Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2407660

vendredi 19 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2407660
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 juin 2024, M. B A, représenté par Me Gozlan, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de procéder à l'examen de sa demande de renouvellement de son titre de séjour et de procéder au renouvellement de son récépissé, à défaut, de procéder au transfert de sa demande de renouvellement de titre de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- il est entré régulièrement en France en qualité de conjoint de français ; il a obtenu la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " le 6 novembre 2020 valable jusqu'au 5 novembre 2022 ; il en a sollicité le renouvellement auprès de la préfecture de police de Paris, où il résidait alors ; ayant changé d'adresse, la préfecture de police de Paris l'a informé qu'elle n'était plus compétente et qu'elle allait procéder au transfert de son dossier dans le Val-de-Marne ; le 13 décembre 2023, son conseil s'est enquit de l'état d'avancement de son dossier auprès de la préfecture du Val-de-Marne et de la préfecture de police de Paris ; cette dernière lui a répondu défavorablement, alors que la préfecture du Val-de-Marne s'est abstenue de toute réponse ;

- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'il sollicite le renouvellement de son titre de séjour, que la carence des préfectures le place dans une situation irrégulière et précaire, ayant des conséquences sur sa situation financière, professionnelle, l'empêche de subvenir aux besoins de sa famille et l'expose à un risque d'éloignement à tout moment ;

- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ;

- elle est utile pour la préservation de ses droits.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Il ressort des écritures et des pièces jointes à la requête que M. A, résidant alors à paris, a pu effectivement présenter sa demande de renouvellement de son titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " auprès de la préfecture de police le 17 novembre 2022 ainsi qu'il résulte du récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour versé au dossier. En vertu des dispositions combinées des articles R. 431-12, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et à défaut de décision explicite prise dans ce délai, cette demande doit être regardée comme ayant été implicitement rejetée à l'issue d'un délai de quatre mois. Par suite, les demandes de M. A tendant à ce que l'autorité préfectorale statue sur sa demande de titre de séjour ou renouvelle son récépissé de demande de renouvellement de son titre de séjoursont de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision implicite de rejet. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. A doivent en conséquence être rejetées.

3. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions que M. A présente sur leur fondement à l'encontre de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Melun, le 19 juillet 2024

La juge des référés,

Signé : C. Ledamoisel

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,