Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2406748

mardi 4 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2406748
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 juin 2024, Mme A B épouse C demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un nouveau récépissé de sa demande de renouvellement de titre de séjour dans un délai de quarante-huit heures à compter du prononcé de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". En vertu des dispositions de l'article

L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience publique lorsque la demande dont il est saisi ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de cette demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. L'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient de ces dispositions est notamment subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention d'une mesure destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale dans les quarante-huit heures.

3. Il résulte de l'instruction que Mme B, qui, de nationalité philippine, était titulaire, en dernier lieu, en sa qualité de conjointe d'un Français, non pas, comme elle prétend dans ses écritures, d'une carte de résident valable du 8 décembre 2012 au 7 décembre 2022 mais d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " valable du 8 octobre 2021 au 7 octobre 2023, a successivement déposé, le 22 novembre 2023 puis le

26 mai 2024, deux demandes de renouvellement de ce titre de séjour au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la première ayant été " clôturée " le 22 avril 2024, au motif que les informations relatives à son conjoint fournies à son appui étaient mal renseignées, la seconde étant en cours d'instruction. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui remettre un récépissé de cette demande, elle fait valoir qu'à défaut d'être munie d'un tel récépissé ou d'un nouveau titre de séjour, elle se trouve placée en situation irrégulière alors qu'elle peut prétendre à la délivrance d'un titre de séjour de plein droit, qu'elle a accompli toutes les démarches à cette fin en fournissant plus de quarante-cinq justificatifs de sa vie commune avec son conjoint et qu'elle a alerté l'administration sur sa situation. Toutefois, et alors qu'il est, en tout état de cause, inexact, eu égard à ce qui été dit ci-dessus des dates de dépôt de ses demandes de renouvellement de titre de séjour, que le délai d'instruction de ces demandes serait supérieur à un an et demi, elle ne fait ainsi état d'aucune circonstance particulière de nature à caractériser l'urgence requise pour la mise en œuvre des pouvoirs que le juge des référés tient de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de Mme B, y compris ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, suivant la procédure prévue à l'article L. 522-3 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B épouse C.

Fait à Melun, le 4 juin 2024.

Le juge des référés,

Signé : P. Zanella

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,