Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et cinq mémoires, enregistrés les 15 juillet 2024, 10 décembre 2024, 7 mars 2025, 7 juillet 2025, 15 septembre 2025 et 17 novembre 2025, M. B... D... et le syndicat des copropriétaires de la résidence « Marguerite », représentés par Me Fayat, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d’annuler l’arrêté N° PC 094 022 23 C0016 du 28 décembre 2023 par lequel le maire de Choisy-le-Roi a délivré à la société par actions simplifiée (SAS) Rose un permis de construire, selon les mentions de cet arrêté, un immeuble collectif de neuf logements sur un terrain situé 5 avenue Marguerite, ainsi que la décision implicite de rejet du recours gracieux formé contre cet arrêté ;
2°) d’annuler l’arrêté du 15 octobre 2025 par lequel le maire de Choisy-le-Roi a délivré à la SAS Rose un permis de construire modificatif pour ce projet ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Choisy-le-Roi et de la SAS Rose une somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
En ce qui concerne l’arrêté du 28 décembre 2023 portant permis de construire initial :
- cet arrêté est entaché d’un vice d’incompétence ;
- le dossier de demande de permis de construire est entaché d’incomplétudes et d’insuffisances : il ne comprend pas de plan de coupe du terrain situé au 8, avenue Marguerite, de sorte que la hauteur des clôtures est inconnue ; il prévoit la création de balcons sur la façade Sud de l’immeuble surplombant l’avenue Marguerite sans comporter de pièce exprimant l’accord du gestionnaire du domaine public ; il ne comporte pas l’attestation établie par l’architecte du projet certifiant de la réalisation d’une étude préalable alors que le projet est situé en zone bleue du plan de prévention du risque inondation ; la société pétitionnaire n’a pas produit la note végétale prévue par l’article UA 13.2.1 du règlement du plan local d’urbanisme (PLU), la notice architecturale ne décrit pas précisément la végétalisation projetée et les pièces jointes au dossier de demande de permis de construire ne décrivent pas les plantations existantes et supprimées ; le dossier de demande ne comprend pas les pièces requises en cas de création d’un établissement recevant du public ;
- le projet méconnaît la réglementation applicable aux établissements recevant du public ;
- le projet méconnaît les dispositions de l’article UA 4.3 du règlement du PLU s’agissant de la gestion des eaux pluviales ; à titre subsidiaire, le contenu du dossier de demande de permis de construire n’a pas permis au service instructeur d’apprécier la conformité du projet à ces dispositions ;
- il méconnaît les dispositions de l’article UA 4.5 du règlement du PLU s’agissant du dimensionnement du local dédié au stockage des déchets ; à titre subsidiaire, le contenu du dossier de demande de permis de construire n’a pas permis au service instructeur d’apprécier la conformité du projet à ces dispositions ;
- il méconnaît les dispositions de l’article UA 6.1.5 du règlement du PLU dès lors que l’implantation de l’immeuble projeté créera une rupture avec la séquence bâtie dans laquelle il s’insère ;
- il méconnaît les dispositions de l’article UA 11.3 du règlement du PLU relatif aux clôtures ; à titre subsidiaire, le contenu du dossier de demande de permis de construire n’a pas permis au service instructeur d’apprécier la conformité du projet à ces dispositions ; en outre, le projet est incompatible avec la disposition 7 de l’objectif 2 de l’orientation d’aménagement et de programmation « Nature en ville » du plan local d’urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l’article UA 12 du règlement du PLU s’agissant des obligations imposées aux constructeurs en matière de stationnement ;
- il méconnaît les dispositions de l’article UA 13 du règlement du PLU en ce qui concerne les obligations imposées aux constructeurs en matière de plantations ;
- le projet ne s’insère pas harmonieusement avec les constructions voisines, en méconnaissance des dispositions de l’article UA 11.5 du règlement du PLU et de l’article R. 111-27 du code de l’urbanisme.
En ce qui concerne l’arrêté du 15 octobre 2025 portant permis de construire modificatif :
- cet arrêté n’a pas permis de régulariser le vice d’incompétence entachant le permis de construire initial du 28 décembre 2023 et a lui-même été signé par une personne incompétente ;
- le permis de construire modificatif n’a pas permis de régulariser l’ensemble des vices entachant le permis de construire initial, en particulier ceux tirés de la méconnaissance de l’article UA 4 du règlement du PLU en ce qui concerne la gestion des eaux pluviales et de l’article UA 13 de ce règlement relatif aux obligations imposées aux constructeurs en matière de plantations.
Par quatre mémoires en défense, enregistrés les 29 octobre 2024, 5 juin 2025, 5 septembre 2025 et 16 octobre 2025, la SAS Rose, représentée par Me Lamorlette, conclut au rejet de la requête et à ce qu’une somme de 3 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par trois mémoires en défense, enregistrés les 4 décembre 2024, 5 juin 2025 et 5 septembre 2025, la commune de Choisy-le-Roi, représentée par Me Pezin, conclut au rejet de la requête et à ce qu’une somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- les requérants ne justifient pas d’un intérêt à agir contre le projet ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Un mémoire en défense présenté pour la SAS Rose et enregistré le 27 janvier 2026 n’a pas été communiqué.
Des pièces complémentaires, présentées pour la commune de Choisy-le-Roi en réponse à une demande de pièces du tribunal, ont été enregistrées les 2 mars 2026 et 4 mars 2026 et ont été communiquées, en application des dispositions de l’article R. 613-1-1 du code de justice administrative.
Un mémoire présenté pour les requérants et enregistré le 13 mars 2026 n’a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
le code de la construction et de l’habitation ;
le code général des collectivités territoriales ;
le code de l’urbanisme ;
le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
le rapport de Mme Prissette,
les conclusions de M. Grand, rapporteur public,
les observations de Me Phan, substituant Me Fayat, représentant les requérants ;
les observations de Me Cochelard, substituant Me Pezin, représentant la commune de Choisy-le-Roi ;
et les observations de Me Estellon, substituant Me Lamorlette représentant la SAS Rose.
