Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2408328

vendredi 26 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2408328
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Molotoala, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du préfet du Val-de-Marne du 10 janvier 2024 clôturant sa demande de titre de séjour, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour dans un délai d'une semaine à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 800 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision en litige le place dans une situation précaire, faute pour lui de pouvoir exercer une activité professionnelle ou de suivre une formation professionnelle ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige aux motifs que :

* la décision contestée est insuffisamment motivée et il n'a pas été procédé à un examen particulier de sa situation personnelle ;

* la décision contestée est entachée d'erreur de droit au regard des dispositions du 3° de l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il a la qualité d'enfant de réfugié et qu'il ne saurait lui être reproché de ne pas avoir déposé sa demande de carte de résident dans l'année suivant son dix-huitième anniversaire dès lors que son visa d'entrée en France lui a été tardivement délivré, sur injonction du juge administratif ;

* la décision contestée porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que sa mère, sa sœur et son frère résident régulièrement en France, qu'il souhaite s'intégrer professionnellement en France ;

* la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 23 juillet 2024, la préfète du Val-de-Marne conclut au rejet de la requête.

Elle soutient qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fn de suspension présentées par M. A et que la condition d'urgence n'est, en tout état de cause, pas remplie, dès lors qu'il est convoqué, le 16 juillet 2024, pour l'enregistrement de sa demande de titre de séjour en préfecture.

Par un mémoire enregistré le 24 juillet 2024, M. A déclare maintenir ses seules conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu

- la requête n° 2405835 tendant à l'annulation de la décision dont la suspension de l'exécution est demandée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Grand, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Keli, greffière d'audience, M. Grand a lu son rapport et entendu les observations de Me Kao, représentant la préfète du Val-de-Marne.

Le requérant n'étant ni présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1. Par son mémoire enregistré le 9 juillet 2024, M. A doit être regardé comme se désistant de ses conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Ce désistement étant pur et simple, il doit en être donné acte.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

2. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à M. A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement de M. A de ses conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

Article 2: L'Etat versera à M. A la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copies en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.

Fait à Melun, le 26 juillet 2024.

Le juge des référés,

R. GRAND La greffière,

H. KELI

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,