Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2406747
jeudi 25 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2406747 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 3 et 19 juin 2024, l'association SHEVA et M. A B, représentés par Me Yamova, demandent au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 28 mai 2024 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a " clôturé " la demande d'autorisation de travail déposée le 23 mai 2024 par l'association SHEVA en vue d'employer M. B comme soigneur de chevaux sous contrat à durée indéterminée ainsi que de la décision du 30 mai 2024 par laquelle la même autorité a refusé la délivrance de l'autorisation de travail sollicitée le 29 mai 2024 par l'association SHEVA en vue d'employer M. B comme palefrenier sous contrat à durée déterminée de cinq mois ;
2°) d'enjoindre à l'autorité administrative compétente de réexaminer leur situation et de délivrer à M. B, dans le délai de quarante-huit heures à compter du prononcé de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard, une autorisation de travail lui permettant d'occuper un emploi sous contrat à durée indéterminée ou, subsidiairement, sous contrat à durée déterminée de cinq mois ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
-la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative est remplie ;
-il existe un doute sérieux quant à la légalité des décisions en litige pour les raisons suivantes :
*la décision du 30 mai 2024 a été prise par une autorité incompétente pour avoir été signée par une personne n'ayant pas reçu délégation à cet effet du préfet de la Seine-Saint-Denis ;
*les décisions en litige reposent sur des motifs entachés d'erreur de droit ou d'erreur d'appréciation, dès lors que : en premier lieu, il n'est pas impossible pour un demandeur d'asile de conclure un contrat de travail à durée indéterminée, puisqu'aucune disposition législative ou réglementaire ne l'interdit ou n'impose la conclusion d'un contrat de travail à durée déterminée ; en deuxième lieu, la situation de l'emploi n'était pas opposable aux demandes d'autorisation de travail de l'association SHEVA, auxquelles il pouvait par conséquent être fait droit sans publication préalable d'une offre d'emploi auprès de France Travail pendant trois semaines, puisque ces demandes avaient pour but de permettre la signature d'un avenant au contrat de travail à durée déterminée d'un salarié étranger déjà présent sur le marché du travail ; en troisième lieu, le préfet a retenu l'absence de conformité de l'emploi sous contrat de travail à durée déterminée pour lequel une autorisation de travail a été sollicitée le 29 mai 2024 avec l'emploi sous contrat de travail à durée indéterminée pour lequel l'association SHEVA a publié une offre auprès de France Travail alors qu'aucune disposition législative ou réglementaire n'interdit la conversion d'un emploi sous contrat à durée indéterminée en emploi sous contrat de travail à durée déterminée et qu'en l'occurrence, la conversion a eu lieu pour satisfaire aux exigences de l'administration ;
-la demande de substitution de motifs présentée en défense ne pourra être accueillie, dès lors que le rejet de la demande d'asile de M. B par une décision prise 28 mai 2024 puis notifiée le 7 juin suivant n'est pas de nature à justifier légalement les décisions en litige.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juin 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
-la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas remplie ;
-aucun des moyens dont il est fait état n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions en litige.
Vu :
-la requête n° 2406750 tendant à l'annulation de la décision dont la suspension de l'exécution est demandée ;
-les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-le code du travail ;
-l'arrêté du 1er avril 2021 fixant la liste des pièces à fournir à l'appui d'une demande d'autorisation de travail ;
-l'arrêté du 1er avril 2021 relatif à la délivrance, sans opposition de la situation de l'emploi, des autorisations de travail aux étrangers non ressortissants d'un État membre de l'Union européenne, d'un autre État partie à l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse ;
-le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.
Les parties ont été régulièrement informées de la date et de l'heure de l'audience publique.
