Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2407070

mercredi 3 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2407070
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 10, 11, 17, 20,

25 juin ainsi que le 3 juillet 2024, M. A C demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, dans le dernier état de ses écritures, de suspendre l'exécution de la décision du 17 avril 2024 par laquelle l'université Paris-Est Créteil a prononcé son exclusion définitive.

Il soutient que :

- la condition tenant à l'urgence est remplie dès lors que son exclusion définitive entraîne l'interruption de ses études, la perte des avantages financiers liés à son statut d'étudiant et compromet ses perspectives d'avenir dès lors qu'elle figure dans son dossier scolaire ;

- la décision litigieuse le prive de la possibilité de se présenter à la session de rattrapage des examens de troisième année, prévue de fin juin à début juillet, et l'empêche de réaliser son stage de fin d'études programmé du 15 juin au 30 septembre ;

- la sanction prononcée à son encontre est entachée d'une erreur manifeste de l'appréciation de sa situation personnelle, alors que, contrairement à l'affirmation de l'université, il n'était plus inscrit en double licence depuis le 15 avril 2024 ;

- il réfute avoir proféré des menaces envers Mme B, qu'il a simplement avertie qu'il allait rapporter les violences qu'il a subies lors de l'altercation ;

- il conteste également avoir porté un coup de poing au visage de Mme B, les gifles qu'il lui a infligées ayant été une réaction à une agression physique de la part de cette dernière ;

- les griefs d'autres étudiants sur son attitude difficile et hostile ne lui ont jamais été directement exprimés, alors en outre qu'il a multiplié depuis le début de l'année les initiatives en faveur du bien-être de sa promotion ;

- il a respecté les consignes de la professeure responsable de l'exposé en formant

un groupe avec deux étudiantes, l'une d'elles ayant décidé seule d'y intégrer Mme B sans son accord, c'est pourquoi il a obtenu l'accord des membres de ce groupe pour la remplacer par une autre étudiante ;

- il a activement cherché à apaiser la situation en recherchant une médiation, en présentant ses excuses auprès de Mme B ainsi que des regrets au cours de la procédure disciplinaire ;

- la sanction prononcée à son encontre est disproportionnée, alors que la commission disciplinaire a ignoré la responsabilité de Mme B dans l'escalade de la violence ainsi que son intention initiale de résoudre le litige à l'amiable ;

- l'intérêt de l'établissement justifiant la sanction prononcée à son encontre n'est pas démontré dès lors qu'aucun autre incident n'est intervenu depuis l'altercation en cause et que son dossier disciplinaire était vierge.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation :

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Letort, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée () ".

2. Si les ordonnances par lesquelles le juge des référés fait usage de ses pouvoirs de juge de l'urgence sont exécutoires et, en vertu de l'autorité qui s'attache aux décisions de justice, obligatoires, elles sont, compte tenu de leur caractère provisoire, dépourvues de l'autorité de chose jugée. Il en résulte que la circonstance que le juge des référés a rejeté une première demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne fait pas obstacle à ce que le même requérant saisisse ce juge d'une nouvelle demande ayant le même objet, notamment en soulevant des moyens ou en faisant valoir des éléments nouveaux, alors même qu'ils auraient pu lui être soumis dès sa première saisine.

3. M. C, inscrit en troisième année de licence Médiation Culturelle au sein de l'université Paris Est Créteil au titre de l'année universitaire 2023-2024, a eu le

12 décembre 2023 une altercation avec Mme B, étudiante. Par un arrêté du

18 décembre 2023, le président de l'université a interdit l'accès des locaux au requérant pour une durée de trente jours. Par une décision du 17 avril 2024, la section disciplinaire de l'université a prononcé à l'encontre de M. C une sanction disciplinaire d'exclusion définitive de l'université. Par une ordonnance n° 2405048 du 31 mai 2024, le juge des référés de ce tribunal a rejeté la requête présentée par le requérant sur le fondement de l'article

L. 521-1 du code de justice administrative. M. C demande de nouveau la suspension de l'exécution de la décision du 17 avril 2024.

4. Il résulte de l'instruction que pour rejeter la première requête présentée par

M. C tendant à la suspension de l'exécution de la décision du 17 avril 2024, par laquelle l'université Paris Est Créteil a prononcé l'exclusion définitive du requérant, la juge des référés s'est fondée sur le fait qu'aucun des moyens soulevés par cette requête n'était de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de cette décision. Dans un tel contexte, les moyens soulevés par M. C à l'encontre de la même décision, dans le cadre de la présente requête, ne sont pas davantage, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux sur sa légalité.

5. Il résulte de ce qui précède que la nouvelle requête présentée par M. C doit être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Copie en sera adressée à l'Université Paris-Est Créteil.

La juge des référés,

Signé : C. Letort

La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,