Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2408350
lundi 22 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2408350 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 juillet 2023, Madame A B, représentée par Me Morin, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la Préfète du Val-de-Marne (sous-préfecture de l'Haÿ-les-Roses) de lui fixer un rendez-vous pour le dépôt de sa demande de délivrance d'un certificat de résidence d'algérien d'un an portant la mention " vie privée et familiale ",
2°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) la somme de 800 euros, en
application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que, de nationalité algérienne, elle est entrée en France en septembre 2013, qu'elle a souhaité déposer une demande de certificat de résidence sur le fondement de
l'article 6 1°) de l'accord franco-algérien, qu'elle a adressé un dossier complet de demande de rendez-vous le 21 juin 2023 à la préfète du Val-de-Marne, qu'elle n'a eu aucune nouvelle depuis cette date, malgré plusieurs relances du service, restées sans réponse, que la condition d'urgence car elle a droit à un certificat de résidence et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 juillet 2024, la préfète du Val-de-Marne (sous-préfecture de L'Haÿ-les-Roses) conclut au non-lieu à statuer, l'intéressée étant convoquée le 1er août 2024 pour le dépôt de son dossier.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Madame A B, ressortissante algérienne née le 29 janvier 1961 à Mekla (wilaya de Tizi-Ouzou), est entrée en France le 17 septembre 2013 munie d'un visa de court séjour délivré par les autorités consulaires françaises à Alger. Elle venait rejoindre son fils, de nationalité française. Le 21 juin 2023, elle a déposé en préfecture du Val-de-Marne (sous-préfecture de l'Haÿ-les-Roses) une demande de certificat de résidence algérien sur le fondement du 1°) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Elle n'a reçu aucune réponse malgré plusieurs relances du service, restées sans suite. Elle demande donc au juge des référés, par sa requête enregistrée le 9 juillet 2024, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une convocation pour le dépôt de sa demande de titre de séjour. Postérieurement à sa requête, soit le 17 juillet 2024, la préfète du Val-de-Marne (sous-préfecture de l'Haÿ-les-Roses) a indiqué qu'elle avait convoqué l'intéressée pour le jeudi 1er août 2024, tout en joignant une convocation pour " le jeudi 1er juillet 2024 ".
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Ainsi, qu'il l'a été dit au point 1, la préfète du Val-de-Marne doit être entendue comme ayant convoqué Madame B pour le jeudi 1er août 2024 en vue du dépôt de sa demande de certificat de résidence algérien. Dans ces conditions, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Madame B présentées sur le fondement de l'article
L. 521-3 du code de justice administrative.
Sur les frais de justice
4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 800 euros à verser à Madame B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Madame B présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Article 2 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 800 euros à Madame B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,