Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2407850
vendredi 19 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2407850 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 juin 2024, M. B A, représenté par Me Diabate, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de renouveler son titre de séjour portant la mention " étudiant " dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard et de lui délivrer un récépissé dans l'attente de ce renouvellement ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
- il est entré en France le 9 septembre 2019 sous couvert d'un visa de type D valable du 22 août 2019 au 20 octobre 2020 ; il a été mis en possession d'un premier titre de séjour portant la mention " étudiant " valable du 5 novembre 2020 au 4 novembre 2021 et en a demandé le renouvellement sur le site de l'ANEF le 3 novembre 2021 ; il a été mis en possession de multiples attestations de prolongation d'instruction dont la dernière était valable du 3 février 2023 au 2 mai 2023 ; n'ayant pu se rendre disponible pour se rendre au rendez-vous qui lui avait été fixé pour une prise d'empreinte, son dossier a été clôturé ; il a tenté depuis plusieurs mois à maintes reprises d'effectuer une nouvelle demande de renouvellement de son titre de séjour sur le site de l'ANEF, qui bloque sa demande au motif que son titre de séjour est expiré depuis plus de neuf mois, alors que cette circonstance ne lui est pas imputable ;
- la condition d'urgence est remplie au regard de la durée de son séjour en France, de son inscription en licence 3, du titre de séjour et des attestations de prolongation qui lui ont été délivrés, des multiples tentatives qu'il a vainement effectué pour déposer une nouvelle demande de renouvellement de son titre de séjour, de la situation irrégulière dans laquelle il se trouve placé indépendamment de sa volonté, de l'impossibilité dans laquelle il se trouve d'effectuer le stage requis pas ses études, de la situation d'anxiété dans laquelle il vit, de l'atteinte portée à sa liberté de se déplacer.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. En vertu des articles L. 511-1 et L. 521-3 du code de justice administrative, dont il résulte qu'il ne peut ordonner que des mesures provisoires, le juge des référés ne saurait enjoindre à l'autorité préfectorale de délivrer un titre de séjour à un ressortissant étranger. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées à ce titre ne peuvent en conséquence qu'être rejetées.
3. Il ressort des écritures de M. A a pu effectivement présenter sa demande de renouvellement de titre de séjour portant la mention " étudiant " le 3 septembre 2021 et a bénéficié de plusieurs attestations de prolongation d'instruction. En vertu des dispositions combinées des articles R. 431-12, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et à défaut de décision explicite prise dans ce délai, cette demande doit être regardée comme ayant été implicitement rejetée par la préfète du Val-de-Marne à l'issue d'un délai de trois mois. Si le requérant fait valoir qu'il a depuis vainement tenté de se connecter au site de l'ANEF pour présenter une nouvellement demande de renouvellement de son titre de séjour, il n'apporte aucun élément de nature à établir la réalité de cette allégation. Par suite, la demande de délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction ou d'un récépissé est de nature à faire obstacle à l'exécution de la décision implicite de rejet de sa demande présentée le 3 septembre 2021. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées à ce titre par M. A doivent en conséquence être rejetées.
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions que M. A présente sur leur fondement à l'encontre de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Melun, le 19 juillet 2024
La juge des référés,
Signé : C. Ledamoisel
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,