Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2408305

mercredi 17 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2408305
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 juillet 2024, Mme A B, représentée par Me Peketi, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite de la préfète du Val-de-Marne portant refus de délivrance de sa carte de séjour ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une carte de séjour salariée fondée sur un changement de statut d'étudiant à salarié par application de l'article L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai d'un mois et assorti d'une astreinte de cent euros par jour de retard, à compter de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que, de nationalité marocaine, elle est entrée en France le 7 août 2021 muni d'un visa de long séjour en sa qualité d'étudiante ; qu'elle s'est vu délivrer une carte de séjour portant la mention " étudiant " valable jusqu'au 4 août 2023 ; qu'elle a été recrutée en contrat à durée indéterminée ; qu'elle a sollicité un changement de statut d'" étudiant " à " salarié " ; qu'elle a été convoquée par les services préfectoraux du Val-de-Marne le 9 novembre 2023 et s'est vu délivrer un récépissé de demande de carte de séjour mention " salarié " dans l'attente de l'instruction de son dossier, valable jusqu'au 8 mai 2024 ; qu'elle en a demandé le renouvellement à plusieurs reprises ; que, sans nouvelle depuis, une décision implicite de rejet doit être considérée comme lui ayant été opposée.

Elle soutient que la condition d'urgence est satisfaite car son contrat de travail a été suspendu et que la décision implicite porte une atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à ses intérêts.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juillet 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par le cabinet Actis Avocats, conclut au non-lieu de la requête, l'intéressée ayant été convoquée le 10 juillet 2024 pour retirer son titre de séjour.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Girard-Ratrenaharimanga, premier conseiller, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Par une requête enregistrée le 10 juillet 2024, sous le numéro 2408282, Mme B a demandé l'annulation de la décision contestée de la préfète du Val-de-Marne.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante marocaine née le 13 décembre 1999 à Fès (Royaume du Maroc) a sollicité une demande de rendez-vous sur le site démarches-simplifiées de la préfecture du Val-de-Marne, aux fins du changement du statut de sa carte de séjour mention " étudiant " à " salarié " le 28 août 2023. Demandant à obtenir une carte de séjour mention " salarié " à la suite de la conclusion d'un contrat de travail à durée indéterminée, elle a été convoquée le 9 novembre 2023 et s'est vu délivrer un récépissé de demande de carte de séjour valable jusqu'au 8 mai 2024. Qu'arrivant à expiration, elle a demandé à plusieurs reprises que ce récépissé soit renouvelé. Sans réponse, elle a sollicité, par une requête formée devant le présent tribunal sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, que lui soit délivré un récépissé. Ce référé mesures utiles a été rejeté par l'ordonnance susvisée du 27 mai 2024 au motif que sa demande de titre de séjour avait fait l'objet d'une décision implicite de rejet. Par sa requête enregistrée le 8 juillet 2024, elle a demandé au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, que soit suspendue la décision implicite de la préfète du Val-de-Marne portant refus de délivrance de sa carte de séjour et qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer sa carte de séjour mention " salarié ". Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne a convoqué Mme B à un rendez-vous aux fins de lui délivrer son titre de séjour.

Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (). " et selon l'article L. 521-3 du même code : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".

3. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, Mme B a été convoquée le 10 juillet 2024 à 14 heures 30 à la préfecture du Val-de-Marne pour retirer son titre de séjour. Il n'y a donc plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme B présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

Sur les frais du litige :

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État (préfète du Val-de-Marne) une somme de 1 200 euros à verser à Mme B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme B présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

Article 2 : L'État (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 1 200 euros à Mme B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Girard-Ratrenaharimanga

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

BOB

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