Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2406561

jeudi 30 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2406561
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 mai 2024, Mme C A B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de la convoquer pour le dépôt de sa demande de titre de séjour dans un délai de quarante-huit heures à compter du prononcé de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

-le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " En vertu des dispositions de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience publique lorsque la demande dont il est saisi ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de cette demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée

2. L'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative est notamment subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention d'une mesure destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale dans les quarante-huit heures.

3. Mme A B, qui est de nationalité camerounaise, entend se voir délivrer un titre de séjour en sa qualité de mère d'un mineur non marié auquel la qualité de réfugié a été reconnue par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 24 juillet 2023. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de la convoquer en vue du dépôt d'une demande à cette fin, elle fait valoir qu'elle se trouve en situation irrégulière, qu'il lui est impossible de déposer la demande en cause alors que son fils a été reconnu réfugié il y a plus de neuf mois, qu'elle a pourtant effectué toutes les démarches requises, conformément aux consignes préfectorales, que le comportement de l'administration, qui ne lui permet pas de bénéficier d'une solution de substitution au recours au téléservice mentionné à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et ne répond pas à ses sollicitations ou n'y répond qu'après plusieurs mois, a des conséquences extrêmement graves sur sa vie alors qu'un titre de séjour devrait lui être délivré de plein droit et qu'elle a alerté l'administration à de nombreuses reprises sur le caractère critique et précaire de sa situation. Elle ne fait toutefois ainsi état d'aucune circonstance particulière de nature à caractériser la nécessité qu'une mesure de sauvegarde d'une liberté fondamentale intervienne à très bref délai. Par suite, la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-2 du code de justice administrative ne peut, en l'état de l'instruction, être regardée comme remplie.

4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de Mme A B, y compris ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, suivant la procédure prévue à l'article L. 522-3 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er :La requête de Mme A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A B.

Fait à Melun, le 30 mai 2024.

Le juge des référés,

Signé : P. ZANELLA

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme, La greffière,