jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2408136 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | LA CIMADE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 juillet 2024, M. B A C, retenu au centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot n°2, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 juillet 2024 par lequel la préfète du Val-de-Marne l'a maintenu en rétention administrative ;
2°) d'enjoindre à l'autorité administrative de le libérer immédiatement ;
3°) d'enjoindre à l'autorité administrative de lui délivrer sans délai une attestation de demande d'asile " procédure normale " au titre de l'article L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile jusqu'à la décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA).
M. A C soutient que l'arrêté portant maintien en rétention :
- est entaché d'incompétence ;
- est entaché d'une procédure irrégulière tirée de la contrariété des dispositions de l'article R. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à celles de l'article 6 de la directive 2013/32/UE tel qu'interprété par les arrêts de la Cour de justice de l'Union européenne des 30 novembre 2009, PPU, C-357/09 et 30 mai 2013, Arslan, C-534/11 ;
- est illégal du fait de la non-conformité des articles R. 754-3 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au paragraphe 3 de l'article 6 de la directive 2013/32/UE ;
- est illégal du fait de la contrariété des dispositions de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aux paragraphes 2 et 4 de l'article 8 de la directive 2013/32/UE ;
- est illégale en raison de l'absence de définition dans la loi du risque non négligeable de fuite.
La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne, représentée par le cabinet Actis Avocats, qui n'a pas présenté de mémoire en défense mais qui a communiqué des pièces enregistrées les 5 et 10 juillet 2024.
Le centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot n° 2 a communiqué des pièces enregistrées les 8 et 9 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la directive n° 2013/32/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 relative à des procédures communes pour l'octroi et le retrait de la protection internationale (refonte) ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné M. Girard-Ratrenaharimanga, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles R. 776-13-1 et suivants, R. 776-15, R. 777-1 et suivants, R. 777-2 et suivants et R. 777-3 et suivants du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Girard-Ratrenaharimanga ;
- et les observations de Me Fresard, représentant M. A C assisté de Mme D, interprète assermentée en langue arabe, qui :
* conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;
* abandonne le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision ;
* et soutient en outre l'erreur manifeste d'appréciation dans l'appréciation des critères objectifs prévus à l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que la méconnaissance du contradictoire garanti par le paragraphe 2 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- M. A C assisté de Mme D, interprète assermentée en langue arabe ;
- et Me Termeau, représentant la préfète du Val-de-Marne, absente, qui conclut au rejet de la requête, aucun des moyens soulevés n'étant fondé.
Après avoir prononcé la clôture d'instruction à l'issue de l'audience publique à 13h27.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant algérien, né le 21 janvier 1999 à Oran (République algérienne démocratique et populaire), est entré en France en octobre 2020 selon ses déclarations. Par arrêté du 11 janvier 2023, le préfet des Hauts-de-Seine a obligé l'intéressé à quitter le territoire français sans délai en application du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé une interdiction de retour pour une durée de deux ans. Par arrêté du 2 avril 2024, la préfète du Val-de-Marne l'a placé en rétention administrative en application de l'article L. 741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, placement prolongé une première, une deuxième, une troisième et une quatrième fois par des ordonnances du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Meaux des 15 avril, 13 mai, 11 juin et 26 juin 2024. M. A C a, alors qu'il était en rétention administrative, déposé une demande d'asile le 2 juillet 2024. Par arrêté du 2 juillet 2024, la préfète du Val-de-Marne a maintenu M. A C en rétention administrative en application de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cette demande d'asile a fait l'objet d'un rejet par le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) dans une décision du 5 juillet 2024 notifiée au et par le centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot n° 2 le même jour. M. A C demande au tribunal d'annuler cet arrêté du 2 juillet 2024.
2. Aux termes de l'article L. 754-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'un étranger placé ou maintenu en rétention présente une demande d'asile, l'autorité administrative peut procéder, pendant la rétention, à la détermination de l'État responsable de l'examen de cette demande conformément à l'article L. 571-1 et, le cas échéant, à l'exécution d'office du transfert dans les conditions prévues à l'article L. 751-13. ". L'article L. 754-3 du même code précise que " Si la France est l'État responsable de l'examen de la demande d'asile et si l'autorité administrative estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement, elle peut prendre une décision de maintien en rétention de l'étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celle-ci, dans l'attente de son départ. / Cette décision de maintien en rétention n'affecte ni le contrôle ni la compétence du juge des libertés et de la détention exercé sur le placement et le maintien en rétention en application du chapitre III du titre IV. La décision de maintien en rétention est écrite et motivée. / A défaut d'une telle décision, il est immédiatement mis fin à la rétention et l'autorité administrative compétente délivre à l'intéressé l'attestation mentionnée à l'article L. 521-7. ". L'article L. 754-4 de ce code dispose que : " L'étranger peut demander au président du tribunal administratif l'annulation de la décision de maintien en rétention prévue à l'article L. 754-3 dans les quarante-huit heures suivant sa notification afin de contester les motifs retenus par l'autorité administrative pour estimer que sa demande d'asile a été présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement. / Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il désigne à cette fin parmi les membres de sa juridiction, ou les magistrats honoraires inscrits sur la liste mentionnée à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative, statue après la notification de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides relative au demandeur, dans un délai qui ne peut excéder quatre-vingt-seize heures à compter de l'expiration du délai de recours, dans les conditions prévues aux articles L. 614-7 à L. 614-13. (). ". Enfin, l'article L. 754-6 du même code indique que " La demande d'asile présentée en application du présent chapitre est examinée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides selon la procédure accélérée, conformément au 3° de l'article L. 531- 24. ".
3. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013 susvisée : " 1. Les États membres ne peuvent placer une personne en rétention au seul motif qu'elle est un demandeur conformément à la directive 2013/32/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 relative à des procédures communes pour l'octroi et le retrait de la protection internationale. / 2. Lorsque cela s'avère nécessaire et sur la base d'une appréciation au cas par cas, les États membres peuvent placer un demandeur en rétention, si d'autres mesures moins coercitives ne peuvent être efficacement appliquées. / 3. Un demandeur ne peut être placé en rétention que : () / d) lorsque le demandeur est placé en rétention dans le cadre d'une procédure de retour au titre de la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier, pour préparer le retour et/ou procéder à l'éloignement, et lorsque l'État membre concerné peut justifier sur la base de critères objectifs, tels que le fait que le demandeur a déjà eu la possibilité d'accéder à la procédure d'asile, qu'il existe des motifs raisonnables de penser que le demandeur a présenté la demande de protection internationale à seule fin de retarder ou d'empêcher l'exécution de la décision de retour ; (). / 4. Les motifs du placement en rétention sont définis par le droit national "
4. D'une part, si M. A C soutient la contrariété des dispositions des articles R. 754-3 et suivants avec le droit de l'Union européenne tel qu'il a été interprété par le juge préjudiciel c'est-à-dire in fine au regard de l'article 6 de la directive 2013/32/UE tel qu'interprété par les arrêts de la Cour de justice de l'Union européenne des 30 novembre 2009, PPU, C-357/09 et 30 mai 2013, Arslan, C-534/11, elle n'explique pas clairement la contrariété soulevée. Le moyen est donc inopérant.
5. D'autre part, à supposer que ce moyen revienne à soulever la non-confirmé des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aux articles 6 et 8 de la directive 2013/32/UE susvisée en ce que le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne transposerait pas totalement ces dispositions dès lors que lorsqu'une demande d'asile est présentée auprès d'une autre autorité que celle chargée de l'enregistrement, cette dernière doit informer la personne de la procédure, des droits et obligations et transmettre cette demande à l'autorité compétente pour qu'elle procède à l'enregistrement et, dans le cas où la personne est placée en rétention, prendre une décision de maintien en rétention sur le fondement de l'article 8 paragraphe 3 (d) dès la présentation et non lors de l'enregistrement ou l'introduction qui intervienne plus tardivement, il résulte toutefois des dispositions de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que, hors le cas particulier où il a été placé en rétention en vue de l'exécution d'une décision de transfert vers l'État responsable de l'examen de sa demande d'asile, il doit en principe être mis fin à la rétention administrative d'un étranger qui formule une demande d'asile. Toutefois, l'administration peut maintenir l'intéressé en rétention, par une décision écrite et motivée, dans le cas où elle estime que sa demande d'asile a été présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la mesure d'éloignement prise à son encontre. S'il incombe aux États membres, en vertu du paragraphe 4 de l'article 8 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013, de définir en droit interne les motifs susceptibles de justifier le placement ou le maintien en rétention d'un demandeur d'asile, parmi ceux énumérés de manière exhaustive par les dispositions du paragraphe 3 de cet article, aucune disposition de la directive n'impose, s'agissant du motif prévu par le d) du 3 de l'article 8, que les critères objectifs sur la base desquels est établie l'existence de motifs raisonnables de penser que la demande de protection internationale d'un étranger déjà placé en rétention a été présentée à seule fin de retarder ou d'empêcher l'exécution de la décision de retour, soient définis par la loi. Dans ces conditions, contrairement à ce que soutient M. A C, la circonstance que les dispositions de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et non celles de l'article R. 754-3 du même code, n'explicitent pas les critères objectifs permettant à l'autorité administrative de considérer que la demande d'asile a été présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la mesure d'éloignement n'est pas de nature à entacher d'erreur de droit la décision contestée. Par suite, un tel moyen ne peut qu'être écarté (voir explicitement par exemple CAA Nancy, 2 avril 2024, n° 23NC00338, CAA Nancy, 22 juin 2023, n° 22NC2190 ou encore CAA Nancy, 2 mars 2023, n° 22NC01043).
6. En deuxième lieu, M. A C soutient la non-conformité des dispositions des articles R.754-3 à R. 754-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aux mêmes dispositions de droit de l'Union européenne que celles visées au point précédent dès lors qu'elles prévoient de retarder le prononcer de la décision contestée après la remise du formulaire de demande d'asile c'est-à-dire l'introduction de la demande. Toutefois, ces dispositions, qui transposent la directive du 26 juin 2013 susvisée, ont pour objet de permettre à l'autorité administrative, une fois qu'elle informée que l'étranger a remis une enveloppe cachetée que ce dernier indique comme contenant une demande d'asile lui permettant ainsi de s'assurer qu'une demande d'asile a effectivement formée selon les propres dires de l'étranger, de prendre sa décision au regard des critères prévus par l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, transposant lui-même ladite directive dans les conditions rappelées au point 5. Dans ces conditions, le moyen tiré de la non-conformité des articles R. 754-3 à R. 754-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aux dispositions des articles 8, paragraphe 3, et 6, paragraphe 3, de la directive 2023/32/UE du 26 juin 2013 susvisée ne peut qu'être écarté. Au surplus, il y a lieu de noter qu'en l'espèce le procès-verbal de dépôt de sa demande d'asile est daté du 8 juin 2024 à 16 heures 59 et que l'arrêté du 9 juin 2024 le maintenant en rétention lui a été notifié le même jour à 15 heures 40 en sorte que le préfet a procédé à la notification dans des délais contraints et respectueux des dispositions précitées et notamment celles de l'article R. 754-7 de ce code qui prévoit que " Lorsque l'étranger remet sa demande d'asile à l'autorité dépositaire, conformément à l'article R. 754-6, celle-ci en informe sans délai le préfet qui a ordonné le placement en rétention afin qu'il se prononce sur le maintien en rétention conformément au premier alinéa de l'article L. 754-3. ".
7. En troisième lieu, M. A C soutient la contrariété manifeste des dispositions de l'article L 754-3 du CESEDA avec le droit de l'Union européenne du paragraphe 2 et du d) du paragraphe 3 de l'article 8 de la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013 cité au point 3, aucune disposition de la directive n'impose, s'agissant du motif prévu par le d) du 3 de l'article 8, que les critères objectifs sur la base desquels est établie l'existence de motifs raisonnables de penser que la demande de protection internationale d'un étranger déjà placé en rétention a été présentée à seule fin de retarder ou d'empêcher l'exécution de la décision de retour, soient définis par la loi ainsi qu'il a été dit point 5. Le moyen ne peut donc qu'être écarté.
8. En quatrième lieu, le point b) du paragraphe 3 de l'article 8 de la directive 2023/32/UE du 26 juin 2013 susvisée prévoit qu'un demandeur d'asile ne peut être placé en rétention que " pour déterminer les éléments sur lesquels se fonde la demande de protection internationale qui ne pourraient pas être obtenus sans un placement en rétention, en particulier lorsqu'il y a risque de fuite du demandeur ". Or, aucune disposition de la directive n'impose s'agissant du motif prévu par le b) du 3 de l'article 8 que les critères de risque de fuite soient définis par la loi, cette disposition étant d'ailleurs claire, précise et inconditionnelle.
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions, organes et organismes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : / a) le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre (). ". Aux termes de l'article 51 de la Charte : " 1. Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux États membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union (). ".
10. La circonstance que M. A C n'aurait pas été de nouveau entendu, préalablement à l'édiction de l'arrêté attaqué le maintenant en rétention le temps nécessaire à l'examen de sa demande d'asile ne permet pas de regarder l'intéressé comme ayant été privé du droit d'être entendu qu'il tient du principe général du droit de l'Union européenne tel qu'il est notamment énoncé au paragraphe 2 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, en sorte que, en tout état de cause, le principe du contradictoire n'a pas davantage été méconnu. Au surplus, il ressort des différents procès-verbaux d'audition qu'ils sont signés par le requérant sans réserve et que les auditions se sont déroulées en présence d'un interprète avec lequel lesdits procès-verbaux ne montrent aucune difficulté de compréhension.
11. En dernier lieu, pour prononcer le maintien en rétention administrative de M. A C, la préfète du Val-de-Marne a relevé que l'intéressé a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, même si la formule utilisé à savoir " précédente mesure d'éloignement " est particulièrement malencontreuse dès lors qu'un maintien en rétention ne peut être considérée comme une mesure d'éloignement, a déclaré être arrivé en France en 2020 sans avoir effectuer la moindre démarche en matière d'asile avant toute mesure d'éloignement et de rétention, ayant déclaré lors de son audition ne subir aucune menace grave dans le cas d'un retour dans son pays d'origine, a déposé sa demande d'asile postérieurement au délai de cinq jours alors qu'il a été pleinement informé de ses droits en matière d'asile à son arrivée au centre de rétention administrative, et que sa demande d'asile, faite en rétention administrative, n'a été présentée que dans le seul but de faire échec à l'exécution de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet. À cet égard et premièrement, la circonstance que la décision de l'Ofpra citée au point 1 suite à la demande d'asile de l'intéressé soit une décision d'irrecevabilité est sans incidence sur l'analyse des critères prévus par l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile cité au point 2 dès lors que cette décision est postérieure à celle contestée. Deuxièmement, la circonstance que le délai de cinq jours pour déposer une demande d'asile suivant la notification des droits au centre de rétention administrative soit particulièrement court alors que le retenu doit gérer parallèlement le contentieux de la rétention est également ans incidence notamment en l'espèce dès lors qu'il ne fait état d'aucune difficulté insurmontable. Troisièmement, la circonstance qu'il n'a jamais déposé une demande d'asile avant son placement au centre de rétention administrative ne devrait pas pouvoir être prise en compte dès lors que les craintes encourues dans le pays d'origine du retenu peuvent apparaître une fois en rétention est sans incidence en l'espèce, même si théoriquement et juridiquement tel peut être le cas, dès lors qu'il n'apporte aucun élément permettant de considérer qu'il entrerait dans les prévisions de cette hypothèse. Ainsi, contrairement à ce que soutient M. A C, l'autorité administrative ne s'est pas fondée uniquement sur la circonstance que la demande d'asile avait été présentée postérieurement à son placement en rétention. Dès lors, ces faits objectifs sont de nature à établir que la demande d'asile qu'il a présentée au centre de rétention administrative l'a été dans le seul but de faire échec à l'exécution de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet au sens de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, la préfète du Val-de-Marne n'a à cet égard commis aucune erreur manifeste dans l'appréciation des critères prévus par l'article L. 754-3 précité. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède que M. A C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 2 juillet 2024, par lequel la préfète du Val-de-Marne l'a maintenu en rétention administrative. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B A C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A C et à la préfète du Val-de-Marne.
Lu en audience publique le 11 juillet 2024 à 13h41.
Le magistrat désigné,
Signé : G. Girard-Ratrenaharimanga
La greffière,
Signé : MD. Adelon
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
MD. Adelon
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026