Une note en délibéré présentée pour les requérants a été enregistrée le 25 juin 2026 et n’a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
Par un arrêté du 28 décembre 2023, le maire de Choisy-le-Roi a délivré à la SAS Rose un permis de construire, un immeuble collectif de neuf logements sur un terrain situé, selon les mentions de cet arrêté, 5 avenue Marguerite, sur les parcelles cadastrées section AE n°s 12, 43 et 94, en zone UAb du plan local d’urbanisme. Par un courrier du 12 mars 2024, réceptionné le 15 mars 2024, M. B... D... a formé un recours gracieux contre cet arrêté. Une décision implicite de rejet est née du silence gardé pendant deux mois par le maire de Choisy-le-Roi sur ce recours. La SAS Rose a obtenu en cours d’instance, par un arrêté du maire de Choisy-le-Roi du 15 octobre 2025, un permis de construire modificatif pour son projet. M. D... et le syndicat des copropriétaires de la résidence « Marguerite » demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures, l’annulation de l’arrêté du 28 décembre 2023 portant permis de construire initial et de la décision implicite de rejet du recours gracieux formé contre cet arrêté, ainsi que l’annulation de l’arrêté du 15 octobre 2025 portant permis de construire modificatif.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.
En ce qui concerne le périmètre du projet :
D’une part, aux termes de l’article R. 423-1 du code de l’urbanisme : « Les demandes de permis de construire (…) sont adressées (…) ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés :/ a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains (…) ». D’autre part, une construction constituée de plusieurs éléments formant, en raison des liens physiques ou fonctionnels entre eux, un ensemble immobilier unique doit en principe faire l’objet d’une seule autorisation, sauf à ce que l’ampleur et la complexité du projet justifient que des éléments de la construction ayant une vocation fonctionnelle autonome puissent faire l’objet de permis distincts, sous réserve que l’autorité administrative vérifie, par une appréciation globale, que le respect des règles et la protection des intérêts généraux que garantirait un permis unique sont assurés par l’ensemble des permis délivrés.
Par ailleurs, l’autorité administrative saisie d’une demande de permis de construire peut relever les inexactitudes entachant les éléments du dossier de demande relatifs au terrain d’assiette du projet, notamment sa surface ou l’emplacement de ses limites séparatives, et, de façon plus générale, relatifs à l’environnement du projet de construction, pour apprécier si ce dernier respecte les règles d’urbanisme qui s’imposent à lui. En revanche, le permis de construire n’ayant d’autre objet que d’autoriser la construction conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, elle n’a à vérifier ni l’exactitude des déclarations du demandeur relatives à la consistance du projet à moins qu’elles ne soient contredites par les autres éléments du dossier joint à la demande tels que limitativement définis par les articles R. 431-4 et suivants du code de l’urbanisme, ni l’intention du demandeur de les respecter, sauf en présence d’éléments établissant l’existence d’une fraude à la date à laquelle l’administration se prononce sur la demande d’autorisation.
En l’espèce, si le formulaire Cerfa de demande de permis de construire mentionne que le projet porte sur les seules parcelles cadastrées section AE n°s 12, 43 et 94 situées au 5, avenue Marguerite, il ressort de l’examen des autres pièces jointes au dossier de demande d’autorisation, notamment du plan de situation, de la notice architecturale et de l’avis émis par Enedis le 6 juillet 2023 dans le cadre de l’instruction de la demande, que la parcelle cadastrée section AE n° 45, située au 8, avenue de Marguerite, est également incluse dans le périmètre de l’opération, la SAS Rose ayant prévu de réaliser un parc de stationnement sur cette parcelle. En outre, l’immeuble collectif implanté sur les parcelles AE n°s 12, 43 et 94 présente un lien fonctionnel avec le parc de stationnement projeté implanté sur la parcelle AE n° 45, dès lors que les places de stationnement situées au 8, avenue Marguerite seront exclusivement affectées à l’usage des occupants de l’immeuble collectif. Dans ces conditions, le permis de construire contesté doit être regardé comme portant sur un ensemble immobilier unique et la conformité de cet ensemble immobilier unique aux règles applicables doit, en l’absence de dispositions contraires dans le règlement du plan local d’urbanisme, être appréciée à l’échelle de la globalité du terrain d’assiette du projet, composé des parcelles AE n°s 12, 43, 94 et 45.
En ce qui concerne le moyen tiré du vice d’incompétence :
Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 21 juillet 2020, le maire de Choisy-le-Roi, et non le directeur général des services comme le soutiennent les requérants, a donné délégation « de fonction et de signature » à M. A... E..., premier adjoint au maire et signataire des arrêtés attaqués, dans les domaines « urbanisme et nature en ville ». En outre, l’article 7 de cet arrêté prévoit que « le maire certifie sous sa responsabilité du caractère exécutoire de cet acte » et les requérants n’allèguent pas qu’il n’aurait pas été régulièrement publié, alors qu’il ressort également de ses termes qu’il « sera inscrit au registre des arrêtés du maire et affiché, et publié au recueil des actes administratifs ». Dans ces conditions, le moyen tiré de l’incompétence de l’auteur des arrêtés des 28 décembre 2023 et 15 octobre 2025 doit être écarté.
En ce qui concerne le contenu du dossier de demande de permis de construire :
La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l’ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l’urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n’est susceptible d’entacher d’illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l’appréciation portée par l’autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
En premier lieu, aux termes de l’article R. 431-10 du code de l’urbanisme : « Le projet architectural comprend également : (…) / b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain (…) ; / (…) ».
Les requérants soutiennent qu’aucun plan de coupe n’ayant été joint au dossier de demande de permis de construire en ce qui concerne la partie du projet située au 8, avenue Marguerite où sera implanté un parc de stationnement de dix places, le service instructeur n’a pas été mis en mesure d’apprécier la hauteur des clôtures situées sur la parcelle cadastrée section AE n° 45. Toutefois, il est constant qu’un plan des clôtures situées au 8, avenue Marguerite, qui précise leur hauteur, a été joint au dossier de demande de permis de construire modificatif sollicité par la société pétitionnaire en cours d’instance. Par suite, en application des principes rappelés au point 2, l’intervention du permis de construire modificatif du 15 octobre 2025 a eu pour effet de régulariser l’insuffisance entachant le permis de construire initial sur ce point, de sorte que le moyen doit être écarté comme inopérant.
En deuxième lieu, aux termes de l’article R. 431-13 du code de l’urbanisme : « Lorsque le projet de construction porte sur une dépendance du domaine public, le dossier joint à la demande de permis de construire comporte une pièce exprimant l'accord du gestionnaire du domaine pour engager la procédure d'autorisation d'occupation temporaire du domaine public ».
Alors qu’il ressort des pièces du dossier, ainsi que le soutiennent les requérants, que le projet prévoit l’implantation de balcons sur la façade Sud de l’immeuble projeté qui surplomberont le domaine public, aucune pièce exprimant l’accord du gestionnaire du domaine n’a été jointe au dossier de demande de permis de construire initial. Toutefois, la société pétitionnaire a produit en défense une attestation du 16 juillet 2025 exprimant l’accord du gestionnaire de l’avenue Marguerite, qui a été sollicité dans le cadre de l’instruction de la demande de permis de construire modificatif. Si les requérants indiquent, dans leur mémoire du 15 septembre 2025, que cet accord aurait été délivré au vu de plans qui ne font pas apparaître les balcons surplombant la voirie, il ressort des pièces du dossier que la société pétitionnaire a complété le 14 juillet 2025 son dossier de demande d’autorisation modificative par un plan de masse représentant lesdits balcons. Par suite, en application des principes rappelés au point 2, l’intervention du permis de construire modificatif du 15 octobre 2025 a eu pour effet de régulariser l’insuffisance entachant le permis de construire initial sur ce point, de sorte que le moyen doit être écarté comme inopérant.
En troisième lieu, aux termes de l’article R. 431-16 du code de l’urbanisme, dans sa version alors applicable : « Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : (…) / f) Lorsque la construction projetée est subordonnée par un plan de prévention des risques naturels prévisibles ou un plan de prévention des risques miniers approuvés, ou rendus immédiatement opposables en application de l'article L. 562-2 du code de l'environnement, ou par un plan de prévention des risques technologiques approuvé, à la réalisation d'une étude préalable permettant d'en déterminer les conditions de réalisation, d'utilisation ou d'exploitation, une attestation établie par l'architecte du projet ou par un expert certifiant la réalisation de cette étude et constatant que le projet prend en compte ces conditions au stade de la conception ; / (…) ».
En l’espèce, si le terrain d’assiette du projet est classé en zone bleue par le plan de prévention du risque inondation de la Marne et de la Seine dans le département du Val-de-Marne approuvé le 12 novembre 2007 et librement accessible en ligne, zone correspondant aux « centres urbains quels que soient les aléas », ni les dispositions générales du règlement de ce plan, ni les dispositions applicables à la zone bleue n’imposent la réalisation d’une étude préalable au sens des dispositions précitées. Par suite, les requérants ne peuvent utilement soutenir que le dossier de demande de permis de construire serait incomplet, faute de comprendre l’attestation prévue par le f) de l’article R. 431-16 du code de l’urbanisme.
En quatrième lieu, les requérants reprochent à la société pétitionnaire de ne pas avoir joint à son dossier de demande d’autorisation la « note végétale » prévue par les dispositions de l’article UA 13.2.1 du règlement du plan local d’urbanisme. Toutefois, les documents devant être produits à l’appui d’une demande de permis de construire étant limitativement énumérés par les dispositions réglementaires du code de l’urbanisme, la SAS Rose n’était pas tenue de joindre à sa demande ladite « note végétale ».
En cinquième lieu, l’article R. 431-8 du code de l’urbanisme prévoit que : « Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : (…) / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / (…) ». Selon l’article R. 431-9 du même code : « Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / (…) ».
D’une part, contrairement à ce que les requérants soutiennent, la végétalisation projetée est décrite avec suffisamment de précision dans la note architecturale jointe au dossier de demande de permis de construire initial, celle-ci indiquant notamment, outre la surface qui sera traitée en espaces verts, que sera créé un espace planté et engazonné avec des arbres de hautes tiges et des massifs floraux au 5, avenue Marguerite et que seront plantés cinq arbres au 8, avenue Marguerite. En tout état de cause, la notice jointe au dossier de demande de permis de construire modificatif a été amendée et précise, en particulier, l’essence des arbres plantés. D’autre part, les requérants reprochent à la société pétitionnaire de ne pas avoir décrit la végétation existante et celle qui sera supprimée, en méconnaissance des dispositions citées au point précédent. À cet égard, si la notice jointe au dossier de demande de permis de construire initial ne précise pas l’état initial du terrain, lequel n’apparaît qu’approximativement sur la vue aérienne jointe à ce dossier, la notice architecturale modifiée, produite à l’appui de la demande de permis de construire modificatif, précise que « la construction de l’immeuble entraîne l’abattage d’un cerisier, seul arbre existant sur la parcelle » située au 5, avenue Marguerite et, s’agissant du terrain situé au 8 de la même avenue, que « le terrain est libre de construction » et ne comprend qu’un « faible espace végétal sans arbre à haute tige » composé seulement de « végétation arbustive ». Contrairement à ce que soutiennent les requérants en réplique, ces mentions ont permis au service instructeur d’apprécier la conformité du projet aux règles d’urbanisme applicables, et notamment aux dispositions de l’article UA 13 du règlement du plan local d’urbanisme. Par suite, en application des principes rappelés au point 2, l’intervention du permis de construire modificatif du 15 octobre 2025 a eu pour effet de régulariser l’insuffisance entachant le permis de construire initial sur ce point, de sorte que le moyen doit être écarté comme inopérant.
En sixième lieu, aux termes de l’article R. 431-30 du code de l’urbanisme : « Lorsque les travaux projetés portent sur un établissement recevant du public, la demande est accompagnée des dossiers suivants, fournis en trois exemplaires : / a) Un dossier permettant de vérifier la conformité du projet avec les règles d'accessibilité aux personnes handicapées, comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 111-19-18 et R. 111-19-19 du code de la construction et de l'habitation ; / b) Un dossier permettant de vérifier la conformité du projet avec les règles de sécurité, comprenant les pièces mentionnées à l'article R. 123-22 du même code ».
Les requérants reprochent au dossier de demande du permis de construire initial de ne pas comprendre les pièces requises par les dispositions précitées alors que le projet prévoit la création d’un local d’activités au rez-de-chaussée, qualifié d’établissement recevant du public par le service départemental d’incendie et de secours dans son avis rendu dans le cadre de l’instruction de la demande de permis de construire. Toutefois, il ressort de la notice architecturale amendée, jointe au dossier de demande de permis de construire modificatif, que le « local d’activité bureau » projeté ne recevra pas de public. Dans ces conditions, et alors qu’il ne ressort pas des autres pièces du dossier que ce local aurait, en réalité, vocation à accueillir du public, l’intervention du permis de construire modificatif du 15 octobre 2025 a eu pour effet de régulariser l’insuffisance entachant le permis de construire initial sur ce point, de sorte que le moyen doit être écarté comme inopérant.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de la réglementation relative aux établissements recevant du public :
Aux termes de l’article L. 425-3 du code de l’urbanisme : « Lorsque le projet porte sur un établissement recevant du public, le permis de construire tient lieu de l'autorisation prévue par l'article L. 122-3 du code de la construction et de l'habitation dès lors que la décision a fait l'objet d'un accord de l'autorité administrative compétente qui peut imposer des prescriptions relatives à l'exploitation des bâtiments en application de l'article L. 143-2 du code de la construction et de l'habitation. Le permis de construire mentionne ces prescriptions. Toutefois, lorsque l'aménagement intérieur d'un établissement recevant du public ou d'une partie de celui-ci n'est pas connu lors du dépôt d'une demande de permis de construire, le permis de construire indique qu'une autorisation complémentaire au titre de l'article L. 122-3 du code de la construction et de l'habitation devra être demandée et obtenue en ce qui concerne l'aménagement intérieur du bâtiment ou de la partie de bâtiment concernée avant son ouverture au public ». Aux termes de l’article L. 122-3 du code de la construction et de l’habitation : « Les travaux qui conduisent à la création, l'aménagement ou la modification d'un établissement recevant du public ne peuvent être exécutés qu'après autorisation délivrée par l'autorité administrative, qui vérifie leur conformité aux règles d'accessibilité prévues à l'article L. 161-1 et, lorsque l'effectif du public et la nature de l'établissement le justifient, leur conformité aux règles de sécurité contre l'incendie prévues aux articles L. 141-2 et L. 143-2. / (…) Lorsque ces travaux sont soumis à permis de construire, celui-ci tient lieu de cette autorisation dès lors que sa délivrance a fait l'objet d'un accord de la même autorité administrative. Toutefois, lorsque l'aménagement intérieur d'un établissement recevant du public ou d'une partie de celui-ci n'est pas connu lors du dépôt de la demande de permis de construire, le permis de construire indique qu'une autorisation complémentaire doit être obtenue en ce qui concerne l'aménagement intérieur du bâtiment ou de la partie de bâtiment concernée avant son ouverture au public. (…). ».
Si les requérants soutiennent que le permis de construire du 28 décembre 2023 ne pouvait être délivré, conformément aux dispositions précitées, sans que le maire de Choisy-le-Roi ne rejette la demande d’autorisation d’ouverture d’un établissement recevant du public ou sans qu’il assortisse son arrêté d’une prescription selon laquelle une telle autorisation devra être obtenue ultérieurement, il résulte de ce qui a été dit au point 18 que le projet de la société pétitionnaire, dans sa version autorisée en dernier lieu par le permis de construire modificatif du 15 octobre 2025, ne recevra pas de public. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit, en application des principes rappelés au point 2, être écarté comme inopérant.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l’article UA 4.3 du règlement du PLU :
Aux termes de l’article UA 4.3.1 du règlement du plan local d’urbanisme communal : « Le principe général est la retenue des eaux pluviales sur la parcelle au moyen du traitement et de l’infiltration des eaux pluviales sur les espaces libres de la parcelle, des toitures plantées, de bassins, citernes… ». Aux termes de l’article UA 4.3.3 du même règlement : « En cas d’impossibilité technique de retenue à la parcelle avérée, due à la nature ou à la pollution du sol et/ou sous-sol (capacité insuffisante d’absorption), à la configuration de la parcelle ou la nature du milieu récepteur en milieu naturel ou d’insuffisance de capacité d’infiltration dans le sous-sol, les constructions et aménagements pourront rejeter leurs eaux pluviales dans le réseau collectif. Le débit maximum des eaux pluviales admises dans le réseau respectera les valeurs de limitation de débit définies dans le zonage pluvial départemental ». Selon l’article UA 4.3.4 de ce règlement : « L’imperméabilisation et le ruissellement engendrés par les constructions et aménagements devront être quantifiés afin de mesurer les incidences sur les volumes d’eau à transiter dans les réseaux communaux et départementaux. Les rejets supplémentaires devront faire l’objet d’une technique de rétention alternative ou bien d’une technique de non imperméabilisation adaptable à chaque cas. Les rétentions seront réalisées, en priorité, à ciel ouvert en fonction des opportunités et intégrées au parti architectural et à l’urbanisme ». Enfin, selon l’article UA 4.3.6 : « Les eaux issues des parkings aériens pourront subir un traitement de débourbage, déshuilage, avant rejet dans le réseau d’eaux pluviales ou infiltration. /En cas de balcon ou de terrasse surplombant le domaine public, les eaux pluviales doivent être récupérées afin d’éviter tout ruissellement sur les emprises publiques ».
D’une part, les requérants soutiennent qu’alors qu’il ressort de la notice architecturale jointe au dossier de permis de construire initial que toutes les eaux pluviales ne seront pas retenues à la parcelle, il appartenait à la société pétitionnaire de justifier de l’impossibilité technique dans laquelle elle se trouvait de prévoir la retenue de l’intégralité des eaux de pluie à la parcelle et de quantifier l’imperméabilisation et le ruissellement engendrés par le projet afin d’en mesurer l’incidence sur les volumes d’eau à transiter dans le réseau collectif. Si la commune et la société pétitionnaire font valoir en défense que les eaux pluviales ne seront pas raccordées au réseau collectif, la notice architecturale jointe au dossier de demande de permis de construire initial mentionne que : « les eaux pluviales et les eaux usées sont recueillies séparément, par des canalisations en réseau souterrain et ramenées en limite de propriété côté avenue marguerite dans un regard visitable, avant raccord au réseau collectif » et le plan de masse du projet initial fait apparaître le tracé du raccordement des eaux pluviales au réseau collectif. Toutefois, un tel raccordement n’est plus représenté sur le plan de masse joint à la demande de permis de construire modificatif, qui précise que seules les eaux usées seront raccordées au réseau collectif. Si les requérants soutiennent en réplique qu’un raccordement des eaux pluviales au réseau collectif serait toujours prévu par le projet modifié, au motif que la notice mentionne « les eaux issues de parkings aériens subiront un traitement de débourbage déshuilage, avant rejet dans le réseau d’eau pluviale ou infiltration », ils ne l’établissent pas alors que cette mention est la reproduction des dispositions de l’article UA 4.3.6 du règlement du plan local d’urbanisme et qu’il ressort sans ambiguïté des autres indications figurant dans la notice architecturale jointe au dossier de demande d’autorisation modificative que les eaux de pluie seront retenues sur la parcelle, via une infiltration dans les espaces verts et un puits d’infiltration muni d’un trop-plein permettant le rejet de l’excédent d’eau sur le terrain. D’autre part, les requérants reprochent au projet initial de ne pas prévoir la récupération des eaux pluviales émanant des balcons surplombant le domaine public, en méconnaissance de l’article UA 4.3.6 du règlement du plan local d’urbanisme. Toutefois, la notice architecturale et le plan de masse joints à la demande de permis de construire modificatif prévoient expressément que les eaux émanant des balcons seront récupérées via des gouttières puis infiltrées. Par suite, en application des principes rappelés au point 2, l’intervention du permis de construire modificatif du 15 octobre 2025 a eu pour effet de régulariser l’insuffisance entachant le permis de construire initial sur ce point, de sorte que le moyen doit être écarté comme inopérant.
Enfin, contrairement à ce que soutiennent à titre subsidiaire les requérants, le service instructeur a été mis en mesure, en tout état de cause au stade du projet modifié, d’apprécier la conformité du projet aux règles citées au point 21.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l’article UA 4.5 du règlement du PLU :
Aux termes de l’article UA 4.5.1 du règlement du plan local d’urbanisme communal : « Les constructions comportant plus de 3 logements ou un commerce ou une activité doivent présenter, sur l’unité foncière, des locaux de stockage de tous les déchets dimensionnés de manière à recevoir et permettre de manipuler sans difficulté tous les contenants nécessaires à la collecte sélective de tous les déchets qu’elles génèrent ».
Les requérants se bornent à soutenir qu’en prévoyant un espace dédié au stockage des déchets de seulement 8, 10 m2 alors que l’immeuble projeté comprendra neuf logements et un local d’activité, le projet a été adopté en méconnaissance des dispositions précitées. Toutefois, ils n’établissent pas, par leurs seules allégations, la non-conformité alléguée, alors notamment que le règlement du plan local d’urbanisme de Choisy-le-Roi ne réglemente pas la surface minimale des locaux destinés au stockage des déchets. En outre, la circonstance invoquée par les requérants dans leur mémoire du 7 mars 2025, selon laquelle « la note de préconisations de la gestion des déchets au règlement du PLUi d’Est Ensemble Grand Paris recommande une surface de local de minimum 9, 31 m2 pour neuf logements, hors encombrement, ce qui ne prend même pas en compte le local d’activité » est sans incidence sur la conformité du projet aux dispositions de l’article UA 4.5.1 du règlement du plan local d’urbanisme. Enfin, contrairement à ce que soutiennent à titre subsidiaire les requérants, le service instructeur a été mis en mesure d’apprécier la conformité du projet aux dispositions citées au point précédent. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l’article UA 6.1.5 du règlement du PLU :
Aux termes de l’article UA 6.1.1 du règlement du plan local d’urbanisme de Choisy-le-Roi : « En façade sur rue, les constructions doivent être édifiées à l’alignement des voies et emprises publiques ». Aux termes de l’article UA 6.1.5 de ce règlement : « Toutefois, dans un souci d’intégration et d’harmonie de l’existant, l’implantation ne pourra pas induire de rupture dans la séquence bâtie qu’elle intègre. Aussi, lorsque la construction intègre une séquence déjà bâtie, l’autorité compétente pour délivrer le permis de construire peut imposer l’implantation : soit à l’alignement de la rue, soit par un alignement sur une construction voisine ».
En l’espèce, il ressort des pièces du dossier que l’immeuble projeté s’implantera à l’alignement de l’avenue Marguerite, conformément aux dispositions de l’article UA 6.1.1 du règlement du plan local d’urbanisme citées au point précédent. Si les requérants soutiennent que cette implantation crée une rupture avec la séquence déjà bâtie constituée par la résidence Marguerite située à l’Est du projet, de sorte qu’une implantation en retrait aurait selon eux dû être prévue conformément aux dispositions de l’article UA 6.1.5 du règlement du plan local d’urbanisme, il est constant que le projet est aligné avec la construction limitrophe située à l’Ouest, elle-même implantée à l’alignement. En outre, il ressort de la vue aérienne produite par la société pétitionnaire que l’avenue Marguerite comprend tant des constructions implantées en retrait que des constructions implantées à l’alignement. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l’article UA 11.3 du règlement du PLU :
Aux termes de l’article UA 11.3 du règlement du plan local d’urbanisme : « 11.3.1 En limites séparatives, les clôtures seront constituées soit d’un mur plein soit d’un dispositif à claire-voie. / 11.3.2 Elles doivent permettre ponctuellement le passage de la petite faune (notamment les hérissons), en présentant a minima une ouverture ponctuelle en bas de clôture de format 15 x 15 cm, par tranche entamée de 15 mètres de linéaire de clôture, avec au minimum un passage lorsque le linéaire de clôture est inférieure à 15 mètres. / 11.3.3 Pour les terrains situés en zone inondable, les clôtures devront être constituées d’un dispositif à claire-voie, et présenter les caractéristiques suivantes : Ne pas constituer un obstacle au passage des eaux en crue, Ne pas créer un frein à l’évacuation des eaux en décrue, Ne pas présenter, sous la côte des PHEC, une surface pleine représentant plus d’un tiers de la surface de la clôture ». Les dispositions générales du règlement du plan local d’urbanisme prévoient que : « lorsqu’un immeuble bâti existant régulièrement édifié n’est pas conforme aux règles édictées par le règlement applicable à la zone dans laquelle il se situe, l’autorisation d’exécuter des travaux peut être accordée pour des travaux qui ont pour objet d’améliorer la conformité de ces immeubles avec lesdites règles ou qui sont sans effet à leur égard ».
D’une part, les requérants soutiennent que le projet méconnaît les dispositions précitées, dès lors que plusieurs clôtures seront constituées de murs maçonnés et non de dispositifs à claire-voie alors que le terrain se situe en zone inondable du plan de prévention du risque inondation applicable et dès lors que les clôtures projetées ne comprennent pas de dispositif permettant le passage de la faune. En l’espèce, il ressort des pièces du dossier, et notamment des plans des clôtures, que le projet autorisé en dernier lieu par le permis de construire modificatif du 15 octobre 2025 porte sur la restauration de la clôture existante sur rue située au 8, avenue Marguerite, laquelle est surmontée d’un dispositif à claire-voie, conformément aux dispositions précitées. En outre, les clôtures existantes en limites séparatives, constituées de murs en maçonnerie, seront conservées et ne seront modifiées, pour deux d’entre elles, que pour y percer des ouvertures en vue de permettre le passage de la petite faune. Dans ces conditions, si les clôtures maçonnées existantes méconnaissent les dispositions de l’article UA 11.3 du règlement du plan local d’urbanisme, les travaux autorisés en dernier lieu par l’arrêté du 15 octobre 2025 ont pour objet d’améliorer la conformité du projet au regard de ces dernières. Par suite, le moyen doit être écarté.
D’autre part, alors que la compatibilité d’une autorisation d’urbanisme avec les orientations d’aménagement et de programmation d’un plan local d’urbanisme s’apprécie en procédant à une analyse globale des effets du projet sur l’objectif ou les différents objectifs de ces orientations, à l’échelle de la zone à laquelle ils se rapportent, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet serait, en l’espèce, incompatible avec la disposition 7 de l’objectif 2 de l’orientation d’aménagement et de programmation « Nature en ville » du plan local d’urbanisme, qui préconise le maintien de la perméabilité des clôtures au sein des espaces verts privés, au seul motif que certaines clôtures seront constituées de murs pleins ne permettant pas le passage de la faune.
Enfin, à supposer que les requérants aient entendu soulever un moyen en ce sens, ils ne peuvent utilement soutenir que le dossier de demande de permis de construire initial serait entaché d’insuffisances quant au traitement des clôtures, le dossier de demande de permis de construire modificatif ayant permis au service instructeur d’apprécier la conformité du projet aux règles citées au point 28.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l’article UA 12 du règlement du PLU :
Aux termes de l’article UA 12.1.2 du règlement du plan local d’urbanisme : « Le stationnement des véhicules correspondant aux besoins des constructions et installations doit être réalisé en dehors des voies publiques et des espaces verts plantés. Sur la parcelle même doivent être aménagées des aires suffisantes pour assurer le stationnement et l’évolution des véhicules ». Aux termes de l’article UA 12.2 de ce règlement : « (…) / En cas d’impossibilité architecturale, urbanistique ou technique motivée et qui n’est pas imputable au constructeur, d’aménager sur le terrain de l’opération le nombre de places nécessaires au stationnement, le constructeur est autorisé : • Soit à aménager sur un autre terrain à moins de 300 mètres du premier, les places de stationnement qui lui font défaut, sous réserve qu’il apporte la preuve qu’il réalise les dites places en même temps que les travaux de construction ou d’aménagement ; • Soit à acquérir des places de stationnement dans un parc privé situé dans le même rayon ; • Soit à obtenir une concession de places de stationnement dans un parc public de stationnement existant ou en cours de réalisation pour une durée de 15 ans ».
Il ressort des pièces du dossier qu’alors que neuf places de stationnement étaient en l’espèce requises par les dispositions précitées, la société pétitionnaire a prévu d’en créer six au 5, avenue Marguerite, à l’arrière de l’immeuble collectif, et dix autres sur la parcelle cadastrée section AE n° 45 située 8, avenue Marguerite, soit immédiatement en face de la construction projetée. Les requérants soutiennent que la SAS Rose n’a pas justifié, dans son dossier de demande de permis de construire initial, en méconnaissance des dispositions citées au point précédent, d’une impossibilité architecturale, urbanistique ou technique d’aménager l’ensemble des places de stationnement requises au 5, avenue Marguerite. Toutefois, ainsi qu’il a été dit au point 5 du présent jugement, le permis de construire attaqué doit être regardé comme portant sur un ensemble immobilier unique et, en l’absence de dispositions contraires dans le règlement du plan local d’urbanisme sur ce point, la conformité de cet ensemble immobilier unique aux règles citées au point précédent doit être appréciée à l’échelle de la globalité du terrain d’assiette du projet, composé des parcelles cadastrées section AE n°s 12, 43, 94 et 45.
En l’espèce, il ressort des pièces du dossier que le projet autorisé porte sur la réalisation, sur deux parties d’un même terrain d’assiette, d’un ensemble immobilier unique composé d’un immeuble collectif d’une part et de seize places de stationnement d’autre part. Dans ces conditions, les requérants ne peuvent utilement soutenir qu’une partie des places de stationnement requises par le règlement du plan local d’urbanisme seront réalisés en dehors du terrain d’assiette du projet et qu’il appartenait à la société pétitionnaire de justifier d’une impossibilité technique de réaliser l’ensemble de ces places au 5, avenue Marguerite. Le moyen soulevé en ce sens ne peut, par suite, qu’être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l’article UA 13 du règlement du PLU :
En premier lieu, aux termes de l’article UA 13.1.3 du règlement du plan local d’urbanisme communal : « Les alignements d’arbres existants ou à planter figurant au plan de zonage sont protégés au titre de l’article L. 151-19 du code de l’urbanisme. / L’abattage de tout ou partie des alignements d’arbres n’est admis que pour des motifs liés à l’état phytosanitaire ou au caractère dangereux des sujets. Les sujets abattus sont obligatoirement remplacés par des arbres adaptés aux conditions locales ».
Les requérants reprochent à la société pétitionnaire d’avoir prévu l’abattage d’un arbre protégé au titre de l’article L. 151-19 du code de l’urbanisme sans justifier d’un motif lié à l’état phytosanitaire ou au caractère dangereux de ce sujet, en méconnaissance des dispositions citées au point précédent. Toutefois, l’arbre existant apparaît sur les plans de l’état projeté et documents d’insertion graphique joints au dossier de demande de permis de construire initial. Si les requérants indiquent que les plans de masse et de coupe en minimisent la largeur et le positionnent de manière erronée, ils n’établissent pas, comme ils l’allèguent, que son maintien serait incompatible avec la réalisation du projet, et ne remettent pas sérieusement en cause les déclarations de la société pétitionnaire selon lesquelles cet arbre sera conservé.
En deuxième lieu, aux termes de l’article UA 13.2.1 du règlement du plan local d’urbanisme de Choisy-le-Roi : « (…) / Les plantations existantes doivent être maintenues en bon état de conservation. / Les plantations existantes sont identifiées et le patrimoine arboré est maintenu dans la mesure du possible avec des espaces suffisants et des mesures de protection pour assurer sa conservation. (…) / Les arbres existants sont maintenus ou remplacés par une replantation adaptée aux conditions locales lorsque la superficie et la configuration de la surface de pleine terre le permet. / (…) ».
Les requérants soutiennent que le projet ne prévoit pas la conservation des plantes existantes, alors que la parcelle située au 8, avenue Marguerite comprend de nombreuses plantations, et qu’il implique l’abattage d’un cerisier très ancien, en méconnaissance des dispositions précitées. Toutefois, alors que la notice architecturale modifiée précise que le terrain situé 5, avenue Marguerite ne comprend qu’un cerisier qui sera abattu et que celui situé 8, avenue Marguerite ne comprend aucun arbre de tige et seulement une végétation arbustive, la société pétitionnaire a prévu de planter en tout huit arbres de haute tige. Dans ces conditions, le projet est conforme aux dispositions citées au point précédent.
En troisième lieu, aux termes de l’article UA 13.2.1 du règlement du plan local d’urbanisme de Choisy-le-Roi : « (…) En cas de plantation d’arbres et arbustes, ceux-ci sont de développement adapté à la superficie et la configuration de la surface de pleine terre, d’essences diversifiées (…). / Pour les immeubles collectifs : à la plantation, les arbres doivent avoir une circonférence, mesurée à 1 mètre du sol, qui ne sera pas inférieure à la tranche 14-16 cm (…) ».
En l’espèce, d’une part, si la notice architecturale jointe au dossier de permis de construire initial ne précise pas l’essence des arbres plantés, les requérants ne peuvent utilement soutenir, en application des principes rappelés au point 2, que le projet méconnaîtrait les dispositions précitées faute pour la société pétitionnaire d’avoir prévu la plantation d’essences diversifiées, le permis de construire modificatif autorisant en dernier lieu la plantation de tilleuls, hêtres pourpres et marronniers. D’autre part, en se bornant à soutenir qu’il n’est pas démontré que les arbres auraient une circonférence d’au moins 14 centimètres sans produire d’élément au soutien de leurs allégations, alors que la société pétitionnaire a uniquement prévu la plantation d’arbres de haute tige dont elle a précisé les essences, les requérants n’établissent pas la non-conformité alléguée aux dispositions précitées.
En quatrième lieu, aux termes de l’article UA 13.2.1 du règlement du plan local d’urbanisme communal : « (…) Les espaces libres doivent être plantés et traités en espaces verts paysagers ou jardins, dans lesquels les trois strates végétales sont présentes (herbacée, arbustive, arborée). / (…) ».
En l’espèce, la notice architecturale jointe au dossier de demande de permis de construire modificatif précise que l’espace planté sur la parcelle situé au 5, avenue Marguerite comprendra les trois strates végétales requises par les dispositions précitées. En outre, le plan de masse modifié fait apparaître, sur la parcelle située au 8, avenue Marguerite, des surfaces engazonnées, des arbustes et des arbres de hautes tiges. Par suite, à supposer que le permis de construire initial ait été entaché d’un vice sur ce point, ce vice doit être regardé comme ayant été régularisé par l’intervention du permis de construire modificatif du 15 octobre 2025, de sorte que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point précédent doit être écarté comme inopérant.
En cinquième et dernier lieu, aux termes de l’article UA 13.2.2 du règlement du plan local d’urbanisme communal : « (…) la pleine terre est caractérisée par une épaisseur de terre végétale dont les sous-sols sont libres de toute construction (hors canalisations) et pouvant recevoir des végétaux, notamment des arbres dans des bonnes conditions de développement. / (…) La surface de pleine terre doit être au minimum de 30 % de la superficie totale de l’unité foncière (…) ».
Les requérants soutiennent que la surface de pleine terre prévue par la société pétitionnaire au 8, avenue Marguerite représenterait moins de 30 % de la superficie totale de la parcelle cadastrée section AE n° 45. En l’espèce, la SAS Rose a déclaré à l’appui de sa demande de permis de construire que la surface de ce terrain atteignait 301 m2 et que 52 m2 seront consacrés à la surface de pleine terre et 126 m2 à des « dalles gazon ». Ainsi que le fait valoir la société pétitionnaire en défense, en l’absence d’exclusion expresse par le règlement du plan local d’urbanisme des aires de stationnement engazonnées de la notion de « surface de pleine terre » et alors qu’il est constant que ces dalles seront libres de toute construction en sous-sol, la SAS Rose pouvait tenir compte de la surface affectée à ces dalles gazons pour satisfaire aux exigences prévues par les dispositions citées au point précédent, de sorte que le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l’article UA 11.1 du règlement du PLU et de l’article R. 111-27 du code de l’urbanisme :
Aux termes de l’article R. 111-27 du code de l’urbanisme : « Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ». Aux termes de l’article UA 11.1.1 du règlement du plan local d’urbanisme de Choisy-le-Roi : « Les constructions de toute nature doivent être aménagées et entretenues de façon à ne porter atteinte ni à l’hygiène, ni à la bonne tenue de l’agglomération, ni à l’harmonie des paysages ou de l’architecture régionale, locale ou de la zone ou du secteur ». Aux termes de l’article UA 11.1.5 de ce règlement : « Les constructions nouvelles devront s’harmoniser avec les constructions voisines ».
Pour rechercher l’existence d’une atteinte de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il appartient à l’autorité administrative compétente d’apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d’évaluer, dans un second temps, l’impact que cette construction pourrait, compte tenu de sa nature et de ses effets, avoir sur le site. Il est exclu de procéder, dans le second temps du raisonnement, pour apprécier la légalité du permis de construire délivré, à une balance d’intérêts divers en présence, autres que ceux visés par le plan local d’urbanisme de la commune.
En l’espèce, le projet s’implante en zone UA du plan local d’urbanisme, correspondant à l’espace central de la commune, ayant vocation à « accueillir une pluralité de fonctions afin d’entretenir une animation nécessaire à l’attractivité d’un centre-ville : équipements publics, activités, logements ». En outre, il ressort des pièces du dossier que le secteur d’implantation du projet est marqué par une hétérogénéité en termes de gabarits des constructions, de matériaux et de couleurs utilisés. Si les requérants soutiennent que le projet, qui consiste en la création d’un immeuble en R+3 de douze mètres de hauteur, romprait avec les constructions avoisinantes au seul motif que l’immeuble projeté sera surmonté d’une toiture-terrasse, il ressort notamment de la vue aérienne jointe au dossier de demande de permis de construire et de la capture d’écran produite en défense que d’autres constructions du secteur sont dotées de toitures-terrasses bétonnées. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet ne s’insérerait pas harmonieusement dans son environnement, en méconnaissance des dispositions du code de l’urbanisme et du règlement du plan local d’urbanisme citées au point 45.
Il résulte de tout ce qui précède, sans qu’il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions à fin d’annulation présentées par M. D... et le syndicat des copropriétaires de la résidence « Marguerite » doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Choisy-le-Roi et de la SAS Rose, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que les requérants demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge des requérants les sommes demandées par la commune de Choisy-le-Roi et par la SAS Rose au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. D... et du syndicat des copropriétaires de la résidence « Marguerite » est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Choisy-le-Roi et par la SAS Rose sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B... D..., au syndicat des copropriétaires de la résidence « Marguerite », à la SAS Rose et à la commune de Choisy-le-Roi.
Délibéré après l'audience du 16 juin 2026, à laquelle siégeaient :
Mme Gougot, présidente,
M. Combier, conseiller,
Mme Prissette, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2026.
La rapporteure,
L. PRISSETTE
La présidente,
I. GOUGOT
La greffière,
M. C...
La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,