Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2408295
mercredi 17 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2408295 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée, le 8 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Besse, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre la décision implicite du 13 avril 2024 par laquelle la préfète du
Val-de-Marne a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de cent-cinquante euros par jours de retard et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est présumée dans l'hypothèse, comme en l'espèce, d'un renouvellement de titre de séjour ; en outre, il continue à remplir les conditions pour voir renouveler sa carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il réside en France depuis plus de dix ans, il y a des membres de sa famille et est inséré socialement ; la préfète ne conteste pas que son dossier était complet ; il risque de voir son contrat de travail suspendu s'il ne produit pas à son employeur un document de séjour l'autorisant à travailler ; ainsi la décision contestée préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation, d'autant plus qu'il doit se rendre prochainement au mariage de sa sœur en Tunisie et que sans titre régulier il ne peut plus voyager à l'étranger ;
- il existe des doutes sérieux sur la légalité de la décision attaquée, qui est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, méconnaît les articles L. 433-1, L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles du paragraphe 1 de l'article 3 de la Convention internationale des droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juillet 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par le cabinet Actis Avocats, conclut au non-lieu de la requête.
Elle soutient que l'intéressé a été convoqué le 9 juillet 2024 pour le retrait de son récépissé de demande de carte de séjour.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Girard-Ratrenaharimanga, premier conseiller, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant tunisien né le 7 avril 1971 à Zarzis (République tunisienne) a solliciter le renouvellement de son dernier titre de séjour, avec un changement de statut, pour lequel, le 13 avril 2024, une décision implicite de rejet est intervenue. Par une requête enregistrée le 8 juillet 2024, il demande au tribunal de suspendre cette décision.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (). " et selon l'article L. 521-3 du même code : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la préfète du Val-de-Marne a convoqué l'intéressé le 9 juillet 2024 à 15 heures 30 en vue de lui remettre un renouvellement de récépissé. Il n'y a donc plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État (préfète su Val-de-Marne) une somme de 1 200 euros à verser à M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu à statuer sur les conclusions de la requête de M. B présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
Article 2 : l'État (préfète du Val-de-Marne) versera à M. B, la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.
Fait à Melun, le 17 juillet 2024.
Le juge des référés,
Signé : M. Girard-Ratrenaharimanga
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,