Au cours de cette audience, tenue le 19 juin 2024 à 10h00 en présence de Mme Dusautois, greffière d'audience, ont été entendus :
-le rapport de M. Zanella ;
-les observations de Me Yamova, représentant l'association SHEVA et M. B, qui, en présence de ce dernier, a conclu aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Une note en délibéré, enregistrée le 21 juin 2024, a été présentée par l'association SHEVA et M. B
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. "
2. Il résulte de l'instruction que M. B, qui, de nationalité biélorusse, a sollicité l'asile en France le 18 juillet 2023, a été recruté par un contrat à durée déterminée à temps plein conclu le 30 mars 2024 pour occuper, du 2 avril au 2 juin 2024, l'emploi de soigneur de chevaux au centre équestre exploité à Créteil par l'association SHEVA et que cette association a ensuite déposé deux demandes d'autorisation de travail le concernant, le 23 mai 2024, pour continuer à l'employer sous contrat à durée indéterminée, puis le 29 mai suivant, pour continuer à l'employer sous contrat à durée déterminée de cinq mois à compter du 3 juin 2024. La requête conjointement présentée par l'association SHEVA et par M. B tend, à titre principal, à la suspension de l'exécution, sur le fondement des dispositions citées au point précédent, des décisions des 28 et 30 mai 2024 par lesquelles le préfet de la Seine-Saint-Denis a respectivement rejeté ces demandes.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
En ce qui concerne l'urgence :
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension de l'exécution d'une décision administrative lorsque l'exécution de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts que celui-ci entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension de l'exécution d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. Il résulte de l'instruction et n'est au demeurant pas contesté en défense que les décisions en litige empêchent M. B de continuer à exercer l'activité salariée qui constitue actuellement sa seule source de revenus pour subvenir à ses besoins et qu'elles privent par ailleurs l'association SHEVA d'un salarié que cette association estime qualifié pour occuper un emploi pour lequel elle a connu des difficultés de recrutement. Dans ces conditions, nonobstant la circonstance, d'une part, que M. B est célibataire sans charges de famille et que sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le28 mai 2024, d'autre part, que l'association SHEVA n'aurait, quant à elle, ni suivi les indications du service de la main d'œuvre étrangère, ni satisfait à l'ensemble des conditions de délivrance d'une autorisation de travail, l'urgence requise par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme caractérisée en l'espèce.
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité des décisions en litige :
5. Aux termes de l'article L. 554-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'accès au marché du travail peut être autorisé au demandeur d'asile lorsque l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, pour des raisons qui ne sont pas imputables au demandeur, n'a pas statué sur la demande d'asile dans un délai de six mois à compter de l'introduction de la demande. " Aux termes de l'article L. 554-3 du même code : " Le demandeur d'asile est soumis aux règles de droit commun applicables aux travailleurs étrangers pour la délivrance d'une autorisation de travail []. "
6. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 5221-5 du code du travail : " Un étranger autorisé à séjourner en France ne peut exercer une activité professionnelle salariée en France sans avoir obtenu au préalable l'autorisation de travail mentionnée au 2° de l'article L. 5221-2. " Aux termes de l'article R. 5221-1 du même code : " I.-Pour exercer une activité professionnelle salariée en France, les personnes suivantes doivent détenir une autorisation de travail lorsqu'elles sont employées conformément aux dispositions du présent code : / 1° Étranger non ressortissant d'un État membre de l'Union européenne, d'un autre État partie à l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse []. / II.-La demande d'autorisation de travail est faite par l'employeur []. / Tout nouveau contrat de travail fait l'objet d'une demande d'autorisation de travail. " Aux termes du II de l'article R. 5221-3 du même code : " L'étranger titulaire de l'un des documents de séjour suivants doit obtenir une autorisation de travail pour exercer une activité professionnelle salariée en France dans le respect des termes l'autorisation de travail accordée : / [] 2° L'attestation délivrée au demandeur d'asile, lorsque les conditions d'accès au marché du travail prévues par les articles L. 554-1 à L. 554-4 du même code sont remplies. " Aux termes de l'article R. 5221-12 du même code : " La liste des documents à présenter à l'appui d'une demande d'autorisation de travail est fixée par un arrêté conjoint des ministres chargés de l'immigration et du travail. " Aux termes, enfin, de l'article R. 5221-20 du même code : " L'autorisation de travail est accordée lorsque la demande remplit les conditions suivantes : / 1° S'agissant de l'emploi proposé : / a) Soit cet emploi relève de la liste des métiers en tension prévue à l'article L. 421-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et établie par un arrêté conjoint du ministre chargé du travail et du ministre chargé de l'immigration ; / b) Soit l'offre pour cet emploi a été préalablement publiée pendant un délai de trois semaines auprès des organismes concourant au service public de l'emploi et n'a pu être satisfaite par aucune candidature répondant aux caractéristiques du poste de travail proposé []. "
