Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2407545

mercredi 26 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2407545
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 20 et 24 juin 2024, Mme C A B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un nouveau récépissé de sa demande de renouvellement de titre de séjour ou de la convoquer en vue du retrait de son nouveau titre de séjour dans un délai maximum de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juin 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer ou, subsidiairement, au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Les parties ont été régulièrement informées de la date et de l'heure de l'audience publique.

Au cours de cette audience, tenue le 25 juin 2024 à 14h00 en présence de Mme Dusautois, greffière d'audience, ont été entendus :

-le rapport de M. Zanella, juge des référés ;

-et les observations de Me Kerkeni, représentant la préfète du Val-de-Marne, qui a conclu aux mêmes fins que le mémoire en défense, par les mêmes motifs, en précisant que le nouveau récépissé de la demande de renouvellement de titre de séjour de la requérante avait été envoyé à celle-ci par lettre simple.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".

2. Mme A B, qui est de nationalité brésilienne, a déposé une demande de renouvellement de titre de séjour en préfecture le 21 novembre 2023 et s'est vu remettre à cette occasion un récépissé de cette demande valable jusqu'au 21 juin 2024. Sa requête tend, à titre principal, à ce qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne, sur le fondement des dispositions citées au point précédent, de renouveler ce document provisoire ou de la convoquer à un

rendez-vous pour la remise de son nouveau titre de séjour.

Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée par la préfète du Val-de-Marne :

3. Si la préfète du Val-de-Marne produit une copie d'un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour autorisant Mme A B à séjourner en France et à y exercer une activité professionnelle du 19 juin au 18 septembre 2024, il ne résulte pas de l'instruction qu'à la date de la présente ordonnance, l'intéressée ait effectivement été munie d'un tel document. Il s'ensuit que sa requête n'est pas devenue sans objet et que l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense ne saurait, dès lors, être accueillie.

Sur les conclusions de la requête de Mme A B :

4. D'une part, il résulte des dispositions de la section 5 du chapitre I du titre III du livre IV de la partie réglementaire du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le document provisoire susceptible d'être délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour, qu'il s'agisse du récépissé prévu à l'article R. 431-12 ou de l'attestation de prolongation d'instruction prévue au deuxième alinéa de l'article R. 431-15-1, n'a d'autre objet que d'autoriser son détenteur à séjourner sur le territoire français ainsi que, dans certains cas, à y exercer une activité professionnelle durant l'instruction de sa demande et que, dès lors, un étranger n'a le droit d'obtenir la délivrance ou le renouvellement d'un tel document par l'autorité administrative qu'aussi longtemps qu'il n'a pas été statué, expressément ou implicitement, sur sa demande de titre de séjour.

5. D'autre part, aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ". Aux termes du premier alinéa de l'article

R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. ".

6. En application des dispositions citées au point précédent, le silence gardé pendant quatre mois par la préfète du Val-de-Marne sur la demande de renouvellement de titre de séjour mentionnée au point 2 a fait naître une décision implicite de rejet de cette demande le 21 mars 2024. Il s'ensuit, eu égard à ce qui a été dit au point 4, que, depuis cette date,

Mme A B ne bénéficie plus du droit de se voir remettre un nouveau récépissé de la demande en cause. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir que la préfète du

Val-de-Marne aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, y compris à la liberté d'aller et venir dont elle se prévaut, en s'abstenant de la munir d'un tel document provisoire après ladite date.

7. La requérante n'est pas davantage fondée à soutenir, dès lors qu'il a été dit au point précédent que sa demande de renouvellement de titre de séjour du 21 novembre 2023 a été implicitement rejetée, que la préfète du Val-de-Marne aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale en ne la convoquant pas à un rendez-vous en préfecture pour la remise d'un nouveau titre de séjour.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A B doit être rejetée, y compris ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée pour information à la préfète du Val-de-Marne.

Fait à Melun, le 26 juin 2024.

Le juge des référés,La greffière,

Signé : P. ZanellaSigné : O. Dusautois

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,