNDA en vue de l'examen de son recours contre la décision précitée de l'OFPRA ayant mis fin à sa protection.

4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête de M. A B en l'ensemble de ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B.

Fait à Melun, le 27 mai 2024.

Le juge des référés

Signé : N. Le Broussois

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,