Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2406975
jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2406975 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 juin 2024, le préfet de la Région Ile-de-France, préfet de Paris, demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner l'expulsion immédiate de M. et Madame A du centre d'hébergement et de réinsertion sociale qu'ils occupent à Villejuif (Val-de-Marne) géré par l'association " MAAVAR " ;
2°) d'autoriser le recours à la force publique pour procéder à l'évacuation forcée des lieux ;
3°) de l'autoriser à donner toutes instructions utiles au gestionnaire du centre d'accueil afin de débarrasser les lieux des biens meubles s'y trouvant, aux frais et risques de M. et Madame A à défaut pour eux de les avoir emportés.
Il indique que les intéressés se sont vus notifier une fin de prise en charge le 20 juin 2019 et une mise en demeure de quitter les lieux le 24 mars 2024, au motif à des manquements graves au contrat de séjour et au règlement de fonctionnement de l'établissement géré par l'association " MAAVAR " à Villejuif (Val-de-Marne).
Il soutient que le juge administratif est compétent pour connaître de la requête, que les conditions d'urgence et d'utilité de la mesure posées par l'article L. 521-3 du code de justice administrative sont remplies car les centres d'hébergement et de réinsertion sociale sont occupés à 100 % et qu'il est nécessaire d'en exclure les personnes qui n'en remplissent plus les conditions, et que cette demande ne fait pas l'objet d'une contestation sérieuse car les intéressés se sont rendus coupables de plusieurs infractions au règlement de l'établissement, ont refusé tout accompagnement et ont ignoré les différentes mises en garde des responsables du centre
La requête a été communiquée le 10 juin 2024 aux consorts A, qui n'ont présenté aucun mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Après avoir, au cours de l'audience du 28 juin 2024, présenté son rapport en présence de M. Ngassaki, greffier d'audience, et en l'absence du préfet de la Région Ile-de-France, préfet de Paris et de M. et Madame A, ou de leurs représentants, dûment convoqués.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Lorsque le juge des référés est saisi d'une demande d'expulsion d'un occupant du domaine public, il lui appartient de rechercher si, au jour où il statue, cette demande présente un caractère d'urgence, d'utilité et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
2. Aux termes de l'article L. 345-1 du code de l'action sociale et des familles : " Bénéficient, sur leur demande, de l'aide sociale pour être accueillies dans des centres d'hébergement et de réinsertion sociale publics ou privés les personnes et les familles qui connaissent de graves difficultés, notamment économiques, familiales, de logement, de santé ou d'insertion, en vue de les aider à accéder ou à recouvrer leur autonomie personnelle et sociale. () Les centres d'hébergement et de réinsertion sociale, dont les conditions de fonctionnement et de financement sont prévues par voie réglementaire, assurent tout ou partie des missions définies au 8° du I de l'article L. 312-1, en vue de faire accéder les personnes qu'ils prennent en charge à l'autonomie sociale. ".
3. Il ressort de l'instruction que M. et Madame A ont fait l'objet de constats répétés de manquements au règlement de l'établissement de Villejuif géré par l'association " MAAVAR " qu'ils occupent depuis le 29 mai 2017, que, par un courrier du 20 mai 2019, leur a été notifiée une décision de fin de prise en charge, motivée par l'hébergement à plusieurs reprises de personnes extérieures, malgré des mises en garde répétées, qu'ils ont refusé un autre hébergement et d'adhérer à l'accompagnement social et individuel qui leur était proposé, qu'ils refusent de quitter les lieux, qu'ils perçoivent des revenus conséquents et qu'une mise en demeure de quitter les lieux leur a été notifiée le 21 mars 2024.
4. Il résulte de ce qui précède que M. et Madame A se maintiennent dans un lieu d'hébergement sans droit ni titre. La mesure d'expulsion sollicitée par le préfet ne se heurte donc à aucune contestation sérieuse.
5. En outre, et comme le fait valoir, sans être contesté, le préfet de la Région Ile-de-France, préfet de Paris, le centre d'hébergement et de réinsertion sociale de Villejuif, géré par l'association " MAAVAR " est occupé à 100 % et il est nécessaire de pouvoir en libérer des places pour accueillir des personnes ayant besoin d'un hébergement. En effet, les personnes qui se maintiennent dans les lieux alors qu'elles n'y ont plus le droit compromettent le fonctionnement normal de l'organisme effectuant l'hébergement en ne permettant pas à ce dernier d'assurer l'objectif d'égal accès des usagers. Dans ces conditions, et alors que la mesure d'expulsion sollicitée ne se heurte à aucune contestation sérieuse, il y a lieu de considérer que les conditions d'urgence et d'utilité sont remplies.
6. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre à M. et Madame A de libérer dans un délai d'une semaine le logement qu'ils occupent sans droit ni titre dans le centre d'hébergement et de réinsertion sociale de Villejuif, géré par l'association " MAAVAR ".
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à M. et Madame A et à tous occupants de leur chef de libérer le logement qu'ils occupent au sein du centre d'hébergement et de réinsertion sociale de Villejuif (Val-de-Marne), géré par l'association " MAAVAR ".
Article 2 : En l'absence de départ volontaire de M et Madame A dans le délai d'une semaine, le préfet de la Région Ile-de-France, préfet de Paris, pourra procéder à l'évacuation forcée des lieux avec le concours de la force publique et prendre les mesures nécessaires pour faire enlever, aux frais et risques de l'intéressée, les biens meubles qui se trouveraient dans les lieux.
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Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et Madame D A, à l'association " MAAVAR " et au préfet de la Région Ile-de-France, préfet de Paris.
Fait à Melun le 18 juillet 2024.
Le juge des référés,Le greffier
Signé : M. C : G. NGASSAKI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2406975