Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2407729
mardi 23 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2407729 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 juin 2024, M. B A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui donner un rendez-vous, dans un délai de quinze jours, afin de déposer sa demande de renouvellement de son titre de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
M. B A soutient que :
- il se connecte régulièrement sur le site de l'ANEF pour tenter de prendre un rendez-vous en vue du renouvellement de sa carte de séjour, en vain ; la préfecture ne répond ni à ses mails ni à ses lettres, si à ses appels téléphoniques ;
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il est apatride et sous protection de l'Ofpra, qu'il est âgé de 67 ans, qu'il est malade sans droits sociaux ni ressources et est hébergé à titre gratuit avec l'aide familiale et de compatriote
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".
2. Aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. () ".
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
4. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que si l'étranger établit n'avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l'occasion de plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.
5. En l'espèce, M. B A, de nationalité vietnamienne, fait valoir qu'il est sous la protection de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides depuis 1977 et qu'il ne parvient pas à obtenir un rendez-vous à la préfecture de Seine-et-Marne pour déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour. Toutefois, il produit la copie d'une carte de séjour de réfugié dont la période de validité a expiré en 1993. M. B A n'apporte ne justifie par aucune pièce la réalité de sa situation personnelle, et plus particulièrement son état de santé. Il ne justifie pas de la réalité de ses tentatives de connexion au site de l'ANEF ni des mails, lettres ou appels téléphoniques qu'il soutient avoir adressés, la production de la copie d'un accusé de réception d'un courrier adressé à la préfecture le 15 mars 2024 étant insuffisante à cet égard.
6. Par suite, M. B A ne justifie d'aucune situation d'urgence qui justifierait que le juge des référés ordonne des mesures conservatoires sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Il y a en conséquence lieu de rejeter sa requête.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera transmise à préfet de Seine-et-Marne.
Fait à Melun, le 23 juillet 2024.
La juge des référés,
Signé : C. Ledamoisel
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,