Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2407849

vendredi 19 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2407849
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 juin 2024, M. B, représenté par Me Kante, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne d'examiner sa demande de titre de séjour dans un délai maximum de deux mois, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ou un récépissé de demande de carte de séjour, sans délai et sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- il est réfugié politique ; il a demandé le renouvellement de la carte de séjour dont il est titulaire à ce titre le 6 septembre 2023 ; il a été muni d'un récépissé valable du 6 septembre 2023 au 5 mars 2024 ; il a sollicité le renouvellement de ce récépissé le 26 mars 2024 ; cette démarche est restée vaine et aucun titre de séjour ne lui a été remis, alors que seul l'Office français de protection des réfugiés et apatrides est compétent pour lui retirer la protection subsidiaire dont il bénéficie ;

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il sollicite le renouvellement de sa carte de séjour, qu'il bénéficie de la protection subsidiaire et se voit privé de ses droits et placé en situation irrégulière ; il risque d'être licencié et ne peut plus faire face aux dépenses courantes de logement ; il est porté atteinte à sa liberté de circulation ;

- la mesure sollicitée est utile pour la préservation de ses droits ;

- elle ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Il ressort des écritures et des pièces jointes à la requête que M. A a pu effectivement présenter sa demande de renouvellement de la carte de séjour dont il est titulaire au titre de la protection subsidiaire le 6 septembre 2023 ainsi qu'il résulte du récépissé versé au dossier. En vertu des dispositions combinées des articles R. 431-12, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et à défaut de décision explicite prise dans ce délai, cette demande doit être regardée comme ayant été implicitement rejetée par la préfète du Val-de-Marne à l'issue d'un délai de quatre mois. Par suite, la demande tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne ne procéder à l'examen de la demande de renouvellement du titre de séjour du requérant ne revêt le caractère d'aucune utilité et la demande de délivrance d'un récépissé est de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision implicite de rejet, qui n'a ni pour effet ni pour objet de retirer le bénéfice de la protection subsidiaire de l'intéressé. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. A doivent en conséquence être rejetées.

3. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions que M. A présente sur leur fondement à l'encontre de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A.

Fait à Melun, le 19 juillet 2024.

La juge des référés,

Signé : C. Ledamoisel

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,