Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2408040

lundi 22 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2408040
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 juillet 2024, complétée le 10 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Bechieau, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, après l'avoir admis à l'aide juridictionnelle provisoire :

1°) d'assortir l'injonction de délivrance d'une autorisation provisoire de séjour prononcée par l'ordonnance du 13 mai 2024 d'une astreinte de 300 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 1 500 euros à verser à son conseil, en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, condamner le préfet du Val de Marne à lui verser cette somme.

Elle indique que la préfète du Val-de-Marne n'a pas exécuté l'ordonnance du juge des référés du 13 mai 2024 dès lors qu'il ne lui a été remis aucun récépissé de demande de titre de séjour.

La requête a été communiquée le 2 juillet 2024 à la préfète du Val-de-Marne qui n'a présenté aucun mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu

- le code des juridictions financières ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 modifié pris pour son application ;

- l'ordonnance du juge des référés du présent tribunal (requête n° 2403769) du 13 mai 2024 ;

- le code de justice administrative.

Après avoir, au cours de l'audience du 10 juillet 2024, tenue en présence de Madame Nodin, greffière d'audience, présenté son rapport, en l'absence du requérant et de la préfète du Val-de-Marne, ou de leurs représentants, dûment convoqués.

Le 15 juillet 2024, la préfète du Val-de-Marne a communiqué une convocation pour M. B pour le 16 juillet 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Par l'ordonnance susvisée du 13 mai 2024, le juge des référés du présent tribunal, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a enjoint à la préfète de Val-de-Marne de remettre en mains propres à M. B, dans un délai de dix jours à compter de la notification de l'ordonnance une autorisation provisoire de séjour en qualité d'étudiant, portant autorisation de travail correspondante, valable, et éventuellement renouvelée sans discontinuité, jusqu'au jugement à intervenir sur la requête en annulation présentée le 28 mars 2024. Cette ordonnance n'a pas été exécutée. Par une nouvelle requête présentée le 2 juillet 2024 sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, M. B demandé au tribunal d'assortir l'injonction prononcée le 13 mai 2024 d'une astreinte de 300 euros par jour de retard. Postérieurement à sa requête, et à l'audience, la préfète du Val-de-Marne a convoqué M. B pour le 16 juillet 2024.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 : " () L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre le requérant, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :

5. Aux termes d'une part de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ".

6. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, la préfète du Val-de-Marne a convoqué M. B pour le 16 juillet 2024 à 10 heures " afin d'y déposer son dossier ". L'intéressé ne soutenant pas, à la date de la présente ordonnance, que cette convocation n'a pas été honorée ni qu'un récépissé de demande de titre de séjour ne lui a pas été remis à cette occasion, il n'y a plus lieu de statuer sur la requête de M. B présentée sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative.

Sur les frais du litige :

7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 1200 euros qui sera versée à Me Bechieau, conseil de M. B, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 à charge pour celle-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui aura été confiée. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas attribuée à l'intéressé, cette somme lui sera versée directement.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur la requête de M. B présentée sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative.

Article 3 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 1 200 euros à Me Bechieau, conseil de M. B, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celle-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui aura été confiée. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas attribuée à l'intéressé, cette somme lui sera versée directement.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Bechieau et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.

Fait à Melun le 22 juillet 2024.

Le juge des référés,La greffière

Signé : M. C : M. NODIN

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2408040