7. Aux termes de l'article 7 de l'arrêté du 1er avril 2021 fixant la liste des pièces à fournir à l'appui d'une demande d'autorisation de travail : " Pour recruter un ressortissant étranger demandeur d'asile en France relevant du 2° du II de l'article R. 5221-3 du code du travail, l'employeur qui sollicite une autorisation de travail verse les justificatifs suivants : / [] 2° Si le projet de recrutement est soumis à l'opposabilité de la situation de l'emploi, / a) Un document attestant du dépôt de l'offre d'emploi auprès d'un organisme du service public de l'emploi et de sa publication pendant trois semaines ; / b) Un document établi par l'employeur mentionnant le nombre de candidatures reçues et attestant de l'absence de candidat répondant aux caractéristiques du poste de travail proposé ; / 3° S'il s'agit du renouvellement d'un contrat à durée déterminée identique au contrat en cours, copie de l'autorisation de travail initialement accordée []. "
8. Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 1er avril 2021 relatif à la délivrance, sans opposition de la situation de l'emploi, des autorisations de travail aux étrangers non ressortissants d'un État membre de l'Union européenne, d'un autre État partie à l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse : " La situation de l'emploi ou l'absence de recherche préalable de candidats déjà présents sur le marché du travail n'est pas opposable à une demande d'autorisation de travail présentée pour un étranger non ressortissant d'un État membre de l'Union européenne, d'un autre État partie à l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse souhaitant exercer une activité professionnelle dans un métier de l'une des familles professionnelles et une zone géographique caractérisés par des difficultés de recrutement figurant à l'annexe I au présent arrêté. "
9. Il ne résulte d'aucune des dispositions citées aux quatre points précédents, ni d'aucune autre disposition législative ou réglementaire, qu'une autorisation de travail ne peut être délivrée à un demandeur d'asile se trouvant dans le cas prévu à l'article L. 554-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile lorsque l'emploi pour lequel l'autorisation est sollicitée doit être occupé sous contrat de travail à durée indéterminée.
10. D'une part, la première des deux décisions en litige est fondée sur la circonstance qu'il serait impossible de délivrer une autorisation de travail pour occuper un emploi sous contrat de travail à durée indéterminée à un demandeur d'asile. Eu égard à ce qui a été dit au point précédent, le moyen tiré de ce qu'elle serait en cela entachée d'erreur de droit est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à sa légalité. Il en va différemment, en revanche, des autres moyens invoqués par les requérants.
11. D'autre part, en l'état de l'instruction, dont il résulte que la seconde des deux décisions en litige est fondée sur un motif différent de la première, tiré de ce que l'association SHEVA a fait publier auprès de France Travail une offre pour un emploi sous contrat de travail à durée indéterminée ne correspondant pas à l'emploi sous contrat de travail à durée déterminée pour lequel elle a sollicité une autorisation de travail le 29 mai 2024, et eu égard, par ailleurs, à la circonstance que cet emploi n'est pas au nombre des métiers figurant, pour l'Île-de-France, à l'annexe I de l'arrêté du 1er avril 2021 cité au point 8, aucun des moyens dont il est fait état par les requérants n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de cette seconde décision.
12. Il résulte de ce qui précède, et alors que, contrairement à ce qui est soutenu en réplique, aucune demande de substitution de motifs expresse ou implicite ne figure dans les écritures en défense, il y a seulement lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du préfet de la Seine-Saint-Denis en date du 28 mai 2024.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
13. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire []. "
14. Dans le cas où les conditions posées par l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont remplies, le juge des référés peut non seulement suspendre l'exécution d'une décision administrative, même de rejet, mais aussi assortir cette suspension d'une injonction ou de l'indication des obligations qui en découleront pour l'administration. Toutefois, les mesures qu'il prescrit ainsi, alors qu'il se borne à relever l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige, doivent présenter un caractère provisoire. Il suit de là que le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ne peut, sans excéder sa compétence, ordonner une mesure qui aurait des effets en tous points identiques à ceux qui résulteraient de l'exécution par l'autorité administrative d'un jugement annulant la décision administrative contestée.
15. Eu égard à ce qui vient d'être dit, ainsi qu'à la nature du motif retenu ci-dessus au point 10 comme étant propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la première des deux décisions en litige, il y a seulement lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte, de statuer à nouveau après nouvelle instruction, dans un délai de dix jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sur la demande d'autorisation de travail déposée le 29 mai 2024 par l'association SHEVA.
Sur les frais liés au litige :
16. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "
17. En application de ces dispositions, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er :L'exécution de la décision du préfet de la Seine-Saint-Denis en date du 28 mai 2024 est suspendue.
Article 2 :Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de statuer à nouveau après nouvelle instruction, dans un délai de dix jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sur la demande d'autorisation de travail déposée le 29 mai 2024 par l'association SHEVA.
Article 3 : L'État versera à l'association SHEVA et à M. B une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 :Les conclusions de la requête de l'association SHEVA et de M. B sont rejetées pour le surplus.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association SHEVA et à M. A B et au ministre de de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée pour information au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Melun, le 25 juillet 2024
Le juge des référés,
Signé : P. ZanellaLa greffière,
Signé : O. DusautoisLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,