Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2408772
jeudi 25 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2408772 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée sous le n°2408772 le 17 juillet 2024, M. B A représenté par Me Morel, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, :
1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle la préfète du
Val-de-Marne a refusé de lui renouveler sa carte de résident ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer sans délai une carte de résident, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer un récépissé assorti d'une autorisation de travail, sous astreinte de
50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
*l'urgence de l'article L. 521-1 du code de justice administrative est présumée en cas de non-renouvellement de titre ; elle est de plus avérée alors que son dernier récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour ayant expiré le 25 mai 2024, il se trouve dans l'impossibilité de justifier de la régularité de son séjour, mettant ainsi en péril la viabilité des trois entreprises dont il est le gérant ainsi que la possibilité pour le requérant de subvenir aux besoins de sa famille ; en outre, la décision litigieuse préjudicie gravement et immédiatement à ses intérêts alors qu'il est conjoint de français et parent d'enfants français ;
* il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige dès lors que :
- elle viole les articles L. 411-5, L. 432-3 et L. 433-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile puisque le renouvellement de la carte de résident est de plein droit et qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public, réside de manière habituelle en France, ne vit pas en état de polygamie et qu'il est marié avec une ressortissante française et qu'il est parent d'enfants français dont l'un encore demeure à sa charge ;
- il remplit les conditions pour se voir délivrer une carte de résident tant sur le fondement de l'article L. 423-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en tant que conjoint de français que sur celui de l'article L. 423-10 du même code en tant que parent d'enfant français ;
-la décision litigieuse méconnait l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il justifie de liens stables et forts sur le sol français ;
-elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation ;
-elle est insuffisamment motivée.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 juillet 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par la Selarl Actis Avocats conclut au non-lieu à statuer sur la requête et à titre subsidiaire au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
-il n'y a plus lieu à statuer sur la requête dès lors que le requérant a été convoqué par les services préfectoraux le 22 juillet 2024 à 15 heures pour le retrait de son récépissé de demande de carte de séjour ;
-le requérant ne justifie pas se trouver dans une situation d'urgence, ce dernier ayant une convocation pour le retrait de son récépissé de demande de carte de séjour auprès des services préfectoraux.
Par un mémoire en réplique enregistré le 24 juillet 2024, M. A, représenté par Me Morel, demande au juge des référés :
1°) de constater le non-lieu à statuer sur la demande de suspension de l'exécution de la décision par laquelle la préfète du Val-de-Marne a implicitement refusé de renouveler sa carte de résident ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la délivrance du récépissé de demande de titre de séjour remet en cause le caractère urgent de la requête en référé suspension mais qu'il y a lieu de déduire que c'est l'introduction de la requête en référé qui a conduit la préfecture à renouveler son récépissé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 17 juillet 2024 sous le numéro 2408787 par laquelle
M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Bourdin, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, qui s'étant vu délivrer, postérieurement à l'introduction de l'instance, un récépissé de sa demande de renouvellement de carte de résident valable du
22 juillet au 21 octobre 2024 ne conclut plus dans le dernier état de ses écritures, résultant de son mémoire en réplique enregistré le 24 juillet 2024, qu'à la mise à la charge de l'Etat de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doit être regardé comme s'étant désisté de ses conclusions à fin de suspension qu'il a présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du même code, ainsi que, par voie de conséquence, de ses conclusions accessoires aux fins d'injonction et d'astreinte. Ce désistement partiel est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
2. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. A d'une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est donné du désistement des conclusions à fin de suspension et des conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. A.
Article 3 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.
Fait à Melun, le 25 juillet 2024.
La juge des référés,
Signé : S.BOURDIN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,