Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2407762
mercredi 3 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2407762 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 juin 2024, M. B A, représenté par Me Bonacina Lhommet, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction l'autorisant à travailler et à voyager en-dehors de l'espace Schengen, dans un délai de deux jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne toute mesure nécessaire ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la situation dans laquelle il est maintenu porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au travail ainsi qu'à sa liberté d'aller et venir, alors qu'en vertu de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète est tenue de mettre à sa disposition une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de titre l'autorisant à travailler ;
- sa demande de renouvellement a été déposée avec l'ensemble des pièces justificatives requises, mais seule une attestation de dépôt en ligne lui a été fournie, malgré ses démarches ;
- employé sous contrat à durée indéterminée en qualité de Data Services Team Manager par la société Euronext Technologies, il a été mis en demeure de justifier de la régularité de son séjour par son employeur, qui l'a informé qu'à défaut son contrat serait suspendu à compter du 1er juillet, et qu'à l'expiration d'un délai de huit jours, il serait licencié.
La requête a été communiquée le 26 juin 2024 à la préfète du Val-de-Marne, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Letort, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 28 juin 2024 à 14h00 en présence de
Mme Dusautois, greffière d'audience, ont été entendus :
- le rapport de Mme Letort ;
- et les observations de Me Bonacina Lhommet, représentant M. A, absent, qui soutient en outre que son employeur insiste depuis le mois de février sur le besoin de justifier de la régularité de son séjour, qu'il doit voyager pour son travail et a dû rater plusieurs rendez-vous professionnels, et qu'au moment du dépôt de sa demande de renouvellement, il a rencontré des difficultés avec ANEF, sans avoir pensé à effectuer des captures d'écran pour en justifier aujourd'hui.
La préfète du Val-de-Marne n'était ni présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion
d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de
quarante-huit heures ".
2. D'autre part, aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Selon l'article R. 432-2 de ce code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de
quatre mois.
3. M. A, ressortissant canadien né le 27 juin 1971 à Smooth Rocks Falls (Canada), entré le 7 février 2007 en France, a disposé en dernier lieu d'une carte de résident délivrée le 9 février 2014. Le 16 janvier 2024, le requérant a présenté une demande de renouvellement de ce titre de séjour, sans avoir été destinataire d'une attestation de prolongation d'instruction à l'expiration de son précédent titre. M. A demande, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une telle attestation.
4. Toutefois, à défaut de décision expresse sur la demande présentée par M. A le 16 janvier 2024, il ressort des dispositions précitées des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la préfète du Val-de-Marne doit désormais être regardée comme ayant fait pris une décision implicite de rejet de cette demande, susceptible, le cas échéant, d'une requête en référé suspension présentée sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Par conséquent, les conclusions présentées par M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du même code doivent être rejetées, ainsi, par voie de conséquence, que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.
La juge des référés,
Signé : C. LetortLa greffière,
Signé : O. Dusautois
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,