Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2407184
vendredi 5 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2407184 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 juin 2024, Madame D A C épouse B, représentée par Me Blandeau, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète de Seine-et-Marne de lui délivrer une convocation pour le dépôt de sa demande de titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir,
2°) de mettre à la charge de l'Etat (préfet de Seine-et-Marne) une somme de 1.500 euros en application des articles L 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que, de nationalité mauricienne, elle est titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle de deux ans, valable jusqu'au 19 mai 2024, qu'elle a été prise en charge par une association en raison de violences conjugales, qu'elle a cherché à prendre rendez-vous pour en demander le renouvellement auprès de la sous-préfecture de Torcy (Seine-et-Marne), qu'elle ne peut le faire sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France car l'adresse électronique de liaison est celle de son ancien conjoint, auteur des violences, qui refuse de les lui communiquer, que le service technique de l'Agence nationale des titres sécurisés n'a pas été en mesure de trouver une solution, qu'elle a alors transmis sa demande par courrier les services de la sous-préfecture de Torcy, qui n'ont pas répondu, que la condition d'urgence car elle a demandé le renouvellement de son titre de séjour est satisfaite et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 juin 2024, le préfet de Seine-et-Marne conclut au non-lieu à statuer, une attestation de prolongation d'instruction ayant été mise à sa dispositions valable jusqu'au 17 septembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Madame D A C, ressortissant mauricienne née le 28 juillet 1978 à Port-Louis, entrée en France le 31 janvier 2021 muni d'un visa portant la mention " vie privée et familiale " délivré par les services consulaires français dans cette ville, a été titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle de deux ans, délivrée par le préfet de Seine-et-Marne et valable jusqu'au 19 mai 2024, en qualité de conjoint de français. Victime de violences, elle a dû quitter le domicile conjugal et a été prise en charge par une association. A l'approche de l'échéance de son titre, elle n'a pas été en mesure de déposer sa demande sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, son conjoint lui refusant l'accès à ses courriers électroniques. Elle a saisi le service technique de l'Agence nationale des titres sécurisés de ce problème à plusieurs reprises à partir de janvier 2024 sans obtenir de réponse. Elle a ensuite envoyé une demande de rendez-vous en sous-préfecture de Torcy (Seine-et-Marne) le 6 mai 2024 sans obtenir non plus de réponses. Elle a déposé plainte contre son conjoint le 4 juin 2024. Elle demande donc au juge des référés, par sa requête enregistrée le 13 juin 2024, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer une convocation pour le dépôt de sa demande de titre de séjour. Postérieurement à sa requête, soit le 18 juin 2024, le préfet de Seine-et-Marne a mis à disposition de l'intéressée une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 17 septembre 2024, la demande de renouvellement du titre de séjour de l'intéressée ayant été finalement enregistrée le 12 juin 2024.
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Ainsi, qu'il l'a été dit au point 1, le préfet de Seine-et-Marne a mis à disposition de l'intéressée une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 17 septembre 2024. Dans ces conditions, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de
Madame A C présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Sur les frais de justice :
4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfet de Seine-et-Marne) une somme de 1.500 euros à verser à Madame D A C en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de
Madame A C présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Article 2 : L'Etat (préfet de Seine-et-Marne) versera une somme de 1.500 euros à Madame A C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame D A C épouse B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera communiquée au préfet de Seine-et-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,