Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2408568
jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2408568 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistré le 12 juillet 2024, Mme C A, représentée par Me Taelman, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre la décision du 16 janvier 2024 par laquelle la préfète du Val-de-Marne a rejeté sa demande de délivrance d'une carte de résident en qualité d'enfant de réfugié ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui remettre une carte de séjour, dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de cent-cinquante euros par jour de retard ainsi qu'un récépissé l'autorisant à travailler ou, à titre subsidiaire, de lui fixer un rendez-vous pour examiner sa situation dans le même délai ;
3°) de mettre à la charge de l'État (préfète du Val-de-Marne) une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition tenant à l'urgence est remplie dès lors que, après avoir bénéficié d'un document de circulation pour étranger mineur, elle est actuellement en situation de précarité administrative et qu'elle ne peut pas s'insérer dans le monde du travail ni poursuivre correctement sa scolarité ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision dès lors que cette dernière est insuffisamment motivée et entachée d'une erreur de droit en méconnaissance des dispositions des articles L.424-3 et L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que des stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire, enregistré le 18 juillet 2024, Mme A, représentée par Me Taelman, déclare se désister de ses conclusions sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, mais maintient celles sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requête a été communiquée le 15 juillet 2024 à la préfète du Val-de-Marne, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Girard-Ratrenaharimanga, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Par une requête enregistrée le 10 juillet 2024 sous le numéro 2408407, Mme A a demandé l'annulation de la décision attaquée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante bangladaise née le 25 avril 2004 à Narayanganj (République populaire du Bangladesh), est la fille de M. D B, reconnu réfugié, et a saisi la préfète du Val-de-Marne par un courrier en recommandé avec demande d'accusé de réception réceptionné le 21 septembre 2021 soit avant son dix-huitième anniversaire, puis le 2 juin 2022 sur le site Internet " démarches simplifiées " pour une première demande de carte de séjour, ensuite le 29 août 2023 d'une demande de " renouvellement " de titre de séjour et enfin le 13 janvier 2024 sur le site de l'Administration numérique des étrangers en France (Anef). La préfète du Val-de-Marne par une décision du 16 janvier 2024 a rejeté sa demande de titre pour tardiveté. L'intéressée a alors demandé l'annulation de cette décision au présent tribunal par une requête enregistrée le 10 juillet 2024, assortie d'une requête en référé-suspension. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne a mis à la disposition de Mme A un récépissé de demande de carte de séjour, l'autorisant à travailler et valable jusqu'au 16 janvier 2025.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (). " et selon l'article L. 521-3 du même code : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".
3. Par son mémoire enregistré le 18 juillet 2024, Mme A a déclaré qu'en conséquence de la délivrance d'un récépissé de demande de carte de séjour édité le 17 juillet 2024, elle se désiste de ses conclusions fondées sur l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ainsi que de celles à fin d'injonction. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les frais liés au litige :
4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 2 000 euros à Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions présentées par Mme A aux fins de suspension et d'injonction.
Article 2 : L'État (préfète du Val-de-Marne) versera à Mme A la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Girard-Ratrenaharimanga
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,