Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2406817

vendredi 12 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2406817
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un jugement n° 2210999 du 10 mars 2023, le tribunal a prononcé une astreinte à l'encontre de l'Etat si le préfet de Seine-et-Marne ne justifiait pas, dans le délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement, avoir réexaminé la demande de Mme A épouse C tendant à la délivrance d'un titre de séjour. Par ce même jugement, le tribunal a prononcé une astreinte à l'encontre de l'Etat si le préfet de Seine-et-Marne ne justifiait pas, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de ce jugement, avoir délivré à Mme A épouse C une autorisation provisoire de séjour. Le taux de chacune de ces astreintes a été fixé à 100 euros par jour par ce même jugement.

Par un mémoire, enregistré le 11 juin 2024, le préfet de Seine-et-Marne soutient que le jugement a été exécuté dès lors qu'un titre de séjour a été délivré le 16 mai 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Timothée Gallaud, président ;

- et les conclusions de M. Cyril Dayon, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Par deux arrêtés des 21 mai 2019 et 7 octobre 2020, le préfet de Seine-et-Marne, a refusé à Mme A épouse C, ressortissante sénégalaise, la délivrance du titre de séjour qu'elle avait sollicité, a pris à son encontre une obligation de quitter le territoire français et fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée. Par un jugement nos 1905735, 1905756 et 2010392 du 5 juillet 2021, le tribunal administratif de Melun a annulé pour excès de pouvoir ces décisions et enjoint au préfet territorialement compétent de procéder au réexamen de sa demande dans le délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement. Sur la demande de Mme A épouse C, le tribunal a, par un jugement n° 2210999 du 10 mars 2023, prononcé une astreinte à l'encontre de l'Etat si le préfet de Seine-et-Marne ne justifiait pas dans le délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement, avoir réexaminé la demande de Mme A épouse C tendant à la délivrance d'un titre de séjour. Par ce même jugement, le tribunal a prononcé une astreinte à l'encontre de l'Etat si le préfet de Seine-et-Marne ne justifiait pas, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de ce jugement, avoir délivré à Mme A épouse C une autorisation provisoire de séjour. Le taux de chacune de ces astreintes a été fixé à 100 euros par jour par ce même jugement.

2. Aux termes de l'article L. 911-7 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée. / () / Elle peut modérer ou supprimer l'astreinte provisoire, même en cas d'inexécution constatée ".

3. Le jugement du 10 mars 2023 a été notifié au préfet de Seine-et-Marne le 13 mars 2023. Il résulte de l'instruction que le préfet de Seine-et-Marne a délivré à l'intéressé le 16 mai suivant un titre de séjour valable du 11 mai 2023 au 10 mai 2028. Si cette délivrance n'est pas intervenue strictement dans le délai de deux mois qui avait été imparti et si le préfet de Seine-et-Marne n'a pas justifié qu'il avait, avant de procéder à cette délivrance, muni l'intéressée d'une autorisation provisoire de séjour, le jugement doit être regardé, dans les circonstances de l'espèce, comme ayant été exécuté. Il n'y a, par suite, pas lieu de procéder à la liquidation des astreintes prononcées à l'encontre de l'Etat.

D E C I D E:

Article 1er : Il n'y a pas lieu de liquider les astreintes prononcées à l'encontre de l'Etat.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A épouse C et au préfet de Seine-et-Marne.

Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 28 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Timothée Gallaud, président,

Mme Félicie Bouchet, première conseillère,

M. Dominique Binet, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.

Le président-rapporteur,

T. GallaudL'assesseure la plus ancienne dans l'ordre du tableau,

F. BouchetLa greffière,

L. Potin

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,