Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2408550

mardi 16 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2408550
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 juillet 2024, Madame A B demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un renouvellement de récépissé de titre de séjour ou un titre de séjour sans les délais les plus brefs.

Elle indique que, de nationalité arménienne, elle est entrée en France en 2011 où elle a effectué toute sa scolarité, qu'elle est mariée depuis le 27 mai 2023 avec un ressortissant français, qu'elle a déposé le 7 novembre 2022 en préfecture du Bas-Rhin sa demande de renouvellement de son titre de séjour, que son dossier a été transféré dans le Val-de-Marne le 8 mars 2024 et qu'un récépissé lui a été remis, valable trois mois, qui n'a pas été renouvelé.

Elle soutient que la condition est satisfaite car son contrat de travail a été suspendu et la préfecture du Val-de-Marne n'a répondu à aucune de ses demandes de renouvellement de son récépissé de titre de séjour et que cette décision de son renouvellement porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au travail, ainsi qu'à celle d'aller et de venir.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1 Madame A B, ressortissante arménienne née le 4 septembre 1993 à Saint-Pétersbourg (Russie), entrée en France le 17 juillet 2011, a bénéficié en dernier lieu d'une carte de séjour temporaire, portant la mention " travailleur temporaire " délivrée par le préfet du Bas-Rhin et valable jusqu'au 31 décembre 2022. Elle indique en avoir demandé le renouvellement le 7 novembre 2022. Elle a épousé en mairie de Branne (Gironde) le 27 mai 2023 un ressortissant français. A la suite de son déménagement à Alfortville (Val-de-Marne), elle s'est vu délivrer un récépissé de demande de titre de séjour par la préfète du Val-de-Marne le 8 mars 2024, valable trois mois, qui n'a pas été renouvelé malgré plusieurs demandes en ce sens. Par une requête enregistrée le 12 juillet 2024, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de renouveler son récépissé de demande de titre de séjour ou de lui délivrer un titre de séjour.

2 Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. / Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3 Le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article. Ne constitue pas une telle circonstance particulière le seul fait que l'étranger se soit vu opposer un refus de renouvellement de son titre de séjour, alors même qu'une présomption d'urgence serait en principe constatée si le juge des référés était saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du même code.

4 Aux termes de l'article R. 432-1 du même code : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ".

5 En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le récépissé de demande de titre de séjour de Madame B n'a pas été renouvelé au-delà du 7 juin 2024. L'absence de renouvellement de ce document ne peut que révéler l'existence d'une décision implicite de rejet opposée à la demande présentée initialement le 7 novembre 2022 par l'intéressée, à cette date, qui excède le délai de quatre mois, mentionné à l'article R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

6 Par suite, comme il l'a été précisé au point 3, une décision de refus de délivrance d'un titre de séjour ne portant pas, par elle-même, et quand bien même il serait soutenu que cette délivrance serait de plein droit, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la requête de Madame B ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Madame B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame A B à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2408550