Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2407483

mardi 23 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2407483
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 19 et 28 juin 2024, M. A B, représenté par Me Bezie, demande, dans le dernier état de ses écritures, au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 16 avril 2024 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) lui a refusé la délivrance d'une carte professionnelle ;

2°) d'enjoindre au CNAPS de lui délivrer une carte professionnelle provisoire dans un délai de quinze jours à compter du prononcé de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 120 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

-la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative est remplie, dès lors que, du fait du non-renouvellement de sa carte professionnelle, il ne peut plus ni occuper ses emplois ou trouver un autre emploi dans son domaine de qualification, ni bénéficier, parce que ses contrats de travail n'ont pas été rompus mais suspendus, de l'allocation d'assurance chômage, et se trouve ainsi privé de tout revenu donc dans l'impossibilité de subvenir à ses besoins et de payer la pension alimentaire dont il est redevable ;

-il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige pour les raisons suivantes :

*cette décision a été prise par une autorité incompétente ;

*elle est intervenue au terme d'une procédure irrégulière, dès lors que : d'une part, il n'est pas établi que l'agent du CNAPS qui a consulté le traitement des antécédents judiciaires dans le cadre de l'enquête administrative l'ayant précédée avait été dûment habilité à cet effet ; d'autre part, la procédure contradictoire préalable prévue à l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration n'a pas été respectée ;

*elle est entachée d'une " erreur manifeste d'appréciation " de son comportement ou de ses agissements au regard de la condition prévue au 2° de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2024, le CNAPS conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

-la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas remplie ;

-aucun des moyens dont il est fait état n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.

Vu :

-la requête n° 2407490 tendant à l'annulation de la décision dont la suspension de l'exécution est demandée ;

-les autres pièces du dossier.

Vu :

-le code de la sécurité intérieure ;

-le code des relations entre le public et l'administration ;

-le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Les parties ont été régulièrement informées de la date et de l'heure de l'audience publique.

Au cours de cette audience, tenue le 3 juillet 2024 à 10h00 en présence de Mme Aubret, greffière d'audience, ont été entendus :

-le rapport de M. Zanella ;

-et les observations de Me Bezie, représentant M. B, présent, qui a conclu aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".

2. M. B, qui était titulaire d'une carte professionnelle valable jusqu'au 29 mars 2024, s'est vu refuser le renouvellement de cette carte par une décision du directeur du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) en date du 16 avril 2024. Sa requête tend, à titre principal, à la suspension de l'exécution de cette décision sur le fondement des dispositions citées au point précédent.

3. Eu égard, en particulier, d'une part, à la circonstance qu'il résulte des termes mêmes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration que la procédure contradictoire préalable obligatoire instituée par les dispositions de cet article n'est pas applicable aux décisions statuant sur une demande, y compris une demande de délivrance ou de renouvellement de la carte professionnelle, d'autre part, à la nature et à la gravité ainsi qu'à la faible ancienneté des faits de violence retenus par le directeur du CNAPS pour estimer que le requérant ne remplissait pas la condition d'exercice d'une activité privée de sécurité prévue au 2° de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure, aucun des moyens analysés ci-dessus dans les visas de la présente ordonnance n'est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative, que la requête de M. B doit être rejetée, y compris ses conclusions accessoires aux fins d'injonction et d'astreinte et celles relatives aux frais liés au litige.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au Conseil national des activités privées de sécurité.

Fait à Melun, le 23 juillet 2024.

Le juge des référés,La greffière,

Signé : P. ZanellaSigné : S. Aubret

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,