Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2407234

mardi 23 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2407234
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 juin 2024, Mme B A, représentée par Me Montagnier, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 30 avril 2024 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a prononcé la suspension de son permis de conduire pour une durée de neuf mois ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

-la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative est remplie, dès lors que la décision en litige l'empêche d'exercer son activité professionnelle de conductrice de poids lourds et la prive ainsi de la seule ressource financière lui permettant de subvenir à ses besoins ;

-il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige pour les raisons exposées dans sa requête en annulation de cette décision, à laquelle elle fait expressément référence.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juin 2024, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

-la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas remplie ;

-aucun des moyens dont il est fait état n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.

Vu :

-la requête n° 2407239 tendant à l'annulation de la décision dont la suspension de l'exécution est demandée ;

-les autres pièces du dossier.

Vu :

-le code de la route ;

-le code des relations entre le public et l'administration ;

-l'arrêté du 13 décembre 2016 fixant les modalités du dépistage des substances témoignant de l'usage de stupéfiants, et des analyses et examens prévus par le code de la route et abrogeant l'arrêté du 5 septembre 2001 modifié fixant les modalités du dépistage des substances témoignant de l'usage de stupéfiants, et des analyses et examens prévus par le code de la route ;

-le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Les parties ont été régulièrement informées de la date et de l'heure de l'audience publique.

Au cours de cette audience, tenue le 3 juillet 2024 à 10h00 en présence de Mme Aubret, greffière d'audience, ont été entendus :

-le rapport de M. Zanella ;

-et les observations de Me Georges Giorbia, représentant Mme A, présente, qui a conclu aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".

2. À l'appui de ses conclusions à fin de suspension de l'exécution, sur le fondement des dispositions citées au point précédent, de l'arrêté du 30 avril 2024 par lequel le préfet de

Seine-et-Marne a, en application de l'article L. 224-2 du code de la route, prononcé la suspension de son permis de conduire pour une durée de neuf mois, Mme A fait valoir, par référence aux moyens exposés dans sa requête en annulation, que cet arrêté a, en premier lieu, été pris par une autorité incompétente pour ne pas avoir reçu de délégation devenue exécutoire du préfet de

Seine-et-Marne à l'effet de le signer, est, en deuxième lieu, intervenu au terme d'une procédure de dépistage salivaire irrégulière, dès lors que, d'une part, le prélèvement de sa salive n'a pas été effectué par elle-même mais par un agent de police judiciaire, en méconnaissance des dispositions de l'article 7 de l'arrêté du 13 décembre 2016 visé ci-dessus, d'autre part, le test salivaire utilisé ne satisfaisait pas aux exigences de l'article 3 du même arrêté, est, en troisième lieu, insuffisamment motivé et est, en dernier lieu, disproportionné, en ce qu'il emporte des conséquences d'une exceptionnelle gravité pour sa vie professionnelle et personnelle.

3. En l'état de l'instruction, aucun de ces moyens n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative, que la requête de Mme A doit être rejetée, y compris ses conclusions relatives aux frais liés au litige.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée pour information au préfet de Seine-et-Marne.

Fait à Melun, le 23 juillet 2024.

Le juge des référés,La greffière,

Signé : P. ZanellaSigné : S. Aubret

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,