Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2407748

vendredi 19 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2407748
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 juin 2024, M. B A, représenté par Me Keddouri, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui donner un rendez-vous pour le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " salarié ", dans un délai de 48 heures suivant l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

2°) de condamner l'Etat au paiement d'une somme de 2 000 euros au titre de dommages et intérêts ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- il est entré en France le 26 août 2015 à l'âge de 19 ans muni d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant " et s'y est maintenu depuis cette date ; après ses études, il a obtenu en mai 2021 une autorisation provisoire de séjour valable six mois pour pouvoir bénéficier d'une formation professionnelle de haut niveau ; il a ainsi bénéficié d'un premier contrat de travail ; il a obtenu le renouvellement de cette autorisation provisoire de séjour sur ordonnance du tribunal administratif du 18 février 2022 ; il a été mis en possession d'une carte de séjour portant la mention " salarié " le 12 octobre 2022 valable jusqu'au 11 octobre 2023 ; le 17 juillet 2023, il a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour et une attestation justificative de régularité de séjour lui a été délivrée ; le 17 juin 2023, un récépissé valable six mois lui a été remis ; en mai 2024, il a sollicité le renouvellement de ce document, sans obtenir de réponse ;

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il sollicite le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " salarié ", qu'il a procédé à cette démarche il y a plus de huit mois, que le récépissé qui lui a été délivré est parvenu à expiration, qu'il se retrouve pour la seconde fois consécutive sans emploi et que sa situation professionnelle est donc en péril, qu'il est exposé à des difficultés financières ;

- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ;

- il subit des préjudices de santé mentale et financiers du fait des carences de l'administration ;

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. D'une part, il ne relève pas de l'office du juge des référés statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative de connaître de conclusions tendant à l'octroi de dommages et intérêts en réparation de préjudices. Les conclusions présentées à cette fin ne peuvent en conséquence qu'être rejetées.

3. D'autre part, il ressort des écritures et des pièces jointes à la requête que M. A a pu effectivement présenter sa demande de renouvellement du titre de séjour portant la mention " salarié " dont il est titulaire le 17 juillet 2023. En vertu des dispositions combinées des articles R. 431-12, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et à défaut de décision explicite prise dans ce délai, cette demande doit être regardée comme ayant été implicitement rejetée par la préfète du Val-de-Marne à l'issue d'un délai de quatre mois. Par suite, la demande de rendez-vous en préfecture pour le dépôt de cette demande de titre de séjour ne revêt le caractère d'aucune utilité et la demande de délivrance d'un récépissé est de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision implicite de rejet. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. A doivent en conséquence être rejetées.

4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions que M. A présente sur leur fondement à l'encontre de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A.

Fait à Melun, le 19 juillet 2024.

La juge des référés,

Signé : C. Ledamoisel

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,