Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2407905
mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2407905 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 juin 2024, Madame B A, représentée par Me Pasquier, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, et jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa légalité :
1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite de refus de renouvellement du titre de séjour en date du 7 mai 2024 ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne, à titre principal, sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de 48 heures à compter de la notification de la décision à intervenir, et ce, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, en application de l'article L. 911-3 du code de justice administrative, ou à titre subsidiaire, sur le fondement de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, de réexaminer sa demande de titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, et ce, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, en application de l'article L. 911-3 du code de justice administrative ;
3°) de condamner l'Etat (préfète du Val-de-Marne) à lui verser la somme de 2.000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle indique que, de nationalité togolaise, elle est entrée en France le 27 septembre 2020 munie d'un visa d'étudiant, qu'elle a eu des titres de séjour en cette qualité, qu'elle s'est inscrite en 2023 en master 2 de droit des affaires (parcours droit et management des activités maritimes) à l'université d'Aix-Marseille, que son contrat d'alternance se déroulant à Paris, elle a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour le 7 janvier 2024 à la préfecture du Val-de-Marne, que des pièces lui ont été demandées le 30 janvier, qu'elle a produites le jour-même, et que, depuis cette date elle est sans nouvelle de son dossier de sorte qu'une décision implicite de rejet doit être considérée comme lui avoir été opposée, dont elle a demandé la communication des motifs.
Elle soutient que la condition d'urgence est satisfaite car elle a demandé le renouvellement de son titre de séjour, que la décision en cause est illégale car il n'a pas été répondu à sa demande de communication de ses motifs et qu'elle méconnait les dispositions des articles L. 422-1 et L. 433-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 juillet 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer, une attestation de prolongation d'instruction ayant été mise à la disposition de la requérante le 1er juillet 2024 valable trois mois.
Par un mémoire en réplique enregistré le 9 juillet 2024, Madame B A, représentée par Me Pasquier, conclut aux mêmes fins.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Par une requête enregistrée le 18 juin 2024 sous le numéro 2407429, Madame A a demandé l'annulation de la décision contestée.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Après avoir, au cours de l'audience du 10 juillet 2024, présenté son rapport en présence de Madame Nodin, greffière d'audience et entendu
- les observations de Me Koenig, représentant Madame B A, requérante, présente, qui rappelle qu'elle est entrée en France avec un visa d'étudiant, qu'elle a produit les pièces complémentaires réclamées par la préfecture du Val-de-Marne le 30 janvier 2024, qu'il n'en a pas été tenu compte puisque l'adresse qui est mentionnée sur l'attestation de prolongation d'instruction est erronée, qu'elle doit valider sa formation et qu'elle n'a pu le faire depuis le mois de mai et que le document qui lui a été remis ne règle pas son problème, que cette attestation doit dont être prolongée et il est patent que l'instruction de son dossier n'a pas encore débuté ;
- les observations de Me Rahmouni, représentant la préfète du Val-de-Marne, qui maintient ses conclusions tendant au non-lieu.
Considérant ce qui suit :
1. Madame B A, ressortissante togolaise née le 09 juillet 1997 à Lomé, est entrée en France le 27 septembre 2020 muni d'un visa d'étudiant délivré par les autorités consulaires françaises dans cette ville. Un titre de séjour pluriannuel, valable jusqu'au 10 mars 2024, lui a été délivré le 11 novembre 2021 par le préfet du Val d'Oise. Le 7 janvier 2024, elle en a demandé le renouvellement à la préfète du Val-de-Marne, en raison de sa nouvelle adresse à Créteil. Le 30 janvier 2024, des pièces complémentaires lui ont été demandées, qu'elle a produites le jour-même. Elle n'a eu aucune réponse de la préfecture du Val-de-Marne, y compris après l'échéance de son titre de séjour. Son contrat de travail a été suspendu à compter du 11 mars 2024. Considérant s'être vu opposer une décision implicite de rejet à sa demande de titre de séjour, elle en a sollicité la communication des motifs le 4 juin 2024. Par une requête enregistrée le 18 juin 2024, elle a demandé au tribunal d'annuler cette décision implicite de rejet et sollicite du juge des référés, par une requête enregistrée le 28 juin suivant, la suspension de son exécution. Postérieurement à sa requête, soit le 1er juillet 2024, la préfète du Val-de-Marne a mis à la disposition de l'intéressée, sur son compte ouvert sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 30 septembre 2024.
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision "
3. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, la préfète du Val-de-Marne a mis à la disposition de l'intéressée, sur son compte ouvert sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 30 septembre 2024. Dans ces conditions, et dans la mesure où le juge des référés ne peut se prononcer, en application de l'article L. 511-1 du code de justice administrative, que par des mesures " qui présentent un caractère provisoire ", il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Madame A présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Sur les frais irrépétibles :
4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 2.000 euros qui sera versée Madame A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Madame A présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Article 2 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 2.000 euros à Madame A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.
Fait à Melun le 16 juillet 2024.
Le juge des référés,La greffière
Signé : M. C : M. NODIN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2407905