Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2408385

mercredi 17 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2408385
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 juillet 2024, Mme A C épouse B, représentée par Me Pouly, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision par laquelle la préfète du Val-de-Marne a

refusé de lui délivrer une carte de séjour ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail dans l'attente qu'il soit statué sur son recours en annulation, et ce dans un délai de deux semaines à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que, de nationalité tunisienne, elle est entrée en France au titre du regroupement familial pour rejoindre son époux titulaire d'une carte de séjour mention " salarié " et s'est vu remettre un visa de long séjour ; qu'elle a sollicité le 31 décembre 2023 la délivrance de son titre de séjour ; qu'elle a obtenu une attestation de prolongation d'instruction, valable du 7 mars 2024 au 6 juin 2024 ; qu'elle n'a jamais eu de retour quant au traitement de sa demande malgré de nombreuse demandes en ce sens.

Elle soutient que la condition d'urgence est satisfaite car elle est en précarité administrative et que la décision implicite porte une atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à ses intérêts.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 juillet 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par le cabinet Actis Avocats, conclut au non-lieu à statuer, l'intéressée ayant bénéficié d'une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 9 octobre 2024.

Par un mémoire en réplique enregistré le 11 juillet 2024, Mme C épouse B, représentée par Me Pouly, déclare se désister de ses conclusions sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, mais maintient celles sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Girard-Ratrenaharimanga, premier conseiller, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Par une requête enregistrée le 10 juillet 2024 sous le numéro 2408395, Mme C épouse B a demandé l'annulation de la décision contestée.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C épouse B, ressortissante tunisienne née le 17 juin 1996 à Tunis (République tunisienne), est entrée en France sous couvert d'un visa de long séjour au titre d'un regroupement familial. Elle a demandé la délivrance d'un titre de séjour sur ce même fondement le 31 décembre 2023, et a obtenu une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 6 juin 2024. Elle n'a plus eu aucune nouvelle de la préfecture du Val-de-Marne par la suite, malgré plusieurs relances en ce sens dont une faite par le Défenseur des droits le 17 juin 2024. Elle a donc considéré s'être vu opposer une décision implicite de rejet à sa demande, dont elle a demandé l'annulation au présent tribunal par une requête enregistrée le 10 juillet 2024, assortie d'une requête en référé-suspension. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne a mis à la disposition de Mme C épouse B sur son compte ouvert sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France (Anef) une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 9 octobre 2024.

Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (). " et selon l'article L. 521-3 du même code : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".

3. Par son mémoire enregistré le 11 juillet 2024, Madame C épouse B a déclaré qu'en conséquence de la mise à disposition d'une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de titre de séjour sur son compte Anef, elle se désiste de ses conclusions fondées sur l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ainsi que de celles à fin d'injonction. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les frais irrépétibles :

1. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 1 200 euros qui sera versée à Mme C épouse B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions présentées par Madame C épouse B aux fins de suspension et d'injonction.

Article 2 : L'État (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 1 200 euros à Madame C épouse B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Girard-Ratrenaharimanga

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2408385