Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2407918

vendredi 5 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2407918
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 juin 2024, Madame B A épouse D

demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre la décision de refus d'autorisation en famille de son fils C qui lui a été opposée par la rectrice de l'académie de Créteil le 3 juin 2024 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2.000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle indique qu'elle a présenté une demande d'instruction en famille de son fils C, sur la base d'un projet pédagogique détaillé et étoffé, que sa demande a été rejetée, qu'elle a fait un recours administratif préalable mais que celui-ci a aussi été rejeté le 3 juin 2024.

Elle soutient que la condition d'urgence est satisfaite car la décision contestée aura un impact négatif sur son enfant compte tenu de son état de santé, ce qui est confirmé par les médecins qui le suivant, et, sur le doute sérieux, que la décision en cause n'est pas motivée en droit comme en fait, que le refus qui lui a été opposé n'est pas expliqué, que le système scolaire n'est pas à même de lui offrir l'enseignement dont il a besoin.

Vu

- la décision attaquée,

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Par une requête enregistrée le 28 juin 2024 sous le numéro 2407968, Madame A a demandé l'annulation de la décision contestée

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 2 juin 2024, la commission de l'académie de Créteil devant laquelle sont formés les recours administratifs préalables obligatoires exercés contre les décision de refus d'autorisation d'instruction dans la famille, a rejeté le recours formé par Madame A contre la décision en date du 2 mars 2024 par laquelle le directeur des services départementaux de l'éducation nationale du Val-de-Marne avait rejeté sa demande d'autorisation d'instruction en famille présentée pour le jeune C A, né le 16 novembre 2014. Par une requête enregistrée le 28 juin 2024, Madame A a demandé au tribunal d'annuler cette décision et sollicite du juge des référés, par une requête du même jour, la suspension de son exécution.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ".

3. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

4. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à suspendre l'exécution des décisions contestées, la requérante soutient qu'il serait établi qu'une scolarisation trop brutale et prématurée de son enfant mettrait en danger son équilibre psychologique, car elle ne pourrait qu'avoir un impact négatif sur son évolution, qui est actuellement en cour d'évaluation pour diverses difficultés, et que les médecins qui le suivent ont considéré que, compte tenu de ses difficultés et de son état de santé actuel, une scolarisation autre qu'à domicile ne pourrait qu'avoir un impact négatif sur lui, cette situation étant renforcée par le fait qu'il n'a connu jusqu'à présent que la scolarisation à domicile.

5. Il résulte toutefois de l'instruction que la requête n°2407968 par laquelle la requérante a demandé l'annulation de la décision attaquée, est inscrite au rôle de l'audience du 28 août 2024 de la 4ème chambre du présent tribunal. Dès lors, les circonstances invoquées ne sont pas de nature à justifier de l'urgence qui s'attacherait à la suspension immédiate des effets de la décision attaquée.

6. Dans ces conditions, en l'absence d'urgence, et sans qu'il soit besoin d'examiner s'il existe, au regard des moyens invoqués, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, il y a lieu, en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, de rejeter les conclusions à fin de suspension présentées par Madame B A, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fin d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire, à fin d'injonction et celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Madame A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame B A

épouse D et à la rectrice de l'académie de Créteil.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,