Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2407445

mardi 23 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2407445
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 juin 2024, Mme B A épouse C, représentée par Me Coutaz, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite de rejet résultant du silence gardé pendant six mois par la préfète du Val-de-Marne sur sa demande de regroupement familial ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de statuer expressément sur cette demande dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juillet 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer ou, subsidiairement, au rejet de la requête.

Par un mémoire, enregistré le 3 juillet 2024, Mme A conclut au non-lieu à statuer sur ses conclusions à fin de suspension et maintient ses conclusions relatives aux frais liés au litige.

Vu :

-la requête n° 2407461 tendant à l'annulation de la décision dont la suspension de l'exécution est demandée ;

-les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Les parties ont été régulièrement informées de la date et de l'heure de l'audience publique.

Au cours de cette audience, tenue le 3 juillet 2024 à 10h00 en présence de Mme Aubret, greffière d'audience, ont été entendus :

-le rapport de M. Zanella, juge des référés, qui a informé les parties, en application des articles R. 522-9 et R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que l'ordonnance à intervenir était susceptible d'être fondée sur un moyen relevé d'office, tiré de la tardiveté et, par suite, de l'irrecevabilité de la requête en annulation de la décision implicite de rejet en litige, dès lors que l'intéressée a été clairement informée des conditions de naissance de cette décision par l'attestation de dépôt de dossier que les services de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui ont délivrée le 1er août 2022 et qu'elle n'a présenté ladite requête que le 19 juin 2024, soit au-delà du délai raisonnable de recours ;

-et les observations de Me El Assaad, représentant la préfète du Val-de-Marne, qui a conclu aux mêmes fins que le mémoire en défense, par les mêmes motifs.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fin de suspension présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative et les conclusions accessoires aux fins d'injonction et d'astreinte :

1. Il résulte de l'instruction que, postérieurement à l'introduction de l'instance, la préfète du Val-de-Marne a finalement fait droit à la demande de regroupement familial de Mme A par une décision expresse du 24 juin 2024 qui s'est substituée à la décision implicite de rejet en litige. Par suite, les conclusions de la requérante tendant à la suspension de l'exécution de cette décision sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont, de même, par conséquent, que ses conclusions accessoires aux fins d'injonction et d'astreinte, devenues sans objet.

Sur les frais liés au litige :

2. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

3. Dès lors qu'il résulte de l'instruction que Mme A a été clairement informée des conditions de naissance de la décision implicite de rejet en litige par l'attestation de dépôt de dossier que les services de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui ont délivrée le 1er août 2022 et qu'elle n'a présenté sa requête n° 2407461 tendant à l'annulation de cette décision que le 19 juin 2024, soit au-delà du délai raisonnable de recours, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme à la charge de l'État au titre des dispositions citées au point précédent.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de suspension et les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par Mme A.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A épouse C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée pour information à la préfète du Val-de-Marne.

Fait à Melun, le 23 juillet 2024.

Le juge des référés,La greffière,

Signé : P. ZanellaSigné : S. Aubret

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,