Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2408241
jeudi 25 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2408241 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Rosin, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite portant refus de délivrance d'une carte de résident ;
2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer à titre provisoire une carte de résident valable 10 ans, dans un délai de quinze jours et sous astreinte de cent-cinquante euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire de réexaminer et statuer sur sa demande de titre de séjour dans le même délai et sous la même astreinte, et de le munir d'un document provisoire de séjour assorti d'une autorisation de travail le temps de ce réexamen dans un délai de quarante-huit heures, sous la même astreinte ;
3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros hors taxes en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, à défaut, du seul article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition tenant à l'urgence est remplie dès lors que sa demande de carte de résident en qualité de réfugié a été enregistrée le 31 août 2023 et qu'il est resté placé depuis sous attestation de prolongation d'instruction et que ces circonstances le placent dans une situation de précarité administrative et psychologique ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision dès lors que cette dernière est insuffisamment motivée et que cette situation porte atteinte à son droit en tant que réfugié alors qu'il devrait bénéficier de la carte de résident demandée de plein droit en méconnaissance des dispositions des articles L. 424-1 à L. 424-4 et R. 424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 juillet 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par le cabinet Actis Avocats, conclut au non-lieu à statuer.
Elle fait valoir avoir délivrer au requérant une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 9 janvier 2025.
Par un mémoire enregistré le 23 juillet 2024, M. A, représenté par Me Rosin, demande au juge des référés :
1°) de donner acte du désistement de ses conclusions à fins de suspension et d'injonction ;
2°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros hors taxes en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, à défaut, du seul article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A fait valoir que suite à la communication de la requête en référé, la préfète du Val-de-Marne a décidé de lui remettre une nouvelle attestation de prolongation d'instruction l'autorisant à séjourner et à travailler en France. Il précise que c'est grâce aux recours précités que cette issue a pu être obtenue.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Girard-Ratrenaharimanga, juge des référés, pour statuer sur les demandes de référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Guillemard, greffière d'audience, ont été entendus :
- le rapport de M. Girard-Ratrenaharimanga ;
- et les observations de Me El Assaad, représentant la préfète du Val-de-Marne, absente, qui maintient ses conclusions tendant au non-lieu à statuer.
M. A n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique à 14h52.
Considérant ce qui suit :
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
3. Par son mémoire enregistré le 23 juillet 2024, M. A a déclaré qu'en conséquence de la remise d'une attestation de prolongation de l'instruction l'autorisant à travailler, il se désiste de ses conclusions fondées sur l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ainsi que de celles à fin d'injonction. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les frais liés au litige :
4. M. A est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle par la présente ordonnance. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. En application de ces dispositions, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 500 euros à Me Rosin au titre des honoraires et frais que le requérant aurait exposés s'il n'avait pas bénéficié de l'aide juridictionnelle. Dans l'hypothèse où la demande d'aide juridictionnelle serait rejetée, cette somme sera versée directement à M. A.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions présentées par M. A aux fins de suspension et d'injonction.
Article 2 : L'État versera la somme de 1 500 euros à Me Rosin, sous réserve qu'il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans l'hypothèse où la demande d'aide juridictionnelle serait rejetée, cette somme sera versée directement à M. A.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Rosin.
Copie-en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
M. Girard-RatrenaharimangaLa greffière,
V. Guillemard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,