Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2407023
jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2407023 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 juin 2024, Mme B A, représentée par
Me Moulai, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article
L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une convocation pour un rendez-vous en vue de la délivrance d'un certificat de résidence algérien l'autorisant à travailler, ou de lui délivrer un récépissé, dans le délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à venir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition tenant à l'urgence est présumée remplie, alors en outre que l'impossibilité dans laquelle elle se trouve d'obtenir un récépissé ou un titre de séjour bloque la remise de ses diplômes et relevés de notes et risque d'empêcher sa réinscription ;
- elle a entamé les démarches pour l'obtention de son titre de séjour " étudiant " dans les délais impartis, avant l'expiration de son visa portant la même mention, tandis que l'ensemble de ses tentatives de contact ont échoué ;
- la mesure sollicitée est utile et ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juin 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que la demande présentée par Mme A est en cours d'instruction et qu'une attestation de prolongation d'instruction a été mise à sa disposition.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Letort, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
2. Il résulte de l'instruction que Mme A, ressortissante algérienne née le
18 novembre 2003 à Melkla (Algérie), entrée en France le 7 mars 2023 sous couvert d'un visa long séjour mention " étudiant " valable jusqu'au 25 mai suivant, a présenté le 18 mai 2023 une demande de certificat de résidence portant la même mention, sur la plateforme " Administration Numérique des Etrangers en France " (ANEF), clôturée selon l'affirmation de la requête. En conséquence, Mme A a présenté une nouvelle demande de titre de séjour le 22 décembre 2023, et a bénéficié d'une attestation de prolongation d'instruction arrivée à expiration le 17 avril 2024. Mme A demande qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de la convoquer en vue de la délivrance du certificat de résidence sollicité, ou d'un récépissé.
3. Toutefois, d'une part, la préfète du Val-de-Marne fait valoir que la demande de titre de séjour présentée par Mme A le 22 décembre 2023 est toujours en cours d'instruction, et que dans l'attente de son traitement, une attestation de prolongation de l'instruction de cette demande a été mise à la disposition de la requérante, valable jusqu'au 10 septembre 2024. En conséquence, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de remettre à Mme A un récépissé. D'autre part, il n'appartient pas au juge des référés, dont les ordonnances présentent un caractère provisoire, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de délivrer à Mme A le titre de séjour sollicité, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
4. Il résulte de ce qui précède qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions présentées par Mme A sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Sur les frais de justice :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions présentées par Mme A sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Article 2 : L'Etat versera à Mme A une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.
La juge des référés,
Signé : C. Letort